Retraites. Manifester contre le projet gouvernemental, oui, incontournable, mais si on posait la question de l'efficacité de l'action ?


 Journée d'action pour les retraites...

Montpellier 14h30 Peyrou manif contre le projet retraites (CGT, FSU, Solidaires) - Béziers 10h Bourse du Travail

Le NPA 34 tiendra un point fixe devant les Halles Laissac (Montpellier)

 Retraites : s’opposer jusqu’au bout


À partir de lundi 7 octobre, la démocratie à la sauce Ve République va prendre la main pour valider la contre-réforme des retraites. Pris entre son acceptation des injonctions de la finance, du Medef et de la troïka européenne et les baromètres électoraux, le gouvernement s’apprête à faire voter par le Parlement la première réforme de « gauche » entraînant des reculs en matière de retraite.

Ce simulacre de démocratie vient après des mois passés à déverser des tonnes de contre-vérités, des semaines de pseudo-concertation avec des directions syndicales plus soucieuses de dialogue social que de d’affrontement avec le gouvernement.

Tergiversations

La mobilisation du 10 septembre donnait pourtant des possibilités de construction d’une mobilisation pouvant imposer des reculs au gouvernement. Mais pendant que les directions syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC) totalement impliquées dans le soutien au projet gouvernemental se félicitaient ouvertement de la mise en œuvre du projet, la CGT, la FSU et FO refusaient de tenter d’amplifier la mobilisation. L’annonce d’une bien floue semaine d’action de la CGT du 7 au 11 octobre, de la journée d’action du 15 octobre par FO, fournissait peu de possibilités aux équipes militantes pour tenter de relancer la mobilisation.


De nombreuses équipes CGT ont, dans le temps d’attente de la décision de FO, critiqué ouvertement la passivité de la direction confédérale. La permanence téléphonique confédérale, la commission exécutive confédérale, le conseil national de la fédération métaux et les instances de bien des fédérations ont vu remonter de nombreuses protestations de la « base » et de structures intermédiaires. De même, des critiques ont été émises dans de nombreuses commissions exécutives d’unions départementales ou de syndicats importants. Appuyées par d’autres unions locales et syndicats, cinq unions locales du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais ont appelé à un rassemblement devant l’assemblée nationale. Et bien d’autres initiatives locales ont été prises pour tenter de maintenir la pression.


Confrontée à cette montée de protestations, la direction confédérale CGT a décidé d’entraîner la FSU, FO et Solidaires dans des initiatives en Ile-de-France. Jeudi 10 octobre, « un rassemblement interprofessionnel, avec conférence de presse devant le ministère du Travail, à partir de 12 h 30 » et mardi 15 octobre, « une journée de mobilisation... avec un rassemblement et une manifestation régionale à 12 h 30 au départ de Saint-Augustin qui rejoindrait le rassemblement unitaire » initié par FO « sur le pont de la Concorde, face à l’assemblée nationale ».


Ne pas renoncer

Pas de quoi peser sur un débat parlementaire qui se concentre sur l’intégration ou pas des stages effectués après un master (bac+4) dans le calcul des annuités validées, dans la limite de deux trimestres qui pourraient être rachetés à tarifs bonifiés ! Quant aux 400 amendements, déposés pour l’essentiel par le Front de gauche, députés et sénateurs ne pourront même pas faire croire à l’existence d’un débat démocratique, le gouvernement ayant décidé d’engager une procédure accélérée. Il n’y aura donc qu’une seule lecture du texte par chambre.


Sauf sursaut dans les mobilisations des deux prochaines semaines, le gouvernement PS-EELV, fortement appuyé par la CFDT réussirait ainsi le tour de forces d’imposer des reculs plus importants que ceux imposés par Sarkozy-Fillon-Woerth avec moins de mobilisations !


Pas étonnant que le désarroi, le découragement gagnent les militantEs, les équipes syndicales et se traduisent électoralement par la chute de la « gauche » et la progression de l’extrême droite. Il nous reste quelques jours pour convaincre que la défaite n’est pas inéluctable, qu’une autre stratégie de mobilisation donnerait des résultats plus probants. Les enjeux d’une telle bataille dépassent largement la question sociale pour s’inviter pleinement dans la situation politique. Les conséquences seraient d’abord une nouvelle détérioration brutale des conditions d’existence de millions de salariéEs, mais aussi un nouveau recul dans les espérances sociales et politiques. Pas question pour nous d’abandonner ces combats.


Robert Pelletier

Le texte sur le site national du NPA

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Mardi 10 septembre, plus de 300 000 salariéEs, retraitéEs, jeunes et privéEs d’emploi sont descendus dans la rue. Certains ont fait grève la journée, d’autres ont débrayé quelques heures pour manifester.  



NPA 34, NPA