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Grève du rail. Contre l'intox du gouvernement...


Comme pour la lutte des intermittents, nous mettons en place une revue de presse en continu actualisée régulièrement

17 juin





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Nous, cheminots, sommes conscients du désagrément que notre mouvement de grève peut occasionner sur vos vies quotidiennes. Vous êtes nombreux et nombreuses à vous interroger sur les causes de notre protestation, ceci est légitime.

Les communiqués de presse que nous avons envoyés et continuons d’envoyer quotidiennement aux principaux médias nationaux et régionaux restent souvent sans voix, sinon sont souvent tronqués voire détournés de leur sens initial, alimentant l’incompréhension du public. Nous souhaitons continuer à vous expliquer de manière claire et simple que notre grève n’est ni « que pour nous », ni contre vous. Aussi, nous demandons, depuis plusieurs jours, un « grand débat télévisé » pour expliquer les enjeux de cette réforme tant pour les cheminots que pour les usagers.

La « réforme ferroviaire », ce sont deux axes importants :


Si ça ne marche pas avec deux entreprises…
ça ne marchera pas avec trois !

En 1997, une première réforme ferroviaire séparait l’entreprise publique SNCF en deux entreprises distinctes : SNCF (chargée de l’exploitation, billets, circulations…) et RFF (chargée de l’entretien du réseau).

En 2014, le gouvernement et la Direction SNCF, admettant que la séparation ne marche pas, prétendent vouloir rapprocher les deux entreprises ferroviaires sous prétexte de simplifier les flux financiers entre les deux comptes. On pourrait sous-entendre un retour à l’entreprise SNCF unifiée comme avant 1997 ?!! Et bien non !

En fait, il s’agit de renommer SNCF et RFF, respectivement en SNCF Mobilités et SNCF Réseau – toujours 2 entreprises distinctes – et de chapeauter celles-ci par une 3ème maison « mère » appelée astucieusement… SNCF, faisant croire à son unicité !

Direction et gouvernement brandissent en chœur qu’il faut « désendetter » le réseau ferroviaire français… Soit ! Mais :

  • Ni au détriment des conditions de travail des cheminots, déjà largement dégradées au fil des années !
  • Ni au détriment des usagers qui paieront la dette par l’augmentation du prix des billets.

De plus, cette méthode démantèlera un peu plus la SNCF et facilitera sa privatisation. C’est un leurre de penser que cela fera baisser le prix du billet et/ou améliorera la qualité du service et la sécurité, à l’instar des marchés de l’électricité et du gaz ! Aujourd’hui, la Grande-Bretagne, triste théâtre de la privatisation du rail, renationalise ses services ferroviaires et en Suède, c’est 70% d’opinion favorable à la nationalisation du réseau ferroviaire.

C’est pourquoi, nous demandons le retour à une seule Société Nationale du Chemin de fer Français, SNCF, comme avant les réformes libérales destructrices du service public !

« Vouloir empêcher le dumping social » en faisant du dumping social.

Une autre volonté de la direction et du gouvernement est l’alignement des « conditions d’utilisation » entre tous les acteurs du secteur ferroviaire, du public et du privé par la création de la Convention Collective Nationale (CCN) du secteur ferroviaire. Selon eux, cela empêcherait la concurrence entre les salariés du public et du privé. Ce n’est dans l’absolu pas faux, mais pourquoi vouloir le faire « au moins-disant » ?!

En quoi l’égalisation par le haut des conditions de travail de tous les travailleurs du ferroviaire du public et du privé n’empêcherait-elle pas de la même manière la concurrence entre ceux-ci ?

La réponse évidente est que ce qui intéresse réellement la SNCF entres autres entreprises du secteur, c’est que la main d’œuvre leur coute le moins cher possible !

Depuis plusieurs années maintenant, comme dans beaucoup d’entreprises (peut-être même la vôtre ?!), les salariés sont touchés par la dégradation continue de leurs conditions de travail, les réductions de postes, les pressions managériales, les refus de congés… Par la création de la CCN dans les conditions de la réforme, les agents de la SNCF perdront jusqu’à 20 jours de repos. C’est l’augmentation des heures maximales d’utilisation y compris pour les agents assurant des tâches sécuritaires. C’est l’épuisement au travail qui guette chaque cheminot.

Certains sont acteurs de VOTRE sécurité et c’est peut-être même un conducteur déjà bien fatigué qui est en tête de votre train ?! Peut-être est-ce un boulon défaillant, que l’agent trop crevé chargé de son remplacement n’aura pas vu et sur lequel roulera le train censé ramener votre famille ?!

Ni des « privilégiés », ni des « irresponsables », ni des « emmerdeurs »

Comme beaucoup d’entre vous, notre revenu ne provient que de notre travail et uniquement de celui-ci. Les cheminots ne sont pas « irresponsables ». Nous sommes au contraire conscients de notre indispensabilité publique et des dysfonctionnements de notre entreprise car confrontés quotidiennement à ceux-ci. Elle est notre outil de travail et nous respectons nos engagements de service public. Nos conditions de travail sont VOS conditions de transport et, contrairement à nos détracteurs, nous ne « jouons » pas avec vos vies !

Les médias de masse martèlent sans cesse que la grève est « impopulaire » et que 3 français/4 y sont défavorables. Là aussi, c’est une énorme manipulation ! Il est évident qu’une personne interrogée en gare ne soit pas satisfaite d’attendre son train et réagisse à ce propos. Mais toutes ne sont pas défavorables à notre mouvement, bien conscients que ce qui nous touche les touchent ! On peut être usager de la SNCF, on n’en demeure pas moins un salarié qui mesure les conséquences de ces reculs, pour les subir soi-même !

En espérant vous avoir éclairé(e) même légèrement et que vous rejoindrez celles et ceux que nous croisons, lors de nos distributions et informations au public, qu’elles soient usagères régulières du train ou non, et qui soutiennent les cheminots en grève.

16 juin

 
A la SNCF, les retards à répétition, l’attente aux guichets, les trains surchargés, les retards d’investissement et d’entretien sont de la responsabilité de l’Etat et de la direction de l’entreprise. Contre cette politique, il n’y a pas d’autre réponse que de se mobiliser, comme le font aujourd’hui les cheminots, pour la mettre en échec. Le texte complet (cliquer ici)

Cliquer sur les liens ci-dessous 


 
La "gauche", comme fait la droite, "prend en otage" les candidats du bac pour casser les cheminotEs 

 

 
Alors que les médias accusent les cheminots grévistes de « prendre le bac en otage », le syndicat CGT des cheminots de Bourg-en-Bresse a écrit un tract en direction des jeunes qui passent leur bac à partir de lundi. On le reproduit intégralement ci-dessous.

« Alors qu’ils sont pris en étau par une réforme qui tend à les faire disparaître, les cheminots sont accusés par les médias de « prendre le bac en otage ». C’est vraiment moche.

Cheminots, nous n’en sommes pas moins parents. Pour certains, nos enfants sont aussi concernés par cette période d’examens. Nous sommes donc bien conscients du stress qui peut être le tien.
Le texte complet



 Les cheminotEs sont en grève depuis le 10 juin. Ils refusent l’éclatement de la SNCF prévue par la réforme ferroviaire et la fin du service public qui ira de pair avec la libéralisation du rail. Cette réforme prépare en effet l’arrivée d’opérateurs privés sur les activités susceptibles de dégager des bénéfices (TER, TGV…)… en laissant à la charge de l’Etat l’entretien et la gestion du réseau jugés trop couteux. Côté pile en tant que contribuables, nous paierions pour l’entretien des voies, côté face comme usagers nous aurions un service dégradé sur certains axes et des prix en hausse comme en atteste la libéralisation d’EDF-GDF. Cette réforme n’est pas dans nôtre intérêt !


Le gouvernement mène en parallèle une attaque en règle contre la réglementation du travail des 150 000 cheminots du public en l’harmonisant par le bas sur celle des 3 000 cheminots du privé. Comme ailleurs, gouvernement et patronat profitent de la crise pour raboter les droits sociaux et s’attaquer aux conditions de travail et de vie des plus modestes.



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 L'Hérault du jour du 14 juin 2014



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 Sur Mediapart. A lire ici 

 Pédagogie de la lutte cheminote...
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