Grèce. Un vote, une victoire populaire, un encouragement pour les autres peuples d''Europe !


 Un "non" qui appelle à rompre avec l'austérité, y compris l'austérité "négociée" !

7 juillet

 
Et maintenant ?

En Grèce, la victoire du NON modifie sans aucun doute le rapport de force. Mais la situation reste fragile. Que va faire le gouvernement Tsipras ? Il n'y a pas d'accord possible avec la troïka.  Il n'y a pas d'autre issue que l’affrontement avec elle et la bourgeoisie grecque pour imposer l’annulation de la dette, la nationalisation des banques, le contrôle et la saisie des banques. L’envie de ne pas se laisser étouffer par la Troïka est très forte, et plus que jamais la mobilisation est à l’ordre du jour. Cliquer ici

En une de Mediapart : La BCE pousse la Grèce vers la sortie de l'euro
La banque centrale n’a laissé aucune chance au gouvernement de Syriza après la victoire du non. Lundi, elle a adopté une mesure étouffant un peu plus le système bancaire grec, déjà totalement asphyxié. L’Europe a engagé l’expulsion de la Grèce hors de la zone euro. (Article réservé aux abonnés)

[A lire ci-dessous  aussi
A notre avis : du danger de négocier avec la Troïka !]

"APPEL du Collectif "Avec les Grecs, 34"

Nous-nous félicitons du vote massif du peuple grec dimanche 05 juillet pour que le pays ne subisse pas le nouveau plan d’austérité souhaité par ses créanciers. En France, une véritable campagne politique et médiatique a été menée pour convaincre l’opinion publique qu’il n’existe pas d’autre alternative politique et économique que celle qui nous est imposée par la BCE et le FMI et l’UE.

Les enjeux de cette campagne médiatique visent à justifier les différentes réformes mises en place en Europe et dans notre pays qui sont pourtant totalement inefficaces du point de vue économique. L’investissement reste en panne, le chômage et la misère augmentent. La dette est au cœur des discours pour justifier la casse des services publics et des protections sociales. Or cette « dette-alibi » ne sert pas les populations, elle alimente la spéculation financière : elle est largement illégitime.

Nous réaffirmons notre opposition aux politiques d’austérité

Nous exigeons le respect de la démocratie et le résultat du référendum d’hier, le gouvernement français doit défendre la décision du peuple grec.

Nous réaffirmons notre attachement à la construction d’une Europe des peuples, une Europe de paix et de progrès social avec les grecs.

Nos organisations décident de travailler ensemble pour favoriser l’émergence d’un mouvement social permettant d’imposer le respect de la démocratie, contre l’austérité engendrée par les politiques européennes actuelles que ce soit en Grèce, mais aussi en France et partout en Europe.

Collectif départemental à l’initiative de ATTAC, CGT, Solidaires, FSU, Ensemble, NPA, collectif montpelliérain de soutien au peuple grec, PCF.

Montpellier, le 6 juillet 2015

Publié par alencontre.org . Communiqué de la Gauche ouvrière internationaliste (DEA), membre de Syriza.

1. Le triomphe du NON, qui a pris des dimensions au-delà de toutes les prévisions, constitue une grande victoire ouvrière et populaire. Les gens ont lu correctement la question posée: approbation ou rejet de la politique d’hyper-austérité, telle qu’elle a été formulée à travers les protocoles (mémorandums) et que les créanciers exigent de nouveau. La réponse indique les véritables intentions de la société «d’en bas», montrant la dynamique du rapport des forces entre classes, tel qu’il s’est développé au cours des dernières années en Grèce. La Grèce de la crise profonde et de la grande résistance sociale.

2. Dans le camp du NON se sont regroupés, évidemment, les travailleurs urbains et ruraux, les chômeurs, les pauvres. Le peuple laborieux s’est exprimé fermement, en prenant de gros risques: il avait déjà ressenti les conséquences de la fermeture des banques, affronté les menaces concernant des licenciements massifs, des avertissements que son attitude conduirait probablement à la rupture avec l’euro. Il affrontait une propagande inouïe parlant de famine, de manque de médicaments, de carburant, etc. La fermeté massive au NON constitue un mandat explicite de rupture avec l’austérité. Dans le camp du OUI se sont retrouvées la classe dirigeante et la classe moyenne supérieure. Autrement dit, tous ceux qui ont un intérêt dans un accord «à tout prix» (concernant surtout les sacrifices des autres…) avec les créanciers. Cliquer ici

Pendant près de sept heures, Alexis Tsipras s'est entretenu à huis clos, derrière les murs du palais Maximou, avec les chefs des principaux partis politiques. Seule Aube dorée, dont les dirigeants néonazis sont actuellement poursuivis par la justice, n'était pas convoqué à cette réunion.

Y figurait en revanche le chef des Grecs indépendants Panos Kammenos (ANEL, souverainiste, anti-austérité, membre de la coalition gouvernementale), le chef par intérim de Nouvelle Démocratie Evanguélos Meïmarakis (droite conservatrice, opposition), le chef de Potami Stavros Theodorakis (« La Rivière », centriste, opposition), la dirigeante du PASOK Foffi Gennimata (socialistes, opposition) ainsi que le chef du parti communiste Dimitris Koutsoubas (KKE, anti-UE). Tout cela sous le patronage du président de la République (rôle honorifique en Grèce), Prokopios Pavlopoulos. Tous, à l'exception du leader communiste, ont signé la déclaration commune. […]

Le premier ministre grec fait l'union sacrée autour de lui pour maintenir la Grèce dans la zone euro. Les cinq personnalités politiques se sont accordées sur les objectifs suivants :
  • couverture suffisante des besoins financiers du pays
  • réformes crédibles avec pour critères le partage juste des charges et la promotion de la croissance, avec le moins de retombées déficitaires possible
  • programme de développement fort pour lutter en priorité contre le chômage et encourager l'entrepreneuriat
  • engagement à ouvrir une discussion objective sur la question de la viabilité de la dette publique grecque
  • priorité immédiate au rétablissement de la liquidité dans le système financier, en accord avec la Banque centrale européenne
En clair, il s'agit d'obtenir de la BCE le relèvement des ELA, ces aides d'urgence qui permettent d'alimenter les banques grecques et sans quoi les établissements financiers du pays risquent de rester fermés. Et de trouver, au plus vite, un accord à Bruxelles afin d'éviter le défaut de paiement sur les nouvelles échéances cruciales qui arrivent courant juillet. Le texte complet est à lire ici sur le site de Mediapart (accès réservé aux abonnés)

A notre avis : du danger de négocier avec la Troïka !

Cette rencontre et le texte signé scellent une démarche d'union nationale entre le gouvernement et les partis proaustérité. Cet accord se place ainsi dans une logique de négociation d'une austérité "adoucie" en escomptant que le rapport de force créé par le référendum amènera l'UE à abandonner sa stratégie de confrontation ouverte avec le gouvernement grec. C'est une orientation qui, privilégiant, avec des "partenaires" de droite, une stratégie de négociation "raisonnable", instrumentalise le non référendaire, pourtant clairement opposé à cette droite grecque, autour du pari que la population saura accepter des reculs "raisonnables" sur le programme électoral qu'elle a approuvée en appuyant électoralement Syriza. Si la stratégie de la tension adoptée par l'UE, depuis le début, visait à détruire l'espoir suscité par ce parti dans la population comme parmi les peuples d'Europe, on peut penser qu'une autre menace plane sur lui, celle de décevoir lui-même cet espoir. Un espoir qui porte, faut-il le rappeler, sur l'urgence de mettre un terme à un désastre social d'envergure provoqué par les divers mémorandums imposés par la Troïka. Aucun accord avec celle-ci, même le plus raisonnable, ne saurait répondre à cette urgence. Il revient donc à la gauche de Syriza de relever ce défi de l'urgence sociale, autour en particulier de la dénonciation d'une "dette illégitime et odieuse", en faveur des mesures promises, entre autres, en matière d'emplois, de salaires et de pensions, et, à cette fin, en contribuant à mobiliser un mouvement populaire d'envergure porteur de choix politiques et économiques de rupture avec la logique capitaliste de l'Union Européenne.

A lire aussi







 Résumé du chapitre 7 du rapport de la Commission pour la vérité sur la dette grecque

Le chapitre 7 du rapport présenté le 18 juin 2015 par la Commission pour la vérité sur la dette grecque démontre à la communauté internationale et aux autorités grecques |1| que tant les prêteurs (14 Etats membres de la zone euro, la Commission européenne, le FESF, la BCE et le FMI) que les autorités grecques ont violé leurs obligations internationales en matière de protection des droits humains. Ce chapitre prouve clairement que les prêteurs et les autorités grecques étaient pleinement responsables de ces violations. Cliquer ici
 
Sans le savoir, nous donnons bien plus pour la prospérité de la fière Allemagne que pour aider la petite Grèce. Cliquer ici





Dette...

Vidéo de 2013. Cliquer ici

Macron, le "Sarkozy de gauche", au bout de l'ignominie...


FOG macronien...
 
 Franz-Olivier Giesbert, du Point.

 Et aussi



 NPA 34, NPA