vendredi 16 juin 2017

Le cri de rage d'un média-rebelle... ciblé par l'Etat policier et ses juges


Respect et soutien total !
  Par Gaspard Glanz de Taranis News

C’est le cri de rage qui aura mis du temps à sortir. Tard dans la nuit, trop spontané, trop brouillon, pas corrigé, peu relu… Aussi vif à écrire que dangereux à publier. La vérité sans filtre. Entourés par des murs il est plus facile d’imaginer avoir la force de les briser, de se libérer du jugement des autres et des conséquences incontrôlés de la parole débridée ; Alors parlons-nous franchement. Dans un récit bordélique. Seule tentative pas réussie mais non avortée de faire le point, de tenter d’expliquer et de « se projeter vers l’avenir ».


La justice : nique bien sa mère

Les pressions de la police puis de la justice auront couvert l’encyclopédie du harcèlement. Ils auront usé de tous les outils qu’ils soient disproportionnés, extra-judiciaires ou carrément illégaux. Quand le ministère de l’intérieur perd ses procès (comme le 10 avril à Rennes), la reconnaissance de sa défaite lui est tellement insupportable que le parquet fait appel. Un autre jour, quand il sent que les avocats vont démonter un arrêté préfectoral usant des dispositions de l’état d’urgence : il renonce à les confronter à l’audience en se dérobant la veille de celle-ci. Comme des lâches.

Tous ces mauvais perdants en robes, suintants leurs places déjà réservées dans le panthéon des traitres à la république et des magistrats corrompus. Ils ne sont même pas courageux. Ils n’assument pas. Ce genre de procureurs frustrés qui engagent des batailles de regards à l’audience, comme des gamins de 10 ans dans une cour de récréation. Ces racailles de prétoires relégués à de simples portes-paroles du mensonge et de la manipulation politique ; Ils se dressent là, vociférant des réquisitoires qui n’ont même pas été écrit par eux. Comme des caisses enregistreuses des dérives de l’état, usant d’autant de violence illégitime avec leurs mâchoires que les flics avec leurs matraques. Cliquer ici
 

Pour comprendre ce cri de rage 

Cela fait 200 jours que Gaspard Glanz est placé sous contrôle judiciaire à la suite d’une garde à vue de 36h en marge de l’évacuation des migrants de la jungle de Calais. Le fondateur de TaranisNews y réalisait la cinquième partie d’un documentaire illustrant sur le long terme la situation des réfugiés dans le nord de la France. Depuis ce jour le ministère de l’interieur se sert de tous les outils à sa dispositions pour entraver son travail et ses déplacements : Contrôle Judiciaire, Fiche S (Sureté de l’État) comme « individu susceptible de se livrer à des actions violentes », arrêté préfectoral d’interdiction de territoire qu’il abroge la veille d’un procès au tribunal administratif, appel du parquet d’un procès pour « injure de presse » sur 12 policiers Rennais perdu par ceux-ci pour prescription, procès pour un fantaisiste « vol de talkie walkie » le 7 juin à Boulogne-sur-Mer … 

Nous laisserons la parole à d’autres pour dénoncer ce qu’il faut qualifier de harcèlement contre la Presse et qui n’a qu’un objectif : faire taire. Paralyser économiquement. Détruire ou à minima ralentir l’activité d’un media dont l’audience exponentielle et la multiplication des affaires révélées donnent apparement des sueurs froides à certains services de l’état. Cliquer ici



En décembre dernier déjà...

 
Le site Taranis News est devenu une référence dans la couverture des mouvements sociaux. Au printemps dernier pendant les manifestations contre la loi Travail, pendant les mobilisations pour la justice climatique ou encore celles des migrants, les caméras et les appareils photos de ce site internet étaient au cœur de l’action. 

Accusé du vol d’un talkie-walkie des CRS 

Mais depuis fin octobre, son fondateur Gaspard Glanz ne peut plus travailler normalement, à cause de soucis judiciaires. Alors qu’il couvrait le démantèlement de la “jungle” de Calais, il avait été interpellé par la police, qui l’accuse du vol d’un talkie-walkie des CRS dans le bidonville. Placé sous contrôle judiciaire, et obligé de pointer tous les samedis au commissariat de Strasbourg, il est entravé dans son travail de couverture des mouvements sociaux, comme il l’explique à Libération. Cliquer ici

 A lire aussi

Article de juin 2016

La police n’est donc pas la seule à n’avoir reçu aucune consigne de retenue. Les juges non plus. À Rennes, le vice-président du tribunal Nicolas Léger, et président de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS), réputé pour être « le plus répressif » de « tout le grand Ouest », a condamné à des peines de prison ferme, fin mai, quatre étudiants sans casier venus poser des autocollants sur les tables de la terrasse de la sandwicherie Bagelstein de Rennes, en réaction à ses publicités sexistes et homophobes. L’initiative s’était terminée en bagarre entre le patron et l’un des militants, mais – en principe – pas de quoi faire partir les quatre jeunes à la maison d’arrêt. La stratégie de tension des autorités face aux opposants de la loi sur le travail se propage, comme une onde de choc, jusqu’aux palais de justice, où s’improvise apparemment une nouvelle politique pénale.  

[…] Le sort des quatre jeunes incarcérés à Rennes dans l’affaire du Bagelstein continue d’inquiéter. « Le caractère absolument disproportionné de la peine laisse sans voix, ont fait savoir jeudi des enseignants-chercheurs et personnels administratifs de l’UFR de philosophie de l’université de Rennes 1 dans un texte de soutien à Quentin, l’un des quatre étudiants. Quentin L. n’a ni porté de coup ni dégradé quoi que ce soit. Son casier judiciaire était vierge. Présenté comme un “activiste” par la presse, on ne lui connaît pourtant aucune affiliation à quelque groupe politique que ce soit. » Les professeurs témoignent « d’un étudiant sérieux, investi, doux, très apprécié de ses camarades, à mille lieues de la caricature d’agitateur violent que pourrait suggérer la qualification pénale des faits (“violence en réunion dans le cadre d’une manifestation”) ».

Le père de Martin est lui aussi « tombé de sa chaise comme les autres parents  » : « Je connais le garçon… Il n’y a pas plus pacifiste, même s’il a des convictions. » « Je suis inquiet, poursuit-il. Je suis indigné, J’ai l’impression d’être dans un pays totalitaire. Mettre en prison des jeunes parce qu’ils sont allés discuter avec un commerçant excité des publicités de son restaurant… Ils ont mis en prison des jeunes qu’ils ne connaissent pas. Je suis assez fier du sujet que défendaient Martin et ces jeunes contre ces propos discriminants, et insultants. Je les félicite. Malheureusement, la justice n’a pas la même approche. » 

[…] « Ça s’appelle faire des exemples », commente une avocate. Lors de la visite de Bernard Cazeneuve, le 15 mai, la maire de Rennes Nathalie Appéré avait enjoint à l’État de « prendre ses responsabilités » face aux dégradations commises dans le centre-ville, l’avant-veille, jour de l’expulsion des opposants à la loi sur le travail de la salle de la cité. « Il y aura d’autres convocations devant les tribunaux. Je le dis, ici à Rennes la fermeté sera totale », avait déclaré le ministre de l’intérieur. « La police et la justice mettent de l’huile sur le feu, estime le père de Martin. Ils veulent rassurer le centre-ville, mais l’effet obtenu est inverse : il y a une pétition qui a recueilli des milliers de signatures en faveur des jeunes, les manifestations se poursuivent… On ne fait qu’alimenter la tension de ces jeunes adultes. À chaque fois, on leur met la tête sous l’eau avec des décisions iniques. Ils n’ont plus du tout confiance. » 

Pour le père de l’étudiant, cette politique de maintien de l’ordre « risque de faire basculer une partie de ces jeunes contre l’ordre républicain ». « Je me pose des questions sur la sortie de prison de mon fils, et sur le regard qu’il aura sur la société, conclut-il. Ça ne m’étonne pas que des jeunes se radicalisent dans ce contexte-là. » Cliquer ici (l'accès à l'article de Mediapart est réservé aux abonné-es)


Dysfonctionnement d'Etat




Mais qu’a-t-il bien pu se passer chez Messieurs Valls, Ayrault, Cazeneuve, et Collomb, si prompts à défendre en 2009 la liberté d’expression et de manifestation contre une droite jugée par eux réactionnaire, pour qu’ils deviennent en 2016 et 2017 si prompts à s’appuyer sur un texte de loi qu’ils estimaient inconstitutionnel, prendre des arrêtés d’interdiction pour le coup désormais jugés inconstitutionnels pour réprimer des manifestants et organiser le maintien de l’ordre ? Et bien, ils gouvernent, tout simplement*. Cliquer ici

* Et ils auraient aimé continuer à sévir. Remarquez, dans cette bande des quatre, il y en a un qui est passé directement aux commandes macroniennes de la répression et un autre qui espère pouvoir encore se replier en députation (avant de rebondir ?).


Contradictions dans l'appareil d'Etat. Des magistrats eux-mêmes mettent en garde...

Ils sont membres du premier syndicat de magistrats, ils sont "modérés" et pourtant...ils cassent l'ambiance "En marche" !


L'USM a pris connaissance avec stupéfaction du scandaleux projet de loi renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure publié par Le Monde et renforçant l'ostracisation de l'autorité  judiciaire.

Elle constate que les dispositions relatives à la  “surveillance et autres obligations individuelles” ainsi qu’aux  “perquisitions” sont gravement attentatoires au principe constitutionnel selon lequel “l'autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle, assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi”.

Le procureur de la République ne saurait être instrumentalisé par l'autorité administrative et réduit à un simple rôle de délivrance d'autorisations relatives à des opérations qu'il ne contrôle ni ne dirige.

Les perquisitions et l'exploitation des données informatiques saisies afin de caractériser l'existence d'infractions pénales, prévues par le projet de loi, constituent des opérations de police judiciaire ne pouvant s’exécuter que sous le contrôle de l’autorité judiciaire.

Les atteintes aux libertés individuelles, plus graves encore que celles déjà prévues dans le code de procédure pénale, ne peuvent être réalisées par l'autorité administrative et soumises au contrôle du juge administratif.

L'USM rappelle que des dispositions préparant la sortie de l'état d'urgence ont déjà été adoptées par le  législateur   à  l’occasion  du  vote  des  lois  du  3  juin  2016  renforçant   la  lutte  contre  le  crime organisé, le terrorisme et leur financement, et améliorant l'efficacité et les garanties de la procédure pénale  et   du  21  juillet   2016  prorogeant   l'application  de  la  loi   du  3  avril   1955  relative  à  l'état d'urgence et portant mesures de renforcement de la lutte antiterroriste.

Dans   un  Etat   démocratique,   sortir   de  l’état   d'urgence  ne  signifie  pas   introduire  dans   le  droit commun des mesures d'exceptions et exclure le contrôle de l'autorité judiciaire. Communiqué à retrouver sur le site de l'USM

Menace de viser la tête... geste banal sous l'état d'urgence 


 Plus classiquement engagé-es contre les logiques sécuritaires-policières...

La logique générale, consistant à accorder à l’Exécutif des pouvoirs exorbitants de contrôle, surveillance, intrusion et privation de liberté, en tenant à distance l’autorité judiciaire et sur des bases floues, appelle une condamnation très forte. Dès le mois de novembre 2015, le Syndicat de la magistrature s’était élevé contre les atteintes majeures à l’Etat de droit que produisait – et produit encore – l’état d’urgence. En 2016, il a dénoncé les premières mesures de contamination de cette logique dans le droit commun (assignations à résidence au retour d’un théâtre d’opération terroriste, retenue administrative pour procéder à des contrôles) ainsi que les aggravations introduites dans l’état d’urgence par chacune des lois de prorogation successives. Cliquer ici

SuperMacron liberticide taclé depuis les States !

 «Toutes ces mesures resteront l’apanage du ministère de l’Intérieur et des préfets, sans l’intervention d’un juge judiciaire.»
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Pour couronner le tout... 
Du neuf ficelé avec de l'archéo-vieux comme la sale et dangereuse politique politicienne et barbouzarde de la France

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Euh, pas faim...

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