Universités en galère : le gouvernement en rajoute...



... en supprimant 331 millions.
Des milliers d'"avec bac" se retrouvent "sans fac". 
La cerise macronienne sur ce gâteau indigeste : la généralisation de la sélection (déjà en place en master) !
A Montpellier, à l'UFR STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), ce sont près de 300 néobachelièr-es qui ont été refusé-es. A quelques centaines de mètres de là, à Montpellier 3 Paul Valéry (lettres, sciences humaines et sociales, langues et arts), ils/elles sont près de 110 en attente d'inscription, en particulier en Sciences de l'Education et en Sciences Sanitaires et Sociales qui affichent complet. Le vice-président de cette fac lâche le morceau : "nous n'avons pas les moyens de prendre plus d'étudiants. On n'a pas assez d'enseignants chercheurs et on ne peut pas pousser les murs. Il ne faut pas s'étonner que les universités craquent" (source La Gazette de Montpellier, 20-26 juillet 2017).


 
A lire aussi sur le sujet

 Empêtrée dans le problème des 87 000 bacheliers qui ne connaissent toujours pas leur filière d'accueil pour la rentrée, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a ouvert, lundi 17 juillet, des concertations avec les syndicats étudiants, la conférence des recteurs d'académie, la Conférence des présidents d'université et les associations de parents d'élèves. […] 

Parmi les souhaits du gouvernement : la volonté de mettre en place des prérequis pour orienter au mieux les nouveaux bacheliers. Mais certains dénoncent ce qui deviendrait un système de sélection déguisée. 

[…] Les prérequis "peuvent cacher le meilleur comme le pire", selon Jimmy Losfeld, président de la Fage, premier syndicat étudiant. "Ce n'est pas à l'université d'imposer un choix à un lycéen", ajoute-t-il, interrogé par l'AFP. Pour l'Unef, l'autre grand syndicat étudiant, "derrière les mots 'prérequis' ou 'contrat de réussite' se cache une sélection déguisée".

De son côté, la Conférence des présidents d'université (CPU) se prononce clairement en faveur de "prérequis". "Le mot 'sélection' n’est pas tabou. Le tirage au sort en est déjà une et la sélection par l’échec existe depuis longtemps", confie ainsi à 20 minutes François Germinet. Cliquer ici


 La présidentielle gagnée, tchao la promesse... Pour Macron c'est clair "élections pièges à cons" !

Hier
Dans son édition du 21 avril dernier Le Monde consacrait un article aux promesses des candidats à la présidentielle pour l'université. On y lisait en particulier qu'Emmanuel Macron promet[tait] une « sanctuarisation » du budget, synonyme de stabilité. Lire ici

Aujourd'hui

Dans le contexte de difficultés accrues que connaissent les universités d'années en années et dont témoignent les obstacles aux inscriptions évoqués ci-dessus, "C’est par une simple lettre adressée à la Commission des finances de l’Assemblée Nationale que le gouvernement a fait savoir le 12 juillet dernier qu’il procèderait à une coupe de 331 millions d’euros sur les crédits déjà budgétés qu’il devait verser en 2017 aux établissements de l’Enseignement supérieur et de la recherche."
 
[…] Les étudiant.e.s et les personnels de l’Enseignement supérieur et de la recherche se trouvent placés donc au pied du mur. Derrière le tournant austéritaire du gouvernement Macron se profile une politique de casse du service public de l’enseignement supérieur qui vise très clairement à mettre en place la sélection et la hausse des droits d’inscription. Et pour arrêter cette politique de casse, il faudra bien plus que des rodomontades syndicales :
l’heure est à la préparation d’une rentrée de lutte, en sachant que seul un mouvement d’ensemble dans les Universités pourra permettre d’arrêter le gouvernement et de permettre à chaque bachelier ou bachelière de pouvoir avoir accès à l’enseignement supérieur en choisissant la filière de son choix. Cliquer ici

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"La précarisation des personnels a atteint des niveaux historiques : non seulement 26,6 % des emplois des Universités sont précaires, mais l’enseignement n’est assuré que grâce à 130 000 vacataires sous-payés et privés de tout droit " (article ci-dessus).

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La boucle des réformes ante-macroniennes se boucle jupitériennement


- asphyxie financière des universités devenues, l'Etat se désengageant des financements, autonomes

- > impossibilité d'accueillir tous/toutes les bacheliè-res désireux/-ses de s'inscrire
  
-> généralisation de la sélection à l'entrée avec une forte augmentation des droits d'inscription


                   -> dualité universitaire : les centres d'excellence et les centres pour "le tout venant" étudiant (et professoral)...

 Les "sans fac" ? Une aubaine pour imposer la sélection à l'université

 Exsangues, les universités instituent des « capacités d’accueil » au-delà desquelles elles refusent les inscriptions. Jusque-là, la sélection était interdite : l’accès à l’université est un droit pour tous les bacheliers, quel que soit leur cursus. Les universités ont donc préféré utiliser le tirage au sort. L’arbitraire par essence. En comparaison, l’injustice d’une sélection par des tests ou par l’argent – par n’importe quoi, en vérité – paraît moins insupportable. Cette année, les 87 000 bacheliers qui sont encore, après le 3e round d’affectation du logiciel admission post-bac, sans place à la fac pour la rentrée, constituent une aubaine pour enfin instituer la sélection à l’université. Cliquer ici

Rappel

Déjà en 2014 à Montpellier


En février de cette année

Montpellier. Mobilisation étudiante 

Contre la sélection à l'entrée en master 1, les étudiant-e-s de Paul Valéry s'organisent

  
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Cédric Villani, mathématicien décoré par la médaille Fields, dénonçait en 2016 le « suicide scientifique et industriel  » de la France, alors qu’un décret similaire supprimait 256 millions d’euros de crédits. En 2017, élu député LREM, il défend les mesures d’austérité du gouvernement qu’il soutient.  (extrait de l'article ci-dessus "331 millions en moins dans le supérieur...). 


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Et encore sur la galère étudiante, merci Macron...

 Beaucoup d'étudiants fréquentant des cursus universitaires à Montpellier retiennent leur souffle alors que leur visa va expirer. Cliquer ici


Visas : les étudiants étrangers de Montpellier doivent faire preuve de patience

 

NPA 34, NPA