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Gard et Hérault - Mobilisations du samedi 1er décembre

à Saint Mathieu-de-Tréviers (Hérault)



Des compte-rendus de la part de nos camarades du Gard à Nîmes et à Alès, suivis  de ceux réalisés à Montpellier et à Saint-Mathieu-de-Tréviers dans l'Hérault. Et une interview de gilets jaunes au cœur d'un blocage gardois réalisée par TV Languedoc.

Nîmes

Hier matin, samedi, rassemblement à 11h devant la préfecture à l'appel de la CGT en quelques jours. Environ 300 personnes se sont déplacées principalement des militant·e·s CGT. L'an dernier il n'y avait rien eu pour la manif précaires chômeurs. Pas de GJ ou très peu.
A 14h, manif des GJ au départ du stade des Costières. 2000 à 3000 personnes ont défilé jusqu'à la préfecture (+ de 2 km à pied sur la ligne réservée au bus). Tête de cortège : des motards suivis par des tracteurs (ces derniers occupent un rond point dans un village à la sortie de Nîmes depuis le 17 novembre). Ensuite la manif avec deux banderoles avec écrit : "Pour nous pour vous et pour vivre et non survivre".
Les personnes présentes le matin n'avaient pas l'air d'être revenues pour cette manif. Présence du groupe FI local avec un tract. Les slogans : surtout La Marseillaise ou Macron démission. Quelques drapeaux bleu-blanc-rouge ou régionaux.
D'autres part, les GJ occupent des rond-points dans les deux principales zones industrielles de Nîmes nuits et jours. Ils filtrent les voitures et retiennent plus ou moins longtemps les camions qui jouent le jeu. Sur l'un des deux rond-points, ce sont les salariés de l'une des entreprises qui ont lancé l'occupation. L'idée est bien de bloquer l'économie. Certains supermarchés ont des rayons vides.
Des réunions d'organisation se déroulent sur ces 2 lieux. Ils parlent beaucoup de se structurer, de nommer des porte-paroles locaux, départementaux.
Drôle d'ambiance dans la ville avec les accès ou sorties d'autoroutes fermées et des stations essences fermées...
 


Alès

Macron est un De Gaulle aux petits pieds : ses propos de matamore d'hier soir, en direct d'Argentine, ne résolvent rien et traduisent et ciblent "les casseurs". En réalité en guise de casseurs il y a d'abord un peuple en colère : cette colère ne va pas retomber. Macron ne fait que de mettre de l'huile sur le feu : la radicalisation, c'est pas les casseurs, c'est la répression, les canons à eau, les gazs divers, les grenades et la brutalité des flics.
Hier à Alès on a vu la convergence des militants de gauche et des gilets jaunes : la manif à l'appel de l'UL CGT ( 1500 personnes ) a fait converger les syndicalistes, les militants politiques ( PC, FI, NPA (800 trats npa distribués), LO, La Rétive etc) et les gilets jaunes. Peu d'agressivité anti-politiques de leur part, GJ, ( sauf un petit noyau marginal de fachos ) une vraie convergence des luttes et des revendications excellentes à base de revalorisation du SMIC, de lutte contre les taxes type TVA, volonté de vivre dignement de son travail et pas de mendicité ou d'aides à la survie.
Après un conséquent tour dans Alès dans le calme, la manif officielle ( déclarée en préfecture ) s'est terminée en ville comme convenu : les 3/4 de la manif ont alors poursuivi en direction du rond-point de Bagnols-sur-Cèze occupé par les gilets jaunes. Le parcours un peu long a fait que d'autres ont logiquement abandonné en route, mais quelques centaines de personnes ont toutefois rejoint le fameux rond point : convergence concrète, prise de paroles ( la sono de la Rétive ), solidarité et fraternité, un bon feu, des barricades et des camions qui interdisent la circulation, au moins à cet endroit. un truc bien sympa donc.
La balle est maintenant dans le camp de ceux qui ont la chance d'avoir un travail : la grève, générale, reconductible, la paralysie de l'économie. Et aussi la démission de Macron et sa clique, pas pour mettre à sa place un quelconque autre pantin, mais bien prendre la place qui revient de droit au peuple laborieux, celui qui fait la richesse de ce pays. Le pouvoir au mouvement social mobilisé et déterminé donc !
Cette grève c'est tout de suite, même pas demain : que ceux qui ont la chance d'avoir un travail aient l'outrecuidance d'aller au taf demain matin comme si de rien n'était ? Les premières vraies barricades depuis mai 68 -pas seulement à Paris- auront une suite certaine . Et ce ne sont pas les bureaucraties syndicales et politiques qui donneront le signal de la grève générale; Comme d'habitude,  ça viendra de la base, des travailleurs eux-mêmes et nous y sommes!
Hauts les coeurs, nous y sommes presque.

Montpellier

Trois points de filtrage à Montpellier, dont un permanent nuit et jour, sur trois gros rond-points. Des gilets jaunes sont venus en centre ville dans l'après-midi, à partir du rond-point de Prés d'Arènes, par petits groupes, et se sont déplacés dans le centre, mais beaucoup ont préféré rester sur le rond-point .
A 21h manifestation des motards en colère et GJ.
Sur le rond-point Prés d'Arènes qui est un des gros points de fixation du mouvement, il y avait du monde qui ne faisait ni blocage ni filtrage : tout au plus une chicane ralentissait les voitures en direction des plages. Les Gilets Jaunes massé·e·s le long des voies se contentaient de faire acte de présence, de témoigner qu'elles et ils étaient là et saluaient les gens des voitures, camions... qui saluaient en klaxonnant ou en faisant des signes de l'intérieur des véhicules. Un panneau mis en évidence sur la chaussée demandait du bois de chauffage. Sur le terre-plein, il y avait du monde (barnum, braséro, bouffe...) mais ça ne discutait pas beaucoup entre GJ. Des sourires, des échanges quand même entre gens qui se connaissent. Une partie du groupe a décidé de se rendre sur La Comédie.
A la Comédie le "groupe Près d'Arènes" a commencé à se diriger, après une petite pause, vers le Polygone. Là on a commencé à repérer que le groupe d'extrême droite La Ligue du Midi devait être présente. Confirmé par l'apparition de Roudier et Madame, marchant sur le mode "bon pépère" sans rien dire. On ne peut pas dire pour autant que les fachos pilotaient quoi que ce soit : le déplacement vers le Polygone se faisait sans trop savoir pour quoi faire. Les vigiles ayant fermé l'entrée du Polygone, les GJ sont passés sur le côté, ont ouvert une porte et puis ont reflué, vu que c'était fermé plus haut. Un responsable sécurité s'est pointé en solo et gentiment tout le monde est sorti. Alors on est repartis en sens inverse vers l'Esplanade avec invitation à faire une chaîne mais c'est resté brouillon. Seul slogan repris un peu : Macron démission. Arrivé sur l'Esplanade, on est entrés dans le marché de Noël, en ouvrant gentiment nos sacs aux vigiles. Beaucoup de GJ, ça se voyait bien : une vieille dame Père Noël en GJ qui tirait une petite sono depuis le début balançait des slogans sur la nécessité que Macron nous rende le fric. On a déambulé en groupe compact, avec quelques slogans sur la misère, les riches et surtout le "Macron démission". Arrivé à hauteur d'un orchestre, les cris ont fusé pour "une Marseillaise". Hésitation des musiciens... Ils ont finalement joué Bellaciao. Enthousiasme général...

Saint-Mathieu-de-Tréviers

Nous aux villages aussi l'on a
Des gilets jaunes comme ça...
(à chanter sur l'air de la chanson de Brassens)

Des années, et même des décennies, qu'on n'avait pas vu une manifestation de plus d'une centaine de personnes dans les rues de St Mathieu-de-Tréviers. Ce samedi 1er décembre fut donc comme une grande première. Après un rassemblement-repas collectif sur le terre-plein central du rond-point de la Charte, les gilets jaunes se sont regroupés sur le côté, bien visibles. Nombreux signes de sympathie des automobilistes. Pas de blocage ni de filtrage. Puis départ en défilé, encadrés par la gendarmerie qui faisait la circulation, on a traversé tout le village jusqu'au rond-point de la route de Montpellier, bloquant de fait la circulation sur cet axe Quissac/Montpellier. Quelques slogans ("Macron démission", "Tous ensemble...", et même "Rien n'est à eux, tout est à nous..."), assez peu de discussions, si ce n'est autour des "violences" et des "casseurs". Retour par le même chemin, histoire de bloquer la circulation dans l'autre sens, puis dispersion après un dernier tour de rond-point.






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