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Béziers. PS : le sécuritaire "vallsien", c'est bon pour gagner des voix sur sa droite...


Valls à Béziers ou la chronique d'une défaite définitivement annoncée du PS... 

 
 L'Hérault du jour du 11 décembre 2012
 
Reconnaissons à L'Hérault du jour le mérite de l'humour, quoique, hélas, involontaire : Valls aurait redoré le blason bien mal en point du PS à Béziers où le candidat UMP a réussi la prouesse, grâce au boulevard de démobilisation, voire de démoralisation populaire, ouvert par le gouvernement, à faire oublier qu'il est le camarade intime, mais caché, d'un des deux histrions nationaux de l'UMP.

La journaliste qui titre ainsi son papier nous avoue tout de même que l'exploit doré de Valls n'a concerné que les militants socialistes venus l'accueillir. Car, question électeurs, il en aurait fallu plus et surtout autrement pour espérer commencer (ne rêvons pas) à rendre crédible un discours de gauche en cette ville si dévastée par une paupérisation galopante dont pourtant la droite porte largement la responsabilité. Avec Valls c'est en effet tout l'opportunisme de droite de la gauche gouvernementale qui vient chercher à se gagner des voix de l'extrême droite biterroise : Valls, l'expulseur de Roms, la terreur des délinquants, le promoteur des sécuritaires ZSP dont deux ciblent les quartiers populaires de la ville (La Devèze et Les Arènes); Valls en soutien de la candidate du PS signifie, dans un implacable retour de balancier, se priver des voix de gauche et/ou des quartiers populaires qu'insupportent ces sorties néosarkozyennes, adoubées par tout le gouvernement. Mais Valls c'est plus que sa misérable personne politique et son minable ministériat : c'est l'emblème de tout un gouvernement et d'une présidence qui s'inscrivent dans la programmation d'une sortie de crise du capitalisme au frais de la population. La défaite de l'idée même de gauche est ainsi scellée à Béziers : que ce soit par un improbable retournement du rapport de forces qui verrait une candidate parrainée par le plus caricatural des politiciens de la gauche de droite l'emporter ou que ce soit  par une défaite qui amènerait la droite extrême à s'imposer.

Dans ce contexte on ne peut que trouver dérisoire le positionnement du reste de la gauche biterroise en vue du second tour en relevant d'emblée que, chacun de son côté, étant donné les tensions apparues dans le Front de gauche, elles passent à côté de ce que signifie la venue de Valls dans la ville. Car le plus droitier des ministres signifie également ici, au moment où le désaveu de la politique menée par le gouvernement est cinglant, la faible importance que celui-ci accorde à ceux qui sur sa gauche voudraient le tirer, justement, à gauche. Il y a quasiment du mépris pour tous ces tortillements qui au Front de gauche essaient de poser sa différence sans vraiment rompre avec les "camarades" du PS mais sont renvoyés à une plate identification à celui-ci qui devrait en interroger plus d'une-e. 

Aimé Couquet, pour le PCF, a certes l'honnêteté de le reconnaître : "Que ce soit le Parti Socialiste ou le Front de gauche, nous payons les mesures gouvernementales. Nous avons bien ressenti sur les marchés que les gens considéraient qu'ayant appelé à voter socialistes aux présidentielles et aux législatives, nous étions responsables de la politique gouvernementale. Nous avons donc porté nous aussi le poids du mécontentement général". Mais cet aveu que le Front de gauche est incapable de s'extirper du rejet populaire que subit le gouvernement, même quand il est représenté par une candidature postulée plus "radicale" que d'habitude, est, au bout du compte, un coup d'épée politique dans l'eau : aucun retour critique de fond n'est esquissé remettant en cause l'orientation défendue du ni-ni (ni avec ni contre le gouvernement) que de plus en plus de gens ont compris à Béziers comme une fausse opposition aux mesures d'agression subies (rappelons que le Front de gauche perd la moitié de ses voix de juin !). La conclusion du communiqué du responsable communiste appelant ouvertement à voter pour la candidate...de Valls tout en soulignant que "[ses] appréciations sur les mesures gouvernementales n'ont pas changé" sont symptomatiques d'une impuissance réitérée à poser les jalons d'une alternative de gauche en rupture totale avec le PS ! D'une impuissance à faire des luttes le coeur de cette opposition radicale au gouvernement et à sa politique de droite qui prive la droite elle-même de sa substance et la mène, redoutable mécanique, à une implosion au profit d'une extrême droite qui attend son heure !

 Le représentant du PG est, quant à lui, encore plus dénué de perspective alternative : il se borne à constater que l'abstention est due au " refus par le peuple de gauche de la politique menée par le gouvernement actuel" et à son refus de se reconnaître dans aucun des candidats en lice (voilà pour le coup de griffe à l'adresse du candidat du Front de gauche !). Avec, à la clé, le même appel à faire barrage à la droite sans l'assortir de la moindre mention de la nécessité d'engager le fer contre le gouvernement. (1)

Aucun appel à battre la droite explicitant qu'il est un préalable à battre la politique de la gauche de droite par une mobilisation sociale et politique portée sans atermoiements et coordonnant les luttes en cours n'a de chance d'être entendue dans les milieux populaires. Béziers, ville "populaire" s'il en est, est bien le symptôme d'une crise de la gauche, y compris antilibérale, qui ne sait pas rompre avec les vieux démons des demi-mesures politiciennes. C'est à résoudre cette crise que le NPA veut contribuer en proposant l'unité autour des  Sanofi, des Pilpa, des Peugeot, des Fralib pour préparer un tous ensemble seul à même d'imposer au gouvernement un coup d'arrêt à sa politique que Béziers a sanctionnée sans appel !

Antoine


(1) Attendons avec intérêt ce que diront les groupes candidats à construire le pôle anticapitaliste du Front de gauche sur ce qui se passe à Béziers. Ils auront été jusqu'à ce jour silencieux sur le refus du Front de gauche de se mobiliser en continu sur le terrain social en optant pour les à-coups des apparitions plus médiatiques que politiques de Mélenchon auprès des travailleurs en lutte. Comme ils seront d'ailleurs restés muets sur l'extravagante disponibilité déclarée dudit Mélenchon à succéder à Ayrault en s'appuyant sur la majorité de gauche à l'Assemblée Nationale qui...soutient celui-ci ! Ce qui, anticapitalistement parlant, devrait être vu comme un problème, non ?

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