Carcassonne. Bilan financier : R & R donne raison aux "Pilpa"
L'Indépendant le 1er décembre 2012
"La croissance en France est entièrement due à l'acquisition de Pilpa".
L'aveu est étonnant. En anglais dans le texte, il figure dans le bilan
financier de R & R Europe, fourni sur son site internet, hier. Cette
phrase est en totale contradiction avec ce qu'affirmait Mia Catanzano,
avocat de R & R, jeudi, devant le palais de justice de Carcassonne.
"Le chiffre d'affaires s'écroule", expliquait notamment l'avocat. Ce
n'est pas vraiment ce que disent les chiffres mis en ligne par R & R
pour la France.
Les revenus du groupe sont passés de 106 millions
d'euros sur les neuf premiers mois 2011 (sans Pilpa) à 135 sur la même
période en 2012 (avec Pipa), soit une hausse de 27 %. Et l'Ebitda
(excédent brut d'exploitation) a progressé de 9 à 13 millions d'euros,
soit 42 % de hausse ! Les progressions du chiffre d'affaires (+47 %) et
de l'Ebitda consolidé (+69 %) sont encore plus spectaculaires. "De
septembre à décembre 2011, R & R a fait un bénéfice de 400
000 euros, soulignent les syndicalistes. Ils disaient qu'ils voulaient
nous vendre parce qu'on ne rapportait pas assez d'argent, mais on savait
que ce n'était pas vrai. Maintenant, on en a la certitude". Mais alors,
pourquoi avoir fermé le site de Carcassonne s'il était rentable ? "Ils
nous ont rachetés pour nos volumes et nos marques à forte valeur
ajoutée, répondent les syndicalistes. Mais ils sont incapables de les
garder. Les bacs un litre Système U, on les faisait depuis vingt ans. R
& R a récupéré ce marché, mais l'a aussitôt perdu en tirant les prix
vers le haut. Aujourd'hui, ces bacs sont fabriqués en Espagne…».
"Garder nos machines"
Hier, les syndicalistes de Pilpa étaient consternés par l'attitude de R
& R. "Ces chiffres publiés vendredi (hier) ne pourront pas être pris
en compte par le juge, puisque les dossiers ont été déposés jeudi",
déplore le syndicat CGT. Plus que jamais, les "Pilpa" attendent avec
impatience la décision du juge des référés, le 11 décembre. Rappelons
que les salariés contestent la légalité du plan de sauvegarde de
l'emploi devant la justice. Hier matin, les délégués du personnel ont
participé à une rencontre avec le préfet et tous les services de l'État.
"Ils ont fait le point sur les trois repreneurs et la revitalisation du
site, explique Rachid Aït-Ouakli, délégué CGT. Il se dit que plusieurs
repreneurs pourraient s'y installer. Mais on veut garder nos machines
tant que rien n'est signé avec un repreneur. Elles nous serviront si on
doit monter une Scop (Société coopérative et participative)".
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