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SANOFI : les "ressources humaines" en souffrance !

LES ACTIONNAIRES DÉTRUISENT LA VIE DES SALARIÉ-ES.

     Nos bons patrons l'oublient trop souvent : leurs "ressources humaines" sont avant tout des êtres humains qui souffrent et s'angoissent quand on joue avec leur avenir, avec leur vie. 
    Celles et ceux de Sanofi vivent dans l'incertitude de leur avenir depuis juillet 2012. Les patrons jouent la montre dans l'espoir de voir la mobilisation s'essouffler pour imposer leur plan de développement des profits. En agissant ainsi, ils mettent délibérément en danger la vie même de ceux sur qui ils ont bati leur fortune.
     Et ce ne sont pas quelques mesures d'accompagnement, groupes de parole, psychologues, n° vert ou assistantes sociales qui pourront répondre à cette souffrance. Seul peut l'atténuer le sentiment d'appartenir à un groupe qui lutte collectivement pour mettre un terme à cette situation intenable en faisant plier les patrons. Et seule une victoire qui garantisse l'avenir peut apporter une guérison.
     Tous les détails dans l'article de l'Indépendant.fr du 30 mars reproduit ci-dessous, qui n'aborde le problème que sur le site de Toulouse, mais la réalité est évidemment beaucoup plus large !

La souffrance des salariés de Sanofi


Toulouse. Deux enquêtes internes révèlent des résultats très inquiétants.Les salariés du site toulousain du groupe Sanofi, géant de l'industrie pharmaceutique menacé de restructuration, vont mal : ils ne dorment plus, sont stressés, boivent et consomment des médicaments plus que de coutume, révèlent deux enquêtes internes. Les salariés sont dans l'incertitude depuis que la direction a rendu publiques en juillet 2012 les grandes lignes de son plan de restructuration qui reste flou sur le sort de Toulouse, où travaillent 614 personnes.

Mal de dos, malaises, troubles du sommeil
Une enquête diligentée par le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du site de Toulouse montre que 83 % des salariés ont ressenti l'impact de la situation sur leur état physique et 98 % sur leur état mental, a déclaré le secrétaire du CHSCT, Laurent Besson-Imbert. Soixante-huit pour cent des salariés (415 sur 614) ont répondu à l'étude : 73 % d'entre eux parlent de mal de dos, de malaises, de troubles du sommeil. Quelque 20 % expliquent qu'ils consomment plus de tabac et d'alcool, 34 % prennent des antidépresseurs ou des somnifères, et 30 % des anxiolytiques avant de se rendre au bureau. Les conclusions d'une seconde enquête, réalisée elle par l'Observatoire médical du stress, de l'anxiété et de la dépression mis en place par la direction, ne sont guère plus réjouissantes. "Trois cent quatre-vingt personnes ont consulté un des psychologues présents sur le site", a dit Laurent Besson-Imbert, ajoutant que les cas de dépression ont été multipliés par trois chez les femmes et cinq fois chez les hommes. Sur ces 380 salariés, "333 ont connu des troubles du sommeil, 225 souffrent d'anxiété, 65 ont vécu des crises d'angoisse", énumère-t-il. Ces résultats constituent pour lui une "confirmation" des craintes exprimées par les représentants du personnel face à "des salariés déstabilisés". Des activités du site toulousain doivent être transférées vers les régions parisienne ou lyonnaise, et les explications de la direction sur la situation "ne sont pas à la hauteur, (...) entretiennent l'incertitude", estime-t-il.
La direction se dit préoccupée
Pour la direction, le médecin coordinateur des risques psychosociaux du groupe, le Dr Dominique Renaud, a reconnu que "l'incertitude qui règne à Toulouse" créait des situations de stress, d'anxiété et de dépression, notamment chez les "femmes d'un certain âge, plutôt à temps partiel, et dans une unité de travail particulière". "Ce sont des résultats qui nous préoccupent" et depuis 2011, a-t-elle souligné, la direction a placé sur le site une équipe médicale formée à ce type de situation et deux psychologues et une assistante sociale. Elle propose aussi des groupes de parole et a mis en place un numéro vert. "En tant que médecin, notre rôle c'est l'accompagnement", et un plan d'action supplémentaire sera discuté avec toutes les parties le 8 avril, a-t-elle dit. Une mission du ministère du Redressement productif est actuellement en cours sur le site Sanofi de Toulouse et "rendra ses recommandations sur les options concernant son avenir fin avril", a indiqué de son côté un porte-parole du groupe, Frédéric Lemonde.
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