Déportés homosexuels : la mémoire hémiplégique

Souvenons-nous : les nazis ont frappé, humilié, déporté les homosexuels.


     Au moment où l'homophobie se déchaîne, portée par la campagne réactionnaire des opposants au mariage pour tous, voici que les associations d'anciens déportés en remettent une couche, en omettant, une fois de plus, de mentionner les homosexuels comme victimes du nazisme et l'homophobie comme danger actuel, au même titre que les 'discours antidémocratiques, xénophobes, racistes et antisémites' qui refont surface ces derniers mois.

 

Journée nationale du souvenir de la déportation : la grosse colère du Mémorial homoxesuel

Midilibre.fr
28/04/2013,  le 28/04/2013
Hussein Bourgi n'a pas apprécié le message lu à l'occasion de la Journée nationale du souvenir de la déportation
(PIERRE SALIBA)

Le président du MDH, le Montpelliérain Hussein Bourgi, regrette  "vivement le contenu partial et parcellaire" du message commun à toutes les associations lu ce dimanche lors des cérémonies. 
C'était aujourd'hui la Journée nationale du souvenir de la déportation. A cette occasion, un message commun redigé par les associations de déportés (Fondation pour la Mémoire de la Déportation-FMD, Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance-FNDIR, Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance Patriotes-FNDIRP, Union Nationale des Déportés, Internés et Familles de disparus-UNADIF) a été lu un peu partout en France lors des différentes cérémonies. Un message qui n'a pas vraiment plu au Mémorial de la déportation homosexuelle.
"Un silence insupportable, coupable"
Dans un communiqué, son président, le Montpelliérain Hussein Bourgi, regrette "vivement le contenu partial et parcellaire" de ce message commun. "En effet, peut-on lire par ailleurs, ces associations dénoncent fort justement les 'discours antidémocratiques, xénophobes, racistes et antisémites' qui refont surface ces derniers mois. Elles ne font en revanche aucune mention de la montée de l'homophobie, que ce soit dans les discours ou dans les actes. Ces associations mentionnent, à juste titre, certaines victimes de la déportation - 'les Juifs, les Tziganes et les Résistants'- mais prennent soigneusement le soin de passer sous silence d’autres victimes et notamment les homosexuels. Ce silence est insupportable ! Ce silence est coupable !"
Conception hémiplégique
Et Hussein Bourgi de poursuivre : "En taisant la répression homophobe du régime nazi, en évinçant ses victimes du seul message à l’occasion de cette cérémonie, ils nous servent une fiction excluant encore et toujours les déportés pour motif d’homosexualité de la mémoire collective." Et de conclure : "Le MDH invite ces associations à se ressaisir et à rompre avec cette conception hémiplégique de la mémoire de la déportation en reconnaissant l'ensemble des victimes : Juifs, Tziganes, Politiques, Résistants, Homosexuels, Asociaux, Prisonniers de droit commun, Apatrides. Tous ces compagnons d’infortune ont connu la même souffrance dans les camps nazis. Au nom de cette histoire commune, au nom de l’universalité de cette tragédie, il ne saurait y avoir de hiérarchisation ou d’exclusion de certaines victimes."
npa 34