Aude. Salsigne : pollution à l'arsenic, la fin d'une longue attente ?


Salsigne : information... et transparence ?
ANTOINE CARRIÉ Midi Libre 21/05/2013 

Une CLI convoquée suite à la pollution du béal du Sindilla.
Une CLI convoquée suite à la pollution du béal du Sindilla. (NATHALIE AMEN VALS) 

Jeudi, la commission locale d'information consacrée à l'ancien site minier se tient en préfecture pour la première fois depuis quatre ans. Les associations sont en attente de claires données sur les lieux, quelques mois après l'épisode de pollution à l'arsenic du béal du Sindilla.

Si l’épisode de pollution du béal du Sindilla n’aura guère arrangé les relations entre le représentant de l’Etat et les associations de défense des riverains de la vallée de l’Orbiel, Salsigne en tête, il aura au moins eu le mérite de mettre fin à une longue attente.

Jeudi, à 10 h, se tiendra en effet la première commission locale d’information (CLI) consacrée au suivi du complexe industriel et minier de Salsigne depuis le 23 juin 2009. Il aura fallu que les analyses de l’office national de l’eau et des milieux aquatiques, tirées d’un prélèvement du 11 janvier dernier, soient rendues publiques, et révèlent une concentration en arsenic de 4 469 microgrammes par litre pour que la préfecture convienne de l’existence d’une pollution (450 fois le seuil de potabilité, pour livrer une comparaison faisant sens, même si cette eau n’est pas destinée à la consommation, *).

Une CLI promise par l'ancien préfet

Une information majeure, qui n’avait pas empêché les services de l’Etat de juger qu’avec la "dilution dans l’Orbiel, la teneur en arsenic est bien moins importante surtout au niveau des sources de captage pour l’arrosage (...). Les mesures effectuées ne sont pas plus importantes qu’il y a dix ans".

Pas de quoi convaincre et satisfaire des riverains, étonnés que le parquet décide dans la foulée de classer sans suite leur plainte pour pollution. Et outrés que l’origine naturelle de l’arsenic soit une fois de plus plaidée. Reste que ce 14 mars 2013, Eric Freysselinard, qui était alors encore préfet, avait annoncé la convocation de cette fameuse CLI. Le 16 mai, le secrétaire général de la préfecture Olivier Delcayrou adressait donc un courrier d’invitation aux administrations, élus, associations et personnalités concernés pour les convier le jeudi 23 mai, salle Riquet, à 10 h.

Avec trois points à l’ordre du jour : le bilan de surveillance 2010-2012 du site livré par le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ; l’inventaire et la gestion des usages sur la question du foncier, opérés par le service "Risque" de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) ; le point sur les travaux sur les sites exclus, fourni par l’unité territoriale de la Dreal, qui œuvre à la mise en sécurité de Peyrebrune, du chemin des Mineurs, et du Pech de Montredon.

La dépollution des sites exclus sur le tapis

Un lieu où, avait rappelé Guy Augé, des Riverains de Salsigne, "600 000 t de déchets miniers à 15 % d’arsenic ont été enfouies", quand le site de la Combe du Saut "pose de nos jours l’un des plus graves problèmes environnementaux de contamination à l’arsenic d’Europe !". De quoi alimenter les discussions, en espérant qu’un précepte énoncé en 2009 soit cette fois respecté.

Le 24 juin 2009, la préfecture avait jugé que "les échanges" s’étaient "déroulés dans un souci commun de partage de l’information afin que les élus, les associations et les populations aient un niveau de connaissance de la réalité environnementale et sanitaire des sites égal à celui qu’en a l’administration de l’Etat".
Avant d’affirmer que les membres de la commission seraient "informés des évolutions sur l’ensemble des sites à l’occasion des prochaines réunions". Il aura fallu attendre quatre ans...

(*) Le 12 février 2013, Midi Libre révélait un taux de 1 526 microgrammes d’arsenic par litre dans ce béal. Le Canard Enchaîné avait, le 13 mars, confirmé l’existence d’une pollution majeure à l’arsenic.


Le nouveau préfet sollicité

En héritant de cette commission locale d’information annoncée par son prédécesseur, Louis Le Franc aura également l’occasion de satisfaire les demandes d’une des associations, Les Gratte-Papiers. Car depuis la dernière CLI, François Espuche, à la tête de l’association, avait demandé à la préfecture communication de nombreux documents relatifs à la question de la pollution à l’arsenic.

Autant de textes que, malgré des avis favorables de la commission d’accès aux documents administratifs (Cada), les Gratte-Papiers attendent toujours.

L'article sur le site de Midi Libre 

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