Aude. Une tradition de lutte ouvrière afin qu'il y ait toujours quelqu'un qui se lève pour reprendre le flambeau



Ferrals-les-Corbières. Ils plantent l'arbre de la lutte depuis 1965
La Dépêche le 02/05/2013

À Ferrals-les-Corbières, ils sont plusieurs dizaines tous les ans à rendre hommage à leur façon, à la lutte sociale menée par les syndicats agricoles au début des années 60.

Le 1er mai, il y a des traditions que tout le monde connaît comme l'offrande du muguet ou les défilés dans les rues pour fêter le travail. Mais il existe aussi des coutumes plus méconnues qui perdurent chaque année. Cette année encore, près d'une quarantaine d'irréductibles villageois se sont retrouvés au petit matin sur la place de Ferrals pour accomplir leur rituel. Tronçonneuse à la main, les camarades CGT du village descendent au lac découper un peuplier qui sera replanté dans la foulée sur la place principale, surmonté d'un drapeau rouge. Une tradition qui trouve ses racines au siècle dernier : «C'est ce que faisaient les syndicats agricoles ici à Ferrals-les-Corbières et dans bien d'autres villages dans les années 60. C'était leur manière de revendiquer dans la grande lutte vis-à-vis de la convention collective départementale. Cette action est à l'origine de la création de cette convention collective qui définit les nombreux droits dont bénéficient les ouvriers aujourd'hui» explique Gérard Frances, responsable régional de la CGT.

Cinquante ans plus tard, la commune audoise est l'une des seules dans l'hexagone à avoir perpétué la tradition pour le plus grand plaisir des habitués comme Jean Ortega. «On a commencé en 1965, et tous les ans nous sommes fidèles au poste. Qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, on est là. Le village a changé, la place a été refaite, on a tout goudronné, mais l'emplacement pour l'arbre reste là» 

Les Ferralais avec Pilpa pour hisser le drapeau rouge

Ce peuplier sera retiré à la fin du mois avant de revenir l'an prochain, c'est du moins ce qu'espère le syndicat : «C'est quelque chose d'important pour nous, cela permet aux camarades de se retrouver. On espère que cette action se perpétuera encore longtemps. Je pense qu'il y aura toujours quelqu'un qui se lèvera pour reprendre le flambeau, Ferrals a toujours été une place forte du syndicalisme agricole».

Fondus au milieu des habitués, les salariés de Pilpa participaient hier à l'événement. Une image hautement symbolique pour rappeler que le combat social est toujours d'actualité. «C'était important d'être là. On a voulu venir au milieu des gens rappeler qu'il existe toujours des luttes. Le drapeau rouge signifie un changement profond de la société, c'est ce que l'on réclame. Changer l'optique basée uniquement sur le profit et penser à l'humain, au respect du salarié et au bon produit» affirme Rachid Ait-Ouakli, délégué syndical à Pilpa. Tout ce beau monde s'est ensuite retrouvé chez la famille Samper qui organise le déjeuner du 1er mai depuis plus de vingt ans pour renforcer les liens entre les camarades, une autre tradition ferralaise méconnue.

L'article sur le site de la Dépêche

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