samedi 11 mai 2013

Education. Profs absents, Ministère carent !



Du droit des profs à l'absence maladie ou maternité, du droit des élèves à bénéficier des remplacements des profs absents !

 L'Agglorieuse du 8 mai 2013 (voir ci-dessous la note du NPA 34)












Note du blog : La question de l'absence des profs est devenue une arme de guerre contre les profs. La gauche de gouvernement a joué un rôle majeur dans ce processus antiprof : ""[La] connaissance imparfaite de la question [des remplacements des profs] peut nourrir des fantasmes dans l'opinion", regrette l'historien Claude Lelièvre, "alors que rien n'atteste d'un taux d'absence à la hausse, ou plus important dans ce métier que dans un autre".

 Ces "fantasmes" ont été alimentés par plusieurs déclarations tonitruantes, notamment de Claude Allègre [ministre dans le gouvernement de gauche plurielle de Jospin] qui, le 4 septembre 1997, jour de sa première rentrée de ministre, s'en prenait de façon véhémente à "l'absentéisme" des enseignants, évoquant un mystérieux taux de 12 %. Le soir même, il revoyait le chiffre à la baisse, mais le mal était fait. "Le sujet reste très sensible parmi les enseignants", conclut l'historien, "et d'autant plus explosif qu'il se moque, le plus souvent, des statistiques réelles"." (source Le Monde)

Fantasme politicien, libéral ou social-libéral, mis à part, on peut tout à fait reconnaître que des absences de profs, au demeurant tout à fait légitimes et règlementaires, puissent désorganiser des cours et priver des élèves des heures d'enseignement auxquelles ils ont droit. La FCPE est à ce titre fondée à procéder à un état des lieux sur le sujet pour autant que soient pointées les causes de ces dysfonctionnements en écartant d'emblée ledit fantasme de "l'absentéisme" des profs et en ciblant les politiques d'austérité menées par les gouvernements qui ont démantelé le système des professeurs remplaçants  : rappelons que 80 000 postes ont ainsi été supprimés en 5 ans dont 3000 titulaires sur remplacement sur la seule année 2009 ! (source Midi Libre). 

Malheureusement  ces ravages provoqués par le sarkozysme ne sont pas combattus par la gauche au pouvoir : "Contrairement aux effets d’annonce, les postes supprimés sous Sarkozy ne seront pas rétablis et il n’y aura même pas de retour au niveau de la rentrée 2011-2012. Les 43 000 recrutements annoncés [pour la rentrée 2014] se répartissent entre deux concours. Le premier recrutera 22 000 enseignants stagiaires pour remplacer les 22 000 départs en retraite prévu à la rentrée 2013. Le second sélectionnera 21 000 étudiants admissibles en juin 2013, qui passeront l’oral un an plus tard pour remplacer les 21 000 départs en retraite prévus à la rentrée 2014. Pendant l’année scolaire 2013-2014, ils effectueront un tiers-temps comme contractuels payés à mi-temps. 21 000 tiers-temps correspondent à 7 000 postes à temps plein. Cette année, le gouvernement aura donc créé 6770 postes… dédiés à des étudiants admissibles et contractuels." (source ici)

Il n'est en somme  nullement prévu la mise en place d'une authentique structure de remplacement des absences par des professeurs titulaires formés à ce qui s'avère être un métier spécifique dans le métier ! Prisonnier de l'austérité budgétaire générale du gouvernement qu'il approuve, Peillon, comme ses prédécesseurs de droite, continuera, pour l'essentiel, malgré la création de 1000 postes de remplaçants annoncés, à recourir aux expédients, par ailleurs aléatoires, de remplacements par recours à des étudiants non formés et pénalisés dans la préparation de leurs concours, des vacataires, etc. Que ce soit sur la question particulière des remplacements ou sur la question générale du rétablissement des postes supprimés c'est donc bien la continuité du hollandisme éducatif avec le sarkozysme qui doit être mise en échec par une mobilisation faisant prévaloir les besoins d'éducation sur des choix comptables alignés sur les logiques financières du capital.

NPA 34

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 NPA 34, NPA