NPA. Comment travailler à l'unité pour une opposition de gauche au gouvernement ?

Réunion : le CPN [Conseil Politique National du NPA] au travail
Ce CPN intervenait en un moment politique particulier : trois semaines après les manifestations du 1er et du 5 mai, quelques jours après la décision des salariéEs de PSA-Aulnay de suspendre leur grève, alors que François Hollande venait de donner le contenu de l'an II, la mise en œuvre zélée des injonctions de la commission européenne avec, en premier lieu, de nouvelles attaques contre les retraites, sur fond d'offensive des forces réactionnaires.

La discussion sur la résolution politique s'est organisée autour de la façon dont la majorité met en œuvre son orientation, articulant une politique indépendante avec une démarche de construction d'une opposition de gauche au gouvernement. Il n'y a pas de désaccord sur le fait d'avoir participé à la manifestation du 5 mai ni sur notre participation aux discussions préparatoires aux assises initiées par le PCF, mais une discussion a eu lieu sur le contenu de notre intervention. La démarche de la majorité est de combiner regroupement des anticapitalistes et révolutionnaires et construction d'une opposition de gauche posant la question de l'alternative politique, un gouvernement anti-austérité, un gouvernement des travailleurs. Les camarades de la position Y y opposent la nécessité de « différencier front unique et alternative politique » en avançant la nouvelle formule d'un « front des anticapitalistes et des révolutionnaires ».

Combattre les préjugés réactionnaires

En toile de fond de ces discussions, la lutte contre la montée des idées réactionnaires avec un très large accord pour lier cette lutte à l'intervention du monde du travail et de la jeunesse, afin de changer les rapports de forces, sans pour autant nier les actions spécifiques qui peuvent s'avérer nécessaires. Ce dernier point fera l'objet d'un discussion particulière.


Une motion spécifique de la commission ­LGBTI a été adoptée très largement. Elle combine la lutte pour l'égalité des droits, contre l’homophobie et les préjugés réactionnaires, avec la lutte contre tout ce qui divise et rompt la solidarité de classe, liant ce combat à la lutte pour la transformation révolutionnaire de la société. Elle souligne le sens pris cette année par les marches des fiertés comme réponse démocratique à l'offensive des réactionnaires et de l'extrême droite.


La commission santé a animé un débat sur la défense de la protection sociale comme point central des mobilisations à venir. Ce débat a débouché sur une motion faisant une priorité de la mobilisation contre les attaques annoncées sur les retraites, et cela dès les 20 et 21 juin pour dire non au dialogue social et affirmer qu'il n'y a rien à négocier.


Le CPN a aussi commencé à discuter des ­modalités d'organisation de la réunion nationale des comités qui aura lieu en décembre prochain.


Il a décidé de changer le titre de notre hebdomadaire et de notre revue mensuelle qui prendront pour nom l'Anticapitaliste, un changement effectif après l'été. À ce moment, sortira une nouvelle formule de l'hebdomadaire.


Enfin, il a décidé des modalités d'organisation du CPN élargi des 6 et 7 juillet qui devra décider de notre politique pour les échéances électorales de 2014. Dès maintenant, le débat est ouvert dans les comités…


Yvan Lemaitre

Ouverture de la discussion sur les échéances électorales de 2014

Nous avons commencé lors de ce CPN la discussion sur les échéances électorales de 2014 – municipales en mars, européennes fin mai – qui sera en partie tranchée lors du CPN élargi début juillet. La motion que présentait la majorité du CE a recueilli 55 voix pour, 43 contre. Elle plaide pour que les comités, les militants choisissent de participer à cette bataille politique où vont s’exprimer les nouveaux rapports de forces entre les partis, bouleversés par la crise économique, sociale et politique inédite que nous connaissons. Notre participation à ces élections s’inscrit dans la construction d’une opposition de gauche au gouvernement qui œuvre à la mobilisation d’ensemble nécessaire pour mettre un coup d’arrêt à la régression sociale, seul moyen de ne pas laisser l’initiative à la droite et à l’extrême droite.

Des listes unitaires contre l'austérité

C’est dans cette perspective que s’inscrivent les discussions que nous commençons à avoir localement en vue de la constitution de listes unitaires aux municipales, avec les forces politiques de gauche qui ne participent pas au gouvernement : indépendantes des partis au gouvernement, au premier comme au second tour, et qui fassent campagne et agissent contre les politiques d’austérité et leurs traductions sur le plan local.
Aux européennes, nous souhaitons des listes unitaires qui portent des réponses anticapitalistes et internationalistes à la crise, en rupture avec toute forme de souverainisme, dans la perspective d’une Europe des travailleurs et des peuples.


Le désaccord avec la deuxième motion, minoritaire lors de ce CPN, porte sur la question de l’opposition de gauche et la manière de la mettre en œuvre à travers les échéances électorales.


La tâche est énorme pour assurer notre présence dans ces deux batailles politiques, en termes militants, politiques et financiers. Un défi comparable à celui des 500 signatures pour la présidentielle. Le débat est ouvert dans les comités, un débat qui devrait permettre de surmonter les divisions qui sont apparues lors de ce CPN pour nous donner les moyens d’être présents dans cette bataille.


Galia Trépère
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