Pilpa. "Le rapport de force commence aujourd'hui"

Carcassonne. Les Pilpa montent à l'assaut de la Cité

La Dépêche le 30/05/2013  

Sur l'air désormais connu de «Pilpa vivra», les salariés ont manifesté hier à la Cité./Photo DDM, Roger Garcia.
Sur l'air désormais connu de «Pilpa vivra», les salariés ont manifesté hier à la Cité./Photo DDM, Roger Garcia. 

Une cinquantaine de salariés de Pilpa ont défilé hier matin dans les rues de Carcassonne jusqu'à la Cité où ils ont déployé une banderole. Une manifestation destinée à relancer une mobilisation qui montre de légitimes signes de fatigue près d'un an après l'annonce de la fermeture du site. D'autant plus que le projet de Société coopérative et participative (Scop) des salariés ne pourrait absorber la totalité des effectifs actuels et où la tentation est grande d'aller négocier son départ.

Les Pilpa ont une nouvelle fois dénoncé le groupe R & R Ice cream et le fonds d'investissement PAI Partner à qui ils doivent leurs licenciements : «Nous voulons stopper la dictature des actionnaires. Pilpa est otage du capitalisme financier. L'entreprise dégage des profits - le chiffre d'affaires du groupe R & R est passé de 450 à 600 M€ de 2011 à 2012 - mais elle est sacrifiée sur l'autel des profits par des fonds d'investissements qui transitent par les Îles Caïman.»

Aussi, les représentants du personnel ont-ils une nouvelle fois demandé à ce que R & R paye les pots cassés par lui-même : ils réclament donc 27 M€ à la direction du groupe, soit le prix d'achat de Pilpa, au titre du préjudice causé par le projet de fermeture de l'usine. Ils souhaitent que les murs, les bâtiments, les machines et la marque Pilpa, «qui se sont développés grâce au travail des salariés qui se sont succédé sur le site depuis 40 ans», leur soient rétrocédés.

Quoi qu'il en soit, la manifestation d'hier est intervenue à deux jours de la date décisive du 31 mai. Demain, en effet, le conseil d'agglomération se réunit à Villemoustaussou. Il se prononcera en faveur ou en défaveur de la préemption du site.

Alors que les manifestants prenaient symboliquement d'assaut la porte narbonnaise de la Cité, Maxime Jarne, délégué du personnel, en a rappelé l'enjeu : «Le rapport de force commence aujourd'hui. L'échéance du 31 est capitale. On saura alors si on a la possibilité de créer notre pôle agroalimentaire (1) avec notre SCOP (Société coopérative et participative).»

(1) Dans un lapsus on ne peut plus révélateur Maxime Jarne a parlé de «la possibilité de créer notre pôle emploi» avant de se reprendre : «la possibilité de créer notre pôle agroalimentaire».



Projet de pôle agroalimentaire

Si Carcassonne décide de préempter le site, les Pilpa pourraient développer leur projet de Scop s'appuyant sur leur cœur de métier : la production de glaces, mais aussi de produits pâtissiers artisanaux, «utilisant les récoltes et productions locales, principalement bio et garantissant qualité et traçabilité». Au-delà de la Scop, les Pilpa souhaitent créer un pôle agroalimentaire baptisé «Cathare Plus», «ouvert à tous les porteurs de projets attachés aux principes de coopération» et des circuits courts.

L'article sur le site de La Dépêche

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