NPA 34. 6 heures pour l'anticapitalisme. 6 heures d'échanges (et de convivialité !) pour ouvrir des perspectives antisystème !

  
En ce jour de marche des fiertés, renforcer la fierté de lutter contre le capital !

Correspondance NPA 34

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Nous le sentons bien, les temps ne sont pas, ne sont momentanément plus, aux grands enthousiasmes militants malgré de fortes mobilisations comme sur l'égalité des droits ou contre l'aéroport de Notre Dame des Landes  : la crise est trop là qui érode les situations sociales élémentaires; les réponses capitalistes à cette crise de valorisation du capital travaillent trop à détricoter le droit du travail, le droit au travail (bonjour l'ANI), à imposer la loi du profit maximal au prix d'une mise en danger accrue de la planète...La gauche gouvernante montre trop son engagement à confirmer qu'elle n'est plus qu'un rouage de cette déferlante antipopulaire sans qu'émerge encore "une autre politique" !  Elle parvient même, sur un sujet comme le "mariage pour tous", à redonner, par ses atermoiements, des couleurs à la droite extrême. Et pourtant ces 6 heures anticapitalistes organisées samedi par le NPA 34 ont permis que se retrouvent dans les ateliers-débat "Luttes sociales" et « Biens communs, anti-productivisme et démocratie » ceux que nous côtoyons au quotidien dans nos résistances, nos combats, pour que l'alternative à la loi d'airain de la marchandisation du monde reste de l'ordre du possible ! Philippe Poutou, après avoir défilé dans la marche des fiertés dans les rues de la ville, a rejoint l'atelier "Luttes sociales" avant de retrouver le plateau de France 3 Région et enfin répondre présent pour le meeting débat qui a clos le riche moment passé ensemble. Tous ensemble...

Sérieux, écoute, argumentations poussées, expression de doutes ou de divergences, vérification des points d'accord, voilà ce qui dominait dans lesdits ateliers qui ont regroupé de 30 à 40 participants. On relèvera en particulier que cette tonalité constructive des débats  a émergé de la rencontre de militants qui n'ont pas toujours l'occasion ni le temps d'échanger sur le fond des choses puisque étaient présents, aux côtés des militants du NPA, des syndicalistes ou non syndiqués engagés dans les luttes (Sanofi, chercheurs précaires, Haribo Uzès...), des défenseurs de la gestion par régie publique de l'eau, de la cause animale, des monnaies locales, de la sortie du nucléaire, du refus des gaz de schiste, de la biodiversité, des éco-hameaux, etc.


Ne nous cachons pas l'ampleur du défi qu'il y a, sinon à unifier, au moins à articuler, toutes ces problématiques en particulier, pour ce qui concerne le NPA, dans un projet d'écosocialisme. Mais nous sommes conscients que celui-ci ne peut que s'enrichir des réflexions mais aussi des pratiques communes avec ceux qui, d'une façon ou d'une autre, rejettent, comme nous, la parcellisation et la dénaturation-neutralisation des actions contestant le (dés)ordre existant. Ces ateliers sont donc un pas, nous l'espérons, pour construire des cadres de confiance préludant à la mise en place de nouvelles coopérations pratiques, politiques, voire théoriques, au renforcement de celles qui existent déjà.

Après une pause repas appréciée de tous, pendant laquelle nos amis et camarades Jean-Marc Rouillan, Karak et Tristan Cabral dédicaçaient leur oeuvres sur un beau stand de livres, s'est ouvert un meeting introduit par Anne et Thomas du NPA 34 et Philippe Poutou. Ont ainsi été récapitulés nos constats sur une offensive patronale largement relayée ou même anticipée par le gouvernement Ayrault. Recroisant les problématiques abordées dans les ateliers sur l'urgence de relancer l'action collective, elle-même nourrie aux revendications de défense des services publics, de rejet de l'austérité, de refus de payer la dette, d'opposition aux agressions antiécologiques, etc., nos camarades ont permis un échange fructueux avec la centaine de présents. 


Des représentants du Parti de Gauche sont venus affirmer leur volonté de travailler dans l'unité avec le NPA, ce qui a suscité une discussion, parfois un peu vive, sur le contenu de cette unité : 

 
quelle contribution à la relance, au développement, à la convergence des luttes ? Quelle contribution, hors manoeuvres électoralistes (municipales à venir), à la construction d'une opposition de gauche au gouvernement qui, s'appuyant précisément sur les luttes, redonne l'espoir d'engager vraiment un processus de rupture avec l'ordre patronal et les institutions qui le servent... 


Tel pourrait être en somme le sens de ces belles 6 heures anticapitalistes : le NPA 34 est prêt à approfondir la réflexion avec les divers acteurs sociaux sur la/les lutte(s); il est disponible aussi pour mener et engager des discussions unitaires avec toutes les forces se situant à la gauche du PS prêtes, par-delà des divergences, à travailler réellement à bâtir une alternative au capitalisme. 

Vu sur le 19/20 de France 3 Région samedi 1er juin 2013


                           

Les Sanofiens de Montpellier dans l'atelier "Luttes"
Vous avez dit "biens communs" ?


 










Tristan Cabral à gauche


Karak accro au crayon

Jean-Marc Rouillan (à gauche) avec Gérard

Le stand de la Libre Pensée








Contre la répression antisyndicale à Haribo Uzès














Un bravo spécial aux animatrices de l'espace enfants !



 

Table ronde "Biens communs, antiproductivisme, démocratie"
Eléments de synthèse


Engendrée par le capitalisme et le productivisme, la crise écologique est un danger pour l’humanité et réinterroge le projet socialiste. Le caractère limité des ressources nous oblige à réfléchir à un projet de société fondé sur la satisfaction des besoins sociaux. Que devons nous produire et comment ?

Les biens communs


La privatisation et la marchandisation des éléments vitaux pour l'humanité et pour la planète, sont plus fortes que jamais. Après l'exploitation des ressources naturelles et du travail humain, ce processus s'accélère et s'étend aux connaissances, aux cultures, à la santé, à l'éducation, aux communications, au patrimoine génétique, au vivant et à ses modifications. Le bien-être de tous et la préservation de la Terre sont sacrifiés au profit financier à court terme de quelques-uns.

Une prise de conscience émerge qu'il y a des biens d'usage commun à tous les êtres humains, et à la nature elle-même, lesquels ne peuvent en aucun cas être privatisés ou considérés comme des marchandises. 

Les biens communs doivent faire l’objet de règles d’accès et de règles d’usage. Il peut y avoir des conflits d’usages : exemple l’eau usage domestique et usage agricole. 

Cette notion n’existe pas aujourd’hui dans le droit européen.

Exemple des gaz de schiste : le sous sol ne doit appartenir à personne et doit être considéré comme un bien commun. Le problème de l’exploitation des gaz de schistes se pose autour de plusieurs biens communs : l’eau, le sol, l’air.


En débat :

- Des êtres humains aux êtres vivants : humanisme, défense de la cause animale ou de tout être vivant.

Idée de ce qu’on laisse aux générations futures et à la planète : exemple des déchets nucléaires


- l’expertise : certains avancent la nécessité de bien connaître les questions sur un plan technique pour être crédible auprès de services d’administratifs ou d’élus. A discuter car même quand les militants sont très biens renseignés, les autorités ne répondent pas à leurs arguments.

Idée de l’expertise citoyenne et d’usage.

Participer ou pas aux consultations organisées par les pouvoirs publics ? Un moyen de s’exprimer ou un piège ?


- les questions démocratiques

Qui est légitime pour décider des règles d’accès et d’usage aux biens communs : ni l’Etat seul, ni les sociétés privées... Les usagers, les habitants d’un territoire, les salariés ?

Comment faire émerger de nouvelles formes de démocratie ? On ne se reconnaît plus dans la démocratie représentative. Démocratie directe, autogestion dans la société sur les lieux de travail.

Aujourd’hui il n'y a aucun contrôle démocratique vis-à-vis des projets inutiles (débat sur la « dictature » de la notion de projet). La préoccupation démocratique peut nous rassembler dans une convergence des luttes écologiques : c’est un combat commun.


- Les expériences locales anticapitalistes

Eco hameaux

Monnaie locale complémentaire à Montpellier (association ADESL)


Les luttes locales : difficultés à tenir dans les luttes sur la longueur face aux entreprises privées soutenues par les collectivités locales. Exemple de la Salamane à Clermont-l’Hérault où la centrale système U a été imposée malgré la mobilisation avec au final la non utilisation d’une grande partie de la surface expropriée et un déficit d’entreprises implantées : mensonge sur les promesses d’emploi.
Il y a des luttes victorieuses quand il y a des mobilisations, nécessité du rapport de force vis-à-vis des élus et bonne connaissance des sujets pour porter les propositions alternatives.

Nécessité d’élargir le cercle militant pour se mobiliser. Etre prêts à aller vers d’autres formes de luttes, vers la désobéissance civile. Exemple NDDL qui est un succès de mobilisation. 

Collectif non à Hinterland, arrière-port de Sète. RDV le 15/06 à 11h pour un apéro-manif devant la mairie de Poussan


Autres débats à venir : revenu inconditionnel d’existence

Anne 

Notes de synthèse sur l'atelier "Luttes"

Etaient présents, entre autres, des représentants de Sanofi (CGT-Sud), CGT Haribo Uzès, CGT CHU Toulouse, Collectif des précaires de la recherche. 35 personnes au moins ont participé aux échanges.

L'accord s'est fait sur le constat : le capitalisme nous mène à l'impasse et nous fait faire ou produire des choses détestables, sans logique sociale, avec la seule logique du profit à très court terme.

D'où l'importance de sortir du marché du travail pour enfin pouvoir décider ensemble ce qu'on veut produire et comment.

Comment convaincre tous les salarié-e-s de participer aux luttes ? Question qui embraye sur celle de l'unité syndicale, au niveau confédéral, mais aussi local. Le point de vue défendu par le NPA pendant l'atelier : aucun problème pour une unité d'action; le problème apparaît lorsque la CGT sacrifie ses revendications au nom de l'unité avec la CFDT.

Globalement il s'est exprimé une méfiance vis-à-vis des confédérations : à Sanofi aucune aide n'est venue de la confédé.

Au niveau local, le jeu des majorités au CE fait que la lutte fonctionne en intersyndicale, c'est plus difficile quand on se retrouve seul ou quand on est minoritaire (CGT-Sud à Sanofi). Du coup, le premier travail à faire c'est de militer dans les entreprises pour renforcer les structures défendant les intérêts des salarié-e-s.

La question des médias et de la reconquête des idées : pas simple à traiter ! La proposition du NPA consiste à prendre appui sur tous les exemples existants nationaux (exemple : la retraite pour démontrer que la socialisation complète du travail est possible), ou locaux (Scops et autres) pour donner confiance et démontrer que la révolution c'est "simplement" l'extension de l'existant.

IIl est important de se battre ensemble : exemple des Licenci'elles ou de la manifestation nationale unitaire sur la santé, à Paris, le samedi 15 juin 2013.

Une question clé : la difficulté financière de se lancer dans des grèves longues. En réalité, cela a toujours été difficile alors qu'aujourd'hui la société est bien plus riche qu'avant. Il faut atteindre un certain niveau de confiance dans la victoire ou un certain niveau de maturité et, après, plus personne ne se pose de questions. Il se met en place alors une solidarité inespérée. 

Thomas 

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