Electricité plus chère. "Le gouvernement fustige l’austérité, tout en rognant sans relâche le pouvoir d’achat"

 
 Hausse des tarifs EDF : de l’austérité qui ne dit pas son nom
Rue 89 Editorial du 9 juillet 2013 par  Pascal Riché | Cofondateurde Rue 89


Une carotte (Gideon/Flickr/CC)

Ne cherchez pas la nouvelle sur la page d’accueil du site d’EDF. Dans sa rubrique « actualités », la centrale nous apprend que Philippe Monloubou a été nommé pilote du projet de compteurs communicants et qu’EDF et la Croix-Rouge française s’unissent pour lutter contre la précarité, mais ne dit rien, en revanche sur l’augmentation de 10% des tarifs de l’électricité, dont la moitié dès cette année, l’autre l’été prochain. Ces hausses seront présentées ce mardi au Conseil supérieur de l’énergie et à la Commission de régulation de l’énergie.

Le gouvernement rogne le pouvoir d’achat 
 
Rien non plus sur la page d’accueil du site du ministère de l’Ecologie, qui a annoncé la nouvelle par communiqué [PDF]. Le mode de cette communication est aussi courageux que son timing – le creux de l’été.
Mieux, le communiqué du ministère a le culot d’écrire que c’est par souci de « protéger le pouvoir d’achat » que ces deux hausses sont programmées :
« Le gouvernement a décidé de lisser, sur plusieurs années, les hausses de tarifs nécessaires à la couverture des coûts d’EDF, prévue par la loi, afin de protéger autant que possible le pouvoir d’achat des ménages. »
Certains, au ministère de l’Ecologie, pensent-ils que le fait de couper la queue du chat en deux fois est moins douloureux ? 

Le gouvernement fustige l’austérité, tout en rognant sans relâche le pouvoir d’achat. Dans le cas d’EDF, il aurait été possible d’éviter cette augmentation qui tombe maintenant au pire moment pour de nombreux Français. La Cour des comptes a pointé en février la mauvaise gestion de cette société. Pour ne prendre qu’un exemple, assez frappant, entre 2005 et 2010, la rémunération des différents patrons d’EDF a plus que doublé...

« Plus on fera d’économies, moins on demandera d’impôts aux Français », expliquait François Hollande lors de sa dernière conférence de presse. Le raisonnement est valable pour les entreprises publiques et leurs tarifs.
 
« Hausse surprise » du dividende d’EDF 
 
Il y en a, en tout cas, qui sont heureux : ce sont les actionnaires d’EDF. Le titre s’est envolé à la Bourse. Ah oui ! Vous ne saviez pas ? EDF est une société cotée qui soigne ses actionnaires. En février, son président Henri Proglio a annoncé une « hausse surprise » de son dividende. C’est l’Etat qui en a profité le plus, puisqu’il détient 84% du capital...

Du point de vue des recettes de l’Etat, du point de vue des actionnaires de la société, cette hausse des tarifs est très logique. Elle permettra de « financer les investissements », promet-on.
Mais dans le climat social et économique actuel, elle n’a pas plus de sens que n’importe quelle autre mesure d’austérité.

Augmentation historique de l’électricité (Na !)

 
A lire aussi 
 
Hérault. L'austérité, un échec ? Quel échec ?
 
Note du NPA 34

Le titre de la page de L'Hérault du jour que nous reproduisons ci-dessus est surprenant. Ainsi la politique d'austérité aurait échoué ! Disons-le plus clairement : il y a bien un échec de ladite austérité qui aurait pu être une victoire des salariés et de tous ceux qui se battent pour défendre l'emploi, les salaires, les retraites et, en somme, le droit à une existence digne pour tous ! Mais il faut se rendre à l'évidence, à la lecture de la situation qui est décrite par L'Hérault du jour dans les entreprises et les services du département, cet échec de l'austérité est, dans l'état actuel des choses, une vue de l'esprit. Cet échec est en fait celui des travailleurs à bloquer l'austérité. L' "échec de l'austérité" est ...une victoire des austéritaires de tout poil, à commencer par ce gouvernement supposé de gauche et ses maîtres, le patronat ! Et cette "victoire" n'est possible que parce que le monde du travail n'a pas encore pu, pas encore su, retourner l'arme du front uni utilisé par ses adversaires contre lui. Lire la suite

Notre dossier
 
 
 NPA 34, NPA