Région. Revenus moyens annuels : les plus pauvres peuvent perdre, en 3 ans, jusqu'à 45% de leurs revenus (Béziers) tandis que les plus riches les augmentent de 6% (Sète) !

 
Languedoc-Roussillon : nos villes sont pauvres 

CHRISTOPHE GREUET Midi Libre 31/07/2013


Les revenus moyens annuels dans les villes du Languedoc-Roussillon font partie des plus faibles de France.

 Les revenus moyens annuels dans les villes du Languedoc-Roussillon font partie des plus faibles de France selon l’institut Compas. Triste et inquiétant palmarès. 

Les habitants des villes du Languedoc-Roussillon font partie des plus pauvres de France. C’est l’un des tristes constats qui se dégage de l’étude du revenu annuel, dans les 150 plus grandes villes françaises (ce qui exclut du classement les communes de l’Aveyron), établie par l’institut Compas d’après des chiffres de l’Insee. En épluchant les variations entre 2008 et 2011, on constate que les villes régionales font partie de celles où le revenu moyen annuel (hors impôts et prestations sociales) est le plus faible.

Une crise qui creuse les inégalités 

Au plan national, Compas affirme que "la crise creuse les inégalités. Mais les moyennes nationales masquent des écarts encore plus importants au niveau local". La crise aura ainsi entraîné "un décrochage par le bas : les plus pauvres s’appauvrissent".

Avec un revenu moyen de 46 087 € (en augmentation de 5,1 %), Neuilly- sur-Seine est la ville la plus “riche” de France, tandis que Roubaix clôt le classement, avec un revenu par habitant de 9 641 €, en augmentation d’à peine 1,7 %.

Béziers et Perpignan, lanternes rouges de la région

Dans la région, Béziers est la ville où la situation est le plus catastrophique : le revenu moyen annuel y est le plus bas (13 722 €, en augmentation d’à peine 1,2 % par rapport à 2008), classée 139e au niveau national.

Les 10 % des habitants les plus pauvres ont ainsi perdu 44,7 % (deuxième résultat en France…) de leurs revenus en seulement trois ans, alors que les 10 % plus riches les ont vus augmenter de 3,5 %. La ville est immédiatement suivie par Perpignan, dont les plus pauvres perdent un tiers (33,1 %) de leurs revenus - quatrième perte nationale -, alors que les plus riches en gagnent 5,1 %. Au niveau national, la ville se classe 138e avec un revenu moyen de 14 041 €.

Montpellier et l’Hérault, pas à la hauteur de leur image

La situation n’est guère meilleure dans la capitale régionale. Outre le fait que Montpellier apparaît comme la plus pauvre des huit plus grandes villes françaises avec seulement 16 198 € de revenu moyen, elle ne se classe que 112e au classement national. Les inégalités entre plus pauvres et plus riches y sont également constatées : les 10 % plus aisés augmentent leurs revenus de 5,3 %, là où les moins bien lotis en perdent 6,4 %.

La dernière commune héraultaise étudiée, Sète, affiche un bilan encore plus contrasté. Classée 122e au plan national, elle a un revenu moyen de 15 821 €, qui bénéficie tout de même d'une augmentation de 5,4 %. Les plus pauvres perdent 15,4 % de leurs revenus, alors que les plus riches les voient progresser de 6,2 % (augmentation la plus forte de la région).

Mauvaise situation du Gard, Arles tire son épingle du jeu

La situation est encore plus critique dans le Gard, où Nîmes ne se situe qu’au 127e rang national du revenu dans les villes, avec 15 220 € (en progression de 3,3 %). Les plus pauvres y auront perdu 17,6 % de leurs revenus, là où les plus riches le voient augmenter de 4,7 points.

Constat similaire à Alès, six places derrière Nîmes au plan national avec un revenu médian de 14 338 €. Les plus pauvres voient leur pouvoir d’achat chuter de près d’un quart (23,3 %), contre 4,6 % d’augmentation pour les plus aisés.

A contrario, Arles, commune des Bouches-du-Rhône limitrophe au Gard, s’en tire nettement mieux.
Elle arrive immédiatement après Montpellier avec un revenu moyen de 16 164 € (+ 5,4 %), et ses inégalités pauvres/riches sont moins criantes : - 1,5 % pour les plus pauvres, contre + 5,6 % chez les plus riches.
On ne peut pas en dire autant d’Avignon (Vaucluse), classée 134e au niveau des revenus nationaux, alors que ses habitants les plus pauvres perdent 10,3 % de leurs revenus.

Bilan contrasté dans l'Aude

Narbonne et Carcassonne se classent plutôt bien au plan national pour des villes du Languedoc-Roussillon sur le plan du revenu moyen (16 031 € et 15 952 €). Mais les inégalités riches/pauvres s’y creusent plus qu’ailleurs. Les Carcassonnais les plus pauvres perdent ainsi 30,7 % de leurs revenus, alors que les Narbonnais abandonnent 12,9 points.

Tout en restant en augmentation, les revenus les plus élevés y progressent de façon relativement faible : + 5 % à Carcassonne, et une augmentation de 4,8 points à Narbonne.

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