Trappes. Quand les flics mettent le feu de l'arbitraire, ils allument l'incendie de la révolte !

 
Trappes : Valls et ses flics sèment la colère


Un contrôle d’identité musclé par les policiers jeudi soir a mis le feu à la poudrière qui existe à Trappes et dans bien d’autres quartiers populaires. Le cocktail de jeunes (50 % de la population a moins de 30 ans), frappés par le chômage, le mal logement des familles pauvres, quotidiennement confrontés au harcèlement policier et au racisme banalisé est explosif.

Un contrôle injustifié qui tourne à l’insulte et aux menaces, une arrestation, un jeune de 14 ans qui perd un œil, et plusieurs nuits de tensions dans les cités de Trappes et alentour

Dans ce contexte, le NPA comprend la riposte collective des centaines d'habitants du quartier qui se sont mobilisés pour exprimer leur colère face à cette nouvelle provocation policière raciste, exprimant leur ras le bol des contrôles islamophobes et racistes, transformant le commissariat en camp retranché. 

La politique du gouvernement fait payer la crise aux classes populaires et sacrifie la jeunesse. Pour contenir les révoltes, Valls applique les méthodes de Sarkozy : alimenter le racisme d’Etat contre les sans-papiers, les Rroms et les musulmans. En légitimant les agressions policières et dénonçant les réactions de révolte des jeunes, Valls et le gouvernement font encore gagner des points au Front National.

Montreuil, le Mardi 23 juillet 2013

Le texte sur le site national du NPA 

A lire aussi 

Extrait : Tous les Trappistes interrogés évoquent des contrôles d'identité qui ne visent "que les musulmans", une atmosphère islamophobe propre à Trappes, selon eux. "Toute la ville est énervée ! Vous pensez qu'on se révolte juste pour un contrôle qui tourne mal ? C'est toute l'atmosphère de Trappes qui nous donne des envies de révolution", s'emporte un homme d'une trentaine d'années devant un centre commercial de la ville. [...] Nous, on en a marre des policiers bandits qui jouent à 'qui interpellera le mieux une femme voilée'."
  

  Trappes. Le mari de la femme voilée témoigne et rejette la version des policiers

 

Trappes (Yvelines) : un ado de 14 ans blessé grièvement à l'oeil lors d'affrontements avec les policiers

 

 Trappes : sept policiers m’ont tabassé (Europe1.fr 22/07)

 



 

Enquête après des propos racistes sur une page Facebook dédiée à la police


La police des polices se penche sur plusieurs posts liés aux violences de Trappes. La page incriminée a été fermée.
  
Violences à Trappes : un jeune condamné à 10 mois ferme avec mandat de dépôt

A Trappes, «on est toujours aussi maltraités»

15 heures. Au pied des tours Thorez, un groupe de jeunes donne sa lecture des violences de vendredi : elles n’ont rien à voir avec la loi interdisant le port du niqab. «Ce ne sont pas des émeutes communautaires, comme disent certains politiques qui essayent de récupérer les événements pour taper sur les musulmans», explique Medhi, qui affirme avoir pris part aux échauffourées. A preuve, dans le quartier, elles ne seraient «plus que deux ou trois» femmes à porter cette tenue qui recouvre tout le visage, indique une femme voilée. «Ce n’est pas une histoire de respect des religions ou de niqab, ajoute la jeune fille qui l’accompagne. C’est une question de respect des gens, du respect de nos droits en tant que citoyen français. Nous ne supportons plus d’être contrôlés quotidiennement.» Ici, l’abandon de la promesse des socialistes d’instaurer un récépissé d’identité à chaque contrôle de police laisse un goût amer.

 Lu sur Mediapart (extraits)
  
À Trappes, les violences urbaines font écho à la montée de l’islamophobie
|  Par Carine Fouteau

L’enchaînement des événements ce week-end à Trappes est symptomatique d’un climat extrêmement tendu dans certaines cités. Il fait écho à des faits analogues à Argenteuil à un moment où les actes visant les musulmans sont de plus en plus fréquents.

L’attaque à l’arme blanche, le 14 juillet, fête nationale, à Trappes d’une femme portant un voile, alors qu’elle rentrait chez elle accompagnée de sa nièce a précédé l’explosion de violence le week-end passé dans cette ville pauvre de 30 000 habitants des Yvelines. Des propos islamophobes avaient été proférés par les agresseurs, deux hommes d’une trentaine d’années, qui ont été arrêtés, jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Versailles et condamnés.

C’est dans ce contexte marqué par la multiplication des actes visant des musulmans que, le 18 juillet, en plein ramadan, dans un quartier-ghetto réputé difficile, des policiers ont procédé à la vérification d'identité d’une femme vêtue d’un voile intégral. Cette intervention, visant à faire respecter la loi du 11 avril 2011 interdisant le port du niqab dans l’espace public, a mis le feu aux poudres. La femme a été contrôlée, son mari a été interpellé et des rassemblements d’habitants ont eu lieu jusqu’à l’embrasement. [...]

Voile comme objet de discorde, recours dramatique au flashball, relations forces de l’ordre-citoyens au point mort, dérive raciste dans les rangs des fonctionnaires de police, effets contradictoires de la rénovation urbaine : plus d’un an après l’élection de François Hollande, ces incidents témoignent de plus de trente ans d’échec des politiques publiques en direction des quartiers populaires et de la difficulté de la gauche au pouvoir à changer la donne, malgré les engagements de campagne du candidat socialiste à l'égard d'un électorat qui a massivement voté pour lui. [...]

Le témoignage rédigé par la femme portant le niqab : « J’ai subi une injustice de la part de la police. Ils ont voulu nous contrôler à cause de mon voile intégral. Comme d’habitude, j’ai coopéré. J’allais lever mon voile lorsque j’ai vu l’un des agents pousser violemment ma mère », explique-t-elle [...]

« Une fois que le policier en a fini avec ma mère, poursuit-elle, il vient vers moi et fait de grands gestes devant mon visage en me tenant un langage agressif. Apeurée, je lui ai demandé de se taire. Il m’a alors attrapée par le voile au niveau de la tête et traînée avec une force monstrueuse, avant de me plaquer sur le capot de la voiture en me criant: “C’est à moi que tu parles ? C’est à moi que tu parles, hein ?” Je me suis retournée puis j’ai aperçu mon mari maintenu à terre par deux policiers qui le menottaient. Une fois dans la voiture, ils nous criaient dessus comme si on était des chiens. Ils menaçaient mon mari en disant “Qu’est-ce que tu vas faire maintenant p’tite tafiole, hein ?” Tout cela avec les poings serrés et en donnant des coups, dans la voiture. Une fois arrivés au commissariat, les agents m'insultent de fantôme. » [...]

Devant les journalistes, Manuel Valls n’a pas envisagé la moindre dérive. Pas plus qu’il ne s’est interrogé sur l’opportunité pour les forces de l’ordre d’intervenir dans un contexte aussi inflammable. Pas un mot non plus sur les insuffisances des politiques publiques de son gouvernement. [...]

Pas sûr que le début de rééquilibrage opéré par Jean-Marc Ayrault permette d’atténuer la colère palpable de nombreux habitants des quartiers populaires, qui peuvent être opposés au port du voile intégral mais se sentir solidaires des femmes interpellées, surtout dans un quartier comme les Merisiers où les contrôles sont plus fréquents qu’ailleurs. Car le territoire n’est pas à égalité en la matière. Beaucoup de policiers hésitent à intervenir jugeant que le risque de troubler l'ordre public est plus important. Le nombre global d’opérations de ce type est rare à l'échelon national : depuis le début de l'application de la loi jusqu'en avril 2013, 705 contrôles ont donné lieu à 661 verbalisations à l’encontre de 423 femmes pour la plupart nées en France, selon l'Observatoire de la laïcité. Mais cinq d’entre elles auraient été contrôlées dix fois en moins de deux ans, signe d’un zèle spécifique à certains secteurs. Et les Yvelines, note cette nouvelle instance présidée par Jean-Louis Bianco, sont l'un des départements où les contrôles sont les plus nombreux (18,4 %).

Et aussi
  

Sur le terrain, alors que des gens du voyage protestaient et l’accusaient de racisme en faisant des saluts nazis, l’élu a dit :
« Hitler n’en a peut-être pas tué assez. »
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Note du blog NPA 34

Le dernier article, repris de Montpellier journal, de notre dossier était prémonitoirement titré : Quartiers Populaires. "Tant que ça ne brûle pas, tant qu’il n’y a pas d’émeutes, on fait comme si on ne voyait pas"

Le sous-titre en était : Le rapport qui dérange sur la « ségrégation » des habitants de La Paillade
Autres articles "intéressants" : Quartiers Populaires. 52,2% de sans diplômes dans les ZUS contre 35,8% ailleurs...

Montpellier. La Paillade. Les gens, les jeunes surtout, se sentent abandonnés, floués, bernés !

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Les ZUS plus fortement touchées par le chômage
 
Au milieu du marasme économique national, la situation des zones urbaines sensibles (ZUS) est plus particulièrement catastrophique. Le taux de chômage y a atteint 23,1 % au quatrième trimestre 2012, contre 10,1 % de moyenne nationale – un écart de 13 points alors qu'il n'était que de 9 points en 2008.
Surtout, ces territoires urbains, déjà fragilisés avant la crise, ont été frappés par les quatre années de ralentissement économique. Ils ont été touchés à la fois plus durement et plus rapidement. Les données de l'Observatoire national des ZUS (Onzus) montrent que le taux de chômage hors ZUS est resté stable, autour de 9,5 %, entre 2009 et 2011. Dans le même temps, il augmentait de près de 4 points dans les ZUS.
Comment expliquer ce décalage ? Le manque de qualification des jeunes dans ces zones a pu jouer. Le taux de chômage des moins de 25 ans dépasse les 40 % dans les ZUS, contre 26 % au niveau national. Les difficultés des jeunes à décrocher un emploi lorsqu'ils sont issus de ces zones sont également établies. Face à ce constat, le gouvernement a tenté d'orienter plus spécifiquement ses mesures de politique de l'emploi sur ces jeunes, qui font le gros des entrées à Pôle emploi.

Un tiers des emplois d'avenir est normalement réservé aux jeunes de ZUS, pour lesquels une exemption permet même l'embauche de diplômés, alors que le dispositif est réservé aux non-diplômés pour les autres territoires. Malgré cela, le dispositif ne décolle toujours pas dans les ZUS. Seuls 15 % des emplois d'avenir signés jusqu'ici concernent des jeunes de ZUS. Et des départements très pauvres, comme la Seine-Saint-Denis font figure de lanterne rouge.



NPA 34, NPA