Antifascisme. Belle manif à Marseille pour dire et redire que le FN est un parti à combattre...


... comme il faut combattre les politiques antipopulaires qui alimentent le danger qu'il porte ! 

Correspondance, texte et photos, NPA 34


10.000 personnes ont manifesté samedi 14 septembre à Marseille contre le FN qui tenait son université d'été, à l'appel du collectif « Marseille solidaire contre l'extrême-droite ». Des antifas marseillais.e.s mais également de Paris, du Vaucluse, de Montpellier, de Perpignan, etc.


A l'initiative du collectif antifa 34, un bus amenait un groupe de Montpellier, avec un détour par Nîmes : une majorité de jeunes, très déterminés et actifs dans le cortège de la manif. 

Profitant d'un climat où des affaires de clientélisme viennent se cumuler à une surexposition médiatique des crimes liés aux réseaux de drogue, le Front national avait choisi Marseille pour tenir son université d'été les 14 et 15 septembre. Forts de leurs résultats électoraux en permanente progression, de la banalisation de leurs « idées » favorisée par la politique gouvernementale, les frontistes voulaient faire de cette échéance qui se tenait au même moment que la fête de l’Humanité à Paris, le coup d’envoi de leur campagne pour les prochaines échéances électorales.

 

La mobilisation aura permis de montrer qu'en face du FN, le terrain politique n'était pas désert malgré une date, très tôt après la rentrée, qui rendait la mobilisation difficile. Sans compter que la Fête de l'Humanité représentait la priorité pour certaines organisations du mouvement social. Au final, suffisamment de monde pour rassurer tout.e.s ceux.celles qui craignaient une mobilisation minoritaire, trop peu pour montrer que le mouvement social prend au sérieux la menace que représente la banalisation des idées fascistes et l'implantation du FN dans le paysage politique (mis à part Solidaires, très faible mobilisation syndicale). Trop peu pour être en mesure d’empêcher les fachos de venir parader dans une ville comme Marseille mais suffisamment pour penser possible la reconstruction d'une riposte antifasciste populaire.

Du Vieux-Port à la place Castellane, nous avons scandé que le FN n'était pas un parti comme les autres, qu'il prolifère sur le terreau des politiques racistes et anti-sociales menées par le gouvernement et que notamment notre revendication était "qu'il dégage". Florilège de slogans : « F comme fascistes et N comme Nazi, à bas, à bas le Front National », « C'est pas les immigrés qu'il faut virer, c'est la misère sociale qu'il faut éliminer », « Qu'elles soient de droite ou socialistes, abrogation de toutes les lois racistes », « Le fascisme c'est la gangrène, on l'éradique ou en crève ».


Dégager de l'espace public le FN et les groupuscules fachos qui gravitent à sa périphérie ne se fera pas en un jour. Mais c'est l'objectif que doit se fixer un mouvement antifasciste unitaire et populaire.  


A l'approche des élections municipales où le FN compte faire une percée fulgurante, avec par exemple la candidature de Robert Ménard à Béziers, il revient au mouvement qui s'est manifesté à Marseille d'enraciner son action et son travail d'analyse et d'explication du phénomène frontiste :  il faudra pour cela être attentif à extirper la dénonciation du FN des manoeuvres politiciennes qui, sous couvert d'unité...antifasciste, à gauche en particulier, cherchent à faire l'impasse sur les responsabilités de celle-ci dans l'émergence et le renforcement du phénomène nauséabond. L'extrême droite se nourrit certes des complaisances toujours plus marquées de la droite envers elle mais aussi des démissions (et de quelques complaisances sécuritaires aussi), également toujours plus fortes, de la gauche, comme l'atteste la politique de celle qui est au pouvoir actuellement...

Les correspondants NPA 34, William et Anne


Et aussi

La vidéo de la manif



  «On n’oublie rien du FN, parti des assassins, on ne pardonne pas», scandaient les manifestants dont certains brandissaient des portraits de Clément Méric.



 NPA 34, NPA