Université Montpellier 3 : la ministre manoeuvre, la présidente riposte...


"Madame la Ministre, assumez votre politique. C'était la  politique du gouvernement précédent, c'est celle que vous suivez" !

 L'Hérault du jour du 21 septembre 2013 (à lire à la suite des notes d'introduction ci-dessous)
 
Pour le NPA 34...

L'annonce par la présidente de l'université Montpellier-3 des brutales décisions que son conseil d'administration s'est vu contraint de prendre pour répondre, "à contre-coeur", à l'asphyxie financière que le désengagement de l'Etat provoque, suscite une réaction en cascade des plus éclairantes : poussée dans ses retranchements par l'émotion qui s'est emparée des étudiants et des personnels, en particulier à Béziers, la ministre de l'Enseignement supérieur "tente un coup" en faisant porter le chapeau à la présidence et au CA de Montpellier 3 : ""Il y a eu manifestement un problème au niveau de l'université", explique la ministre [à propos de l'annonce de fermeture du site Du-Guesclin de Béziers], qui se défend d'un éventuel désengagement de l'Etat." (Midi Libre). 

Riposte immédiate de la présidente Anne Fraïsse dans une nouvelle adresse aux étudiants et aux personnels : "Dans un entretien au journal Midi-Libre paru aujourd'hui (1), Madame la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche fait peser sur l'université Paul Valéry Montpellier 3 la responsabilité des difficultés financières que nous connaissons plutôt que d'assumer les conséquences annoncées de sa politique. La ficelle est très grosse. Afin de démontrer l'inanité de ces accusations, j'ai décidé de diffuser sur le site internet de l'université (rubrique L'Université / La Présidente, l'équipe de direction) les courriers échangés depuis 3 ans avec le ministère afin que chacun puisse en prendre connaissance".

C'est l'occasion de découvrir tout un jeu de faux-fuyants promus par le ministère pour masquer les conséquences néfastes de la reconduction de la LRU sarkozyenne : admirons, chez le représentant de Fioraso,  le vocabulaire "technocratique, [...] imposant [à l'université de s'en] tenir à l'estimation faite par le ministère et donc de présenter un budget insincère (sic)" (Anne Fraïsse); admirons aussi, toujours selon les propres termes de la présidente, le "cynisme même [avec lequel il était précisé] qu'en sous-estimant la masse salariale le conseil d'administration pouvait être certain de ne pas avoir à rendre d'argent au ministère ; un comble." Insincérité, sous-estimation, voilà ce qui est au coeur d'une politique universitaire de gauche qui, se refusant à être...de gauche, en vient à des pratiques gestionnaires biaisées (euphémisme) que ne désavoueraient pas bien des patrons soucieux avant tout de "rentabiliser" leur machin en tapant prioritairement bien sûr sur la masse salariale ! Et en bout de course tant pis pour les étudiants !

Reste que la riposte cinglante de la présidence de Paul Valéry fait surtout apparaître que la tentative de Fioraso d'attribuer la situation financière désastreuse de l'université à des "erreurs" ..."autonomes" (!) et locales n'est, d'après les documents rendus publics sur le site de l'université, qu'une inversion de responsabilités : "puisque nous apportons publiquement la preuve que les difficultés actuelles sont le fait exclusif du Ministère de l'enseignement supérieur et qu'il en a toujours été informé, j'attends que les erreurs commises par le passé soient réparées au plus vite." L'ironie est de mise : les "erreurs" du ministère sont en fait, en tout cas c'est ainsi que le NPA invite à décoder, l'expression, mal assumée par le gouvernement sous les projecteurs de la polémique, d'une politique néfaste, celle qui, faisant consensus entre l'UMP et le PS, crée, sous couvert d'autonomie, les conditions pour que le service public du supérieur trébuche et, à court terme, trépasse. Les étudiants et les personnels sont le cadet des soucis de cette gauche-là qui, sous-estimant le jeu en électron libre de la présidente de Montpellier 3 (voir aussi l'entrevue ci-dessous), ne s'attendait pas à voir déballer sur la place publique ses turpitudes qu'il faut bien désigner comme néosarkozyennes !

Il va de soi que l'opération de transparence engagée par la direction de Paul Valéry est un véritable coup de pied dans la fourmilière des manipulations gestionnaires et autres simulacres politiques auxquels recourt le gouvernement dans sa politique universitaire. En ce sens elle dévoile une situation générale des universités que les présidences et les conseils d'université n'osent pas rendre encore publique. Mais il est de l'intérêt des étudiants et des personnels sur l'ensemble du pays de ne pas en rester là, dans la contemplation de "la polémique de Montpellier", et donc de la relayer par une action boule de neige interpellant sur la réalité des comptes de chaque université en rapport avec les coupes sombres qu'elles induisent et organisant le refus général de "l'austérité universitaire" !

NPA 34

 
Dans L'Hérault du jour du 21 septembre 2013 

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 NPA 34, NPA