A la mairie de Montpellier, le PS (se) dépense sans compter...


... L'Agglorieuse nous conte tout !

30 octobre 2013


[A lire à la suite de cet article les remarques du blog du NPA 34]




Un détour par le site de L'Agglorieuse est, bien entendu, hautement recommandé : http://www.lagglorieuse.info/

Et pour ne rien arranger...

La nouvelle mairie de Montpellier épinglée dans un rapport financier 

 

 Note du blog du NPA 34

Ce que publie L'Agglorieuse cette semaine (Midi libre avait déjà mis la puce à l'oreille sans trop détailler) met au jour des pratiques gestionnaires dont la Mairie de Montpellier devra s'expliquer, si possible en les contestant, documents à l'appui. Il ne s'agit pas pour nous d'accorder à la Chambre Régionale des Comptes une quelconque confiance politique puisque ce genre d'institution associe implicitement ce qu'elle désigne comme une gestion saine et rigoureuse des finances publiques, à la politique libérale de contention des dépenses dont, si on suivait ses préconisations, les plus démunis pâtiraient. Mais ce qui nous semble devoir être pointé, dans le cas qui nous occupe, est la mise en évidence de dépenses échappant à ce qu'un parti comme le NPA met sous l'étiquette "politique municipale alternative au capitalisme" : pour ne prendre que cet exemple, un séjour en Chine de 5 jours, accordé pour près de 130 000€ à un groupe d'élus "et leurs invités" pour une réunion de travail préparatoire à un jumelage de villes, est une aberration d'une indécence sans nom alors que la ville de Montpellier se distingue pour le nombre de ses chômeurs, de précaires, de mal-logés, etc. (1)

Si l'on ajoute, pour en rester à cette "chinoiserie", ainsi que la désigne L'Agglorieuse, que la décision de la mettre en oeuvre a court-circuité toute délibération du conseil municipal, nous saisissons son sens politique, la signification même de tout cet échafaudage de dépenses de prestige : celles-ci portent le sceau de l'héritage du frêchisme fait de "coups" personnels, reléguant les instances délibératives à des chambres d'enregistrement verrouillées à double tour par le clan se ressourçant à tout instant au bon vouloir du chef (rappelons-nous la grotesque et dispendieuse opération des statues des "génies" de l'histoire à Odysseum mais aussi tout récemment l'affaire de l'eau à l'Agglo réglée en force par Moure ... la tête de liste socialiste pour la prochaine municipale. Lire ici). Alors, certes, Hélène Mandroux n'a pas la carrure politique ni même probablement le mépris hyperbolique des autres caractérisant "big Georges" auquel elle s'était in fine opposée... Mais un élevage politique de tant d'années dans les pratiques antidémocratiques d'un mégalomane poussant aux limites les plus caricaturales les traits du social-capitalisme du PS jusqu'à indisposer celui-ci, laisse des traces indélébiles. Beaucoup de ce que relève la Chambre Régionale des Comptes a à voir avec cette histoire de la gauche locale mais aussi avec les dérives du PS en son entier, loin des rivages d'une démocratie au service de la population, spécialement des plus démunis !

Il nous reste à déplorer, une nouvelle fois, que le PCF de L'Hérault (contre sa propre section montpelliéraine) soit embarqué dans une telle galère discréditant l'idée de gauche auprès de larges couches de la société, à un moment où le FN nous la rejoue "tous pourris" : les prochaines élections municipales pouvaient être une occasion décisive, pour lui, de mettre fin à ce qui, règle majoritaire et solidarité de gestion avec le PS et le Modem obligent, participe de compromis politiques datant du frêchisme et reconduits avec constance avec les néo-frêchistes réintégrés dans l'appareil socialiste. 
Les révélations de L'Agglorieuse tombent au plus mauvais moment pour la direction communiste qui a cru bon de mettre en avant l'idée de "majorité de gauche" avec le PS, pour l'élection de 2014, contre ses propres alliés du Front de gauche : attendons avec impatience de voir si, dans cette logique d'union "à tout prix" (jamais si bien nommée), Michel Passet et ses camarades monteront au créneau pour réfuter le rapport de la Chambre Régionale des Comptes et assurer leur camarade socialiste maire de Montpellier de leur indéfectible soutien... En continuant à fermer les yeux sur des dépenses qu'ils auraient dû, en bonne logique de gauche, être les premiers à dénoncer par leurs élus municipaux car elles sont aux antipodes de la politique de rupture qu'ils préconisaient et continuent à préconiser ... pour le Front de gauche mais en quelque sorte contre lui !
Le NPA 34 maintient sa proposition, pour les élections comme sur le terrain social, d'une unité de gauche indépendante de bout en bout du PS car elle seule ouvre la possibilité de s'opposer, à Paris comme à Montpellier, à un gouvernement ayant dilapidé en un temps record le peu de légitimité populaire qu'il pouvait avoir. S'opposer ou se soumettre au PS, le PCF ne peut continuer à marier, d'une part, la carpe de l'austérité et de la gestion procapitaliste des choses, fort gaspilleuse, à l'occasion, au profit de quelques heureux ... élus, et, d'autre part, le lapin du refus antilibéral/anticapitaliste de cette orientation. 

Elémentaire, non ? Et respectueux des gens auprès de qui l'on sollicite l'appui...

(1) Montpellier apparaît comme la plus pauvre des huit plus grandes villes françaises : avec seulement 16 198 € de revenu moyen elle ne se classe que 112e au classement national. Les inégalités entre plus pauvres et plus riches y sont également constatées : les 10 % plus aisés augmentent leurs revenus de 5,3 %, là où les moins bien lotis en perdent 6,4 % (lire ici). Montpellier affiche un taux de pauvreté de 27% concernant 29 853 ménages (lire ici). Tout récemment la police expulsait manu militari un couple de retraités d'un quartier populaire en difficulté financière auprès du bailleur social de la ville provoquant la réaction indignée de dizaines de personnes regroupées devant les grilles du tribunal où étaient convoqués les empêcheurs d'expulser en rond... (lire ici).

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