Pour Michel Passet (PCF), les socialistes mènent une politique de gauche à Montpellier...



... il se prononce donc pour l'intégration du PCF dans la liste conduite par... le fossoyeur (de gauche ?) de la régie publique de l'eau, JP Moure !

 Lire ci-dessous les commentaires du NPA 34

 
L'Hérault du jour du 16 octobre 2013





Commentaire du NPA 34

Par cette entrevue, Michel Passet, secrétaire départemental du PC, se décide enfin à sortir des discours biaisés qu'il tenait jusqu'alors sur le choix entre les deux options qui traversent le Front de Gauche pour les municipales à venir : le rassemblement (avec le PS) ou l'autonomie (avec les autres partenaires du Front de Gauche) pour le premier tour (au second tour ce sont ceux-ci qui ... à leur tour jouent de biais sur l'intégration ou non dans la liste du PS dans le cadre d'un accord dit "technique"). Visiblement Michel Passet n'attendait qu'un signal venu d'en haut, celui du secrétaire national de son parti, pour basculer ouvertement vers ce qui a, de tout temps, eu sa préférence, et, jusqu'à il y a peu, celle de la majorité des communistes de Montpellier : la participation indéfectible aux majorités avec le PS. Que ce soit à la mairie de Montpellier, avec rien moins que le Modem d'un Dufour, mais aussi, sous une forme plus classique d'union de la seule gauche, dans d'autres mairies du département, à l'agglo de Montpellier, au Conseil Général et, à la région, avec Georges Frêche lui-même et ses actuels héritiers, c'est tout cela qui, par-delà Montpellier, est de fait labellisé "de gauche" par notre homme. 

Chacun jugera du sérieux d'une telle caractérisation, en particulier au surlendemain d'une guerre totale menée par les socialistes à l'agglo de Montpellier contre le retour en régie publique de la gestion de l'eau défendu âprement par ceux qui se sont reconnus dans le Collectif Eau 34. On relèvera au passage, triste ironie politique, que le positionnement auquel invite Michel Passet pour la municipale de Montpellier, l'amènera, lui et les candidats communistes, partisans déclarés de la régie publique, qui le suivront, à se placer sous la houlette du maître d'oeuvre du maintien de la Délégation de Service public de l'eau, qui vient d'être désigné tête de liste du PS ! 

Le plus important reste cependant que Michel Passet crée aujourd'hui une fracture béante au sein du Front de Gauche puisque le PG et la section du PCF de la ville (ainsi que GA-Fase) ont opté pour présenter une candidature indépendante du PS au premier tour : il est fort probable donc que Montpellier offre le spectacle d'une opposition entre des tenants du Front de Gauche alignés sur le PS dès le premier tour et des candidats du Front de Gauche tirant à boulets rouges sur ledit PS avec les dommages collatéraux induits chez leurs camarades communistes embarqués dans cette galère.

Le NPA 34 ne peut se réjouir d'une telle cacophonie dans un contexte de grave discrédit, occasionné par le gouvernement, de l'idée même de gauche : que des camarades du Front de Gauche contribuent au confusionnisme ambiant dont cherche à profiter le FN est absolument désolant. Les lutteurs en faveur de la régie publique de l'eau, les Sanofi acharnés à défendre leur emploi et une autre logique de la santé, les enseignants et parents mobilisés contre les mauvais coups de Peillon, les étudiants de Paul Valéry battant en brèche l'austérité néosarkozyenne qui s'abat sur eux et tant d'autres qui luttent en faveur des Roms, des sans-papiers, des sans-logis ou des mal-logés, les soutiens à la Palestine refusant l'appui du PS à Israël, etc. tous ceux qui subissent l'alignement du gouvernement sur les logiques capitalistes méritent une gauche qui s'unit, sans atermoiements, contre le parti qui relaie cette politique localement. De ce point de vue-là, il n'y a aucune césure entre l'échelon municipal et l'échelon national et il n'y a donc pas à pratiquer le double langage qui permet de s'unir ici avec ceux qui appuient là-bas, pour ne prendre que cet exemple emblématique, une réforme des retraites en totale continuité avec les contre-réformes de la droite !

Pour sa part, suite à la rencontre de juillet avec le PG et pour répondre à sa main tendue récemment sur les municipales, le NPA 34 a donné son accord (validation par sa Coordination Départementale hier soir) pour rencontrer ce parti à nouveau tout prochainement. Comme nous l'avons toujours défendu nous sommes pour une unité dans les luttes et dans les élections pour autant qu'elle rompe avec les pratiques de "l'entre-deux" dont la principale composante du Front de Gauche vient de donner aujourd'hui un lamentable exemple. La question de l'indépendance vis-à-vis du PS est aujourd'hui un test politique incontournable. La dernière élection de Brignoles, dont a profité le FN, l'a indiscutablement montré : être soutenu par le PS a valu au candidat du PC de sombrer corps et biens ! Que dire donc d'une intégration dans une liste conduite par lui ! 

Nous proposons à la municipale de Montpellier, en opposition claire avec la position de Michel Passet, d'affirmer qu'au premier comme au second tour, nous n'avons rien à voir avec le PS, rien à voir d'autre qu'un rapport d'opposition intransigeante à sa politique d'austérité. Ici et là, ici et là-bas... C'est ce dont nous souhaitons discuter avec le PG mais aussi avec tous ceux qui, associatifs, syndicalistes ou sans-partis, sont d'accord avec cette perspective de relance d'une gauche qui ne transige pas avec l'ordre capitaliste et ses serviteurs !

PS : nos camarades de GA 34 viennent de se prononcer sur les déclarations de Michel Passet : Nous ne partageons pas le point de vue de Michel Passet. Il faut une liste du Front de Gauche à Montpellier !

Nous retrouvons dans ces lignes bien de nos préoccupations mais nos camarades de GA découvrent aujourd'hui, avec le positionnement proPS du dirigeant communiste, la portée particulièrement délétère d'une contradiction qu'en tant qu'anticapitalistes ils ont particulièrement sous-estimée. Nous regrettons qu'une telle sous-estimation, relevée en son temps par le NPA, n'ait pas permis aux anticapitalistes de déployer pleinement, ces derniers mois, leurs propositions sur le champ politique. Mais, au bout du compte, l'expression désormais ouvertement critique de GA envers le ralliement des communistes partisans de Michel Passet au PS, pourrait être prometteuse d'une décantation politique qui devient urgente au fur et à mesure que le rejet du PS s'accroît. Il nous faut cependant attirer l'attention sur le maintien par GA du flou sur la question du second tour des élections municipales : écrire, comme le font ces camarades, "qu'il y a deux tours et rien ne justifie de s'allier derrière le PS au premier tour, surtout dans une ville comme Montpellier" laisse entendre qu'au second tour cette alliance est possible. Avec un tel implicite, malgré la critique adressée à Michel Passet, GA 34 reste prisonnière du jeu tactique ambigu qui a été le sien depuis son entrée au Front de Gauche. En ce sens-là elle n'a pas encore pris la mesure du désastre politique que des camarades du Front de Gauche sont en train de dessiner par leur rapprochement maintenu, car il s'agit bien d'un maintien et d'une continuité structurelle, avec le PS, dans le contexte d'un discrédit majeur des socialistes. Michel Passet reste de fait dans la logique de son soutien au financement de l'enseignement privé cher au PS, de la défense, par une élue communiste, en tant que rapporteur, de la Délégation de Service Public de la crèche Joséphine Baker, etc. Or la seule chose vraiment nouvelle serait qu'au Front de Gauche le nœud gordien des alliances soit enfin clairement tranché et qu'ainsi s'affirme une gauche qui, disant ce qu'elle fait et faisant ce qu'elle dit, commence à assécher le bourbier politique dans lequel pataugent trop de gens de gauche. Le NPA 34 est disponible pour concrétiser une unité de combat contre la droite et l'extrême droite qui ne peut passer que par une opposition de tous les instants (au premier comme au deuxième tour ainsi que dans les luttes !) au gouvernement et aux partis qui le soutiennent ! C'est cette proposition qu'il fait au PG; il l'adresse volontiers à GA 34.


Edito : Autonomie ou opposition ?
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« C’est le moment d’affirmer notre autonomie ! » a lancé Jean-Luc Mélenchon en clôture de la convention du PG consacrée aux élections 2014, en réponse à Pierre Laurent qui prône le rassemblement avec la majorité gouvernementale. Et de dénoncer la politique et les capitulations du gouvernement, « voilà pourquoi il faut se fâcher et maintenir, quoi qu’il en coûte, le feu de la colère. »

Jean-Luc Mélenchon module cependant sa colère. Celle-ci se concentre sur les grandes villes de plus de 100 000 habitants — ailleurs, il faut voir selon les situations — et principalement sur Paris. « Je déplore l’exemple désastreux qui sera donné si, à Paris, un des partenaires décide de quitter le Front de gauche pour une liste d’union », a-t-il affirmé tandis que Danielle Simonnet, tête de liste PG dans la capitale, estimait qu’en « aucun cas on ne peut troquer l’Humain d’abord pour quelques places d’abord ». Mélenchon brandit la menace : « Personne n’est obligé d’être membre du Front de gauche. C’est un choix libre. On vient si on est d’accord avec l’indépendance ! »

La crise est sérieuse puisque sur Paris, la majorité du conseil départemental du PCF s’est prononcée pour des listes d’union avec le PS. Les militants trancheront cette semaine. La crise est sérieuse et vient souligner et accentuer la contradiction qui taraude le Front de gauche : être dans la majorité gouvernementale ou s’opposer à elle, il faut choisir. Malheureusement, Mélenchon lui-même ne choisit pas. L’autonomie du 1er tour vise à construire un rapport de forces pour négocier le rassemblement au second. Pour notre part, nous militons pour un tout autre rassemblement, le rassemblement d’une opposition de gauche à ce gouvernement des riches et des patrons. Dans bien des villes, nous discutons avec nos camarades du PG, parfois du PCF, de construire des listes pour les élections municipales. Non seulement des listes autonomes mais d’opposition à ce gouvernement et à la politique que sa majorité met en œuvre au niveau de tout le pays, indépendantes au premier tour comme au second, des listes qui soient des outils pour porter « le feu de la colère » dans les mobilisations, pour imposer nos droits.

Le texte sur le site national du NPA 

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Extrait de la lettre adressée au PG par le NPA 34
 NPA 34, NPA