Sanofi : paroles de patron, paroles de salariée, paroles de ministre...


Paroles de patrons :
"Arnaud Montebourg est un champion de l’industrie... il croit profondément au Made in France, à l’industrie, et je pense qu’il faut y voir un avantage"
(Chris Viehbacher, directeur général de Sanofi)
Paroles de salariée :
(France Inter, 13 novembre, émission "Interactiv", invité Arnaud Montebourg).
 
- Marion nous appelle de Montpellier -   
"Bonjour, je m'appelle Marion, je suis salariée de Sanofi. Sanofi qui a fait 8,9 milliards de bénéfice en 2012, veut supprimer des centaines de postes dans la recherche en France dans le seul but d'augmenter les dividendes de ses actionnaires. Ce sont clairement des suppressions de postes à visée boursière. Comment expliquez-vous Monsieur Montebourg, que le PS ait refusé de voter, en Mai 2013, une proposition de loi contre les suppressions de postes à visée boursière alors que ce même PS, dans l'opposition en 2011, avait proposé au Sénat un texte allant dans ce sens ? "

Paroles de ministre :   
(Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, même émission, en réponse à Marion)   
"Nous ne voulons pas infliger aux entreprises des interdictions de s'adapter.(...)
(...) Le secteur de la recherche pharmaceutique est en crise, et Sanofi estime nécessaire de se restructurer. (...) Sanofi a accepté intégralement les conclusions de mon expert (...) Le site de Montpellier est maintenu. Il y a 200 personnes à qui on demande des mutations, c'est à dire de déménager. On est loin, selon moi, des sinistres que l'on est en train de vivre dans le secteur industriel..."
 La juxtaposition de ces paroles est éloquente. 
Entre le patron de Sanofi qui, quelques mois plus tôt, refusait de rencontrer le ministre (lequel s’était au départ si violemment opposé au plan social que l’Elysée avait été obligé de reprendre les discussions avec Chris Viehbacher, celui-ci refusant de voir à nouveau Arnaud Montebourg) et celle du ministre qui reconnaît maintenant le bien fondé de ce plan, lequel a véritablement changé ? Montebourg s'est platement aligné sur les exigences du dirigeant capitaliste et l'autre lui en sait gré. Rien de bien étonnant, en ces temps de social-libéralisme au pouvoir, même pour un personnage politique qui se présentait auparavant comme un porte-parole de la "gauche socialiste", et qu'on ne peut même plus classer à l'extrême-gauche de la droite.
Heureusement, il nous reste la parole de Marion, la parole des salarié-es qui ne lâchent rien, une parole qui évoque la nécessité d'un monde où l'intérêt général prime sur la volonté d'engranger des profits.
Merci Marion !

- L'émission sur le site de France inter : ICI (la question de Marion à partir de 2mn 19s.)

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npa 34