Education. Le Rectorat de Montpellier mène en bateau les enseignants stagiaires


 Non à la tentative de soumettre les règles de titularisation et les statuts des personnels au bon vouloir des autorités !

[A lire ci-dessous A notre avis]







Formation des enseignants. Dans l'Académie de Montpellier, les fonctionnaires stagiaires déjà titulaires d'un Master devront repasser les examens, dénonce la FSU. Le Rectorat tempère.
Les rythmes scolaires ont fait couler beaucoup d'encre en cette rentrée 2014. Ce n'était pourtant pas la seule révolution de septembre. Car cette année sonne le grand retour de l'alternance pour les enseignants stagiaires.

En 2008, lors de la réforme de la formation élevant le niveau de recrutement de bac +3 à bac +5, l'année durant laquelle les stagiaires qui venaient de réussir le concours partageaient leur temps entre classe (un tiers du temps) et retour d'expérience (deux tiers du temps) avait été abandonnée. La masterisation, même si elle avait été réclamée par les syndicats pour une meilleure reconnaissance du diplôme, s'était donc traduite par une baisse de la professionnalisation et une précarisation des étudiants, la fameuse P2 étant auparavant rémunérée
Après de nombreuses moutures plus ou moins réussies - certaines années, les jeunes profs s'étaient retrouvés en charge d'une classe sans avoir jamais ou presque été déjà confrontés à des élèves - le gouvernement a une nouvelle fois revu sa copie. Avec le "concours rénové", les étudiants passent désormais leurs épreuves en fin de première année de master (M1, la quatrième année d'études) et partagent leur deuxième année (M2) à mi-temps entre la classe et la formation. Retour de l'alternance professionnalisante et de la rémunération ! Cliquer ici

A notre avis

Que les lecteurs peu au fait des arcanes de la titularisation des jeunes profs ne se laissent pas désorienter par le jonglage des sigles, des années et... des personnes (une première année de master, M1, qui est une quatrième année d'études, ou encore des étudiants ayant un M2, une deuxième année de master... qui est une cinquième année d'études, à qui on demande de passer un nouveau M2 pour qu'ils puissent être titularisés !) : la réalité est des plus simples et illustrative de ce qu'est la gestion des personnels dans une Education Nationale qui perd ses repères fondamentaux, entre autres, l'intérêt des élèves de collèges et lycées (cela vaut pour le primaire et les maternelles) à avoir des profs, qui plus est, de jeunes profs, bien dans leurs baskets, autrement dit dans leur statut, dans leur métier. 

En l'occurrence, pour ce que nous décrit l'article de L'Hérault du Jour, le Rectorat de Montpellier, profitant des marges que lui concède le Ministère de l'Education, change les règles du jeu en cours de formation de ces stagiaires. Au lieu de se plier à la réalité des qualifications acquises par ceux-ci, à savoir ici le fait qu'ils possèdent déjà le niveau requis pour être titularisés, le M2, ne voilà-t-il pas qu'on s'avise de leur demander de bien vouloir en repasser un autre, postulé à retardement plus professionnalisant ! Outre qu'il aurait été élémentaire de s'aviser de la chose avant que ces stagiaires ne soient engagés précisément dans leur stage, ce qui, ayant été raté, démontre un côté amateur mal venu pour faire la leçon professionnelle aux autres, il faut noter surtout la volonté rectorale d'accentuer la logique de régionalisation que le ministère autorise. 

On touche ici du doigt ce que les déconcentrations et autres décentralisations administratives peuvent autoriser comme arbitraire technocratique contre les personnels : arbitraire par ailleurs parachevé par la proposition paradoxale d'assouplissement qu'avance le Rectorat pour désactiver le tollé, en particulier syndical, soulevé. En effet, de manière très perverse, "on" admet qu'il y a bien quelque chose qui cloche et déstabilise des profs débutant dans le métier et l'on propose de voir "ça" ... au cas par cas : autrement dit on aggrave encore le pouvoir discrétionnaire des autorités administratives, relayées par les autorités académiques, sur, excusez du peu, la validation finale des cursus et la titularisation de ces profs : "Chaque dossier sera étudié au cas par cas en fin d'année par un jury académique qui se fondera sur les avis de l'inspecteur académique, le chef d'établissement et le directeur de l'Espé (Ecole supérieure du professorat et de l'éducation)." Nous avons là l'exemple typique de ce dont est porteuse une conception "managériale" (avec "inspecteur", "chef" et "directeur" en pôle position) des recrutements, totalement à l'opposé de ce que sont les règles du service public et les garanties de droits qui lui sont inhérentes. Avec les syndicats il faut refuser ce qui se profile en effet comme un test majeur de la part des autorités rectorales (probablement suivi avec attention et gourmandise par les sociaux-libéraux qui nous gouvernent) pour individualiser, en prélude à des pratiques de contractualisation, ce qui doit rester impérativement soumis aux règles statutaires, sous contrôle syndical, de gestion et de recrutement des personnels. L'alerte est chaude, la mobilisation doit monter en pression. De leur Education néolibérale, on n'en veut pas...

Antoine

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