samedi 20 septembre 2014

Mélenchon prend de la distance pour en appeler directement au peuple, le Front de Gauche reste éclaté...


 ... c'est par où la voie de l'alternative aux impasses antilibérales pour construire l'alternative au capitalisme ?

[A lire ci-dessous : en débat avec Ensemble (Front de Gauche)]

  


Les dernières séquences électorales ont percuté Jean-Luc Mélenchon. Loin de passer devant le PS comme il le prétendait, le Front de gauche n’a obtenu qu’un peu plus de 6 %. Un échec qui est aussi le bilan d’une politique qui n’a pas voulu clarifier la question de l’indépendance vis-à-vis du PS...

Lorsque le PCF s’est allié au PS aux dernières élections municipales, le Front de gauche a explosé, et ce n’est pas la recherche d’alliance avec les Verts qui pouvait constituer une alternative à la politique du gouvernement. Là aussi échec. 

Du coup, la formule initiale du Front de gauche est « caduque ».
Mélenchon déclare aujourd’hui qu’« il ne veut plus rassembler la gauche mais le peuple », et se référant à l’expérience de Podemos dans l’État espagnol, il prend du champ, se situe au-delà des partis… et lance un nouveau projet : un « Mouvement pour la VIe République ».


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Note du blog NPA 34 : précision sur Podemos. Mélenchon oublie que cette force politique s'est constituée d'emblée en rupture avec le parti socialiste espagnol (le PSOE) dont elle n'hésite pas à dire qu'il fait partie, en doublette avec le Parti Populaire (droite libérale-ultraconservatrice), de la "caste" qu'il combat. Il n'y a aucune trace dans Podemos de têtes chercheuses en direction d'une gauche "frondeuse" du PSOE qu'on interpellerait, comme font le PC et Mélenchon envers les "frondeurs" français, pour qu'elle s'affranchisse de sa direction ! Par ailleurs, autre "négligence" de Mélenchon : Podemos s'est construit en extériorité de l'équivalent espagnol du... Front de gauche (Izquierda Unida, IU, où le PCE est hégémonique). Au contraire, si l'on peut dire, il est le fruit d'une convergence d'un secteur des Indignés et d'un groupe d'universitaires radicaux avec Izquierda Anticapitalista (IA) qui est l'organisation en solidarité politique avec ... le NPA (Teresa Rodríguez, élue en position 2 de la liste de Podemos au Parlement européeen, est membre d'IA) ! On notera, au passage, l'ironie que cette organisation s'appelle Gauche Anticapitaliste : elle a procédé exactement à l'envers de la GA française (aujourd'hui dans Ensemble) qui a rejoint le Front de Gauche (dominé par le PC). Izquierda Anticapitalista est, elle, sortie d'IU il y a quelques années pour travailler à l'émergence d'une radicalité assumant la rupture avec les jeux institutionnels et travaillant à susciter un fort mouvement social indépendant des appareils syndicaux et politiques. Toutes choses que le Front de Gauche s'est refusé à faire et qui expliquent en grande partie son échec et l'impuissance des anticapitalistes d'Ensemble à peser sur cette situation d'échec (voir ci-dessous En débat avec Ensemble). 

A lire aussi 


Extraits de la discussion d'un membre du NPA 34 avec un militant d'Ensemble (sur un blog de Mediapart)
N'est publié ici que le positionnement du premier; pour retrouver l'intégralité de l'échange, cliquer ici
Enfin, pour ceux qui n'ont pas le temps de lire tout ce texte, nous avons mis en gras les passages constituant des blocs synthétiques.

Ensemble étale son impuissance à peser sur les conflits bureaucratiques qui, depuis le début, ont fait du FdG une auberge espagnole des stratégies d'alliance avec le PS et de tentatives d'alliance avec une opposition introuvable dans le PS et dans EELV. Qu'il est loin (mais toujours cruel) le grand discours des anticapitalistes du FdG sur la dynamique populaire irrésistible (avec prise de la Bastille et tout et tout) autour de Mélenchon pendant que pourtant "ça continuait à gérer", dans ledit FdG, avec le PS) !

On comprend qu'Ensemble mette du temps... à consolider son existence. Sauf qu'il n'a pas encore consolidé son bilan politique désastreux pour ses "courants divers, issus notamment de la gauche révolutionnaire et internationaliste" qu'il rassemble, paraît-il (il faut compter parmi eux Clémentine Autain ?). Bilan qui le réduit à faire de la figuration continue devant les jeux d'appareils internes au FdG qu'il a sous-estimés en s'agrippant au mythe du "grand soir" électoraliste. Grand soir évidemment pas très "révolutionnaire" (Mélenchon hypermitterrandolâtre) ni très "internationaliste" (Mélenchon hyperpatriote bleu-blanc-rouge) !

Bien entendu le bilan du NPA n'est pas réjouissant. Aucune force politique se réclamant de l'alternative ne peut se réjouir de son bilan. Mais la nuit, en politique, tous les chats ne sont pas gris. On a assez glosé sur l'échec du NPA et les composantes d'Ensemble ont largement participé à cette glose pour monter en épingle leur choix stratégique qui vient finalement de faire faillite. Donc le problème n'est pas exactement là  : le NPA n'a pas connu "le grand élan" qu'a connu le FdG et on peut revenir sur les raisons de ce grand élan qui a en fait beaucoup à voir avec la grande chute actuelle. Donc il ne sert à pas grand chose de se consoler en renvoyant la balle à l'échec du NPA : sa situation sur l'échiquier politique n'est pas la même que celle du FdG. En clair, et c'est ce qui a constitué l'illusion de GA et maintenant d'Ensemble : le postulat qu'il faut être là où sont les "masses" (et là déjà, il y a faiblesse de diagnostic), indépendamment de ce que ce "lieu" présente comme balises (bureaucratiques et électoralistes) et par phobie de la marginalisation politique, ne règle rien à ce risque de marginalisation. Le NPA s'est retrouvé marginalisé parce qu'il était trop indexé sur les aléas du mouvement social qui est la clé de voûte de sa stratégie. Ce "trop" peut sembler étonnant mais il dit qu'un parti anticapitaliste doit pouvoir résister (pas facile certes) aux reflux sociaux comme on l'a connu après l'échec du mouvement des retraites de 2010. Au passage d'ailleurs, Ensemble (ceux qui l'ont formé par la suite) a sous-estimé (dans le meilleur des cas) ce que cet échec doit aux composantes qui ont intégré le FdG (syndicalistes de ce qui allait devenir le Front des luttes qui ont participé à l'épuisement du mouvement ou Mélenchon proposant un référendum en diversion de la construction d'un mouvement ... d'ensemble contre les directions syndicales). Mais, quant à l'état actuel du FdG, il se retrouve, lui aussi, marginalisé et éclaté, non par ce qu'il aurait été trop indexé sur le mouvement social mais pour les raisons exactement inverses. Et cela change beaucoup de choses : le FdG a en effet toujours donné le primat aux jeux institutionnels (les élections : et si cela vaut surtout pour le PC... cela vaut aussi pour le PG !) au détriment des mobilisations et luttes et n'a jamais rien eu à proposer sur le plan des convergences de celles-ci. Oh, certes, les militants du FdG sont dans les luttes, les dirigeants saluent les luttes mais où lit-on que le FdG contribue à favoriser les convergences, à reconstruire un mouvement social se dotant de ses propres modes de fonctionnement sans s'accrocher à aucun wagon électoral, etc. ?

Là est, pour moi, la carence majeure, radicale, d'Ensemble : il est resté dans des rapports diplomatiques, tout en pas de deux, envers les composantes bureaucratiques du FdG et, par là, s'est retrouvé piégé et marginalisé, car il ne fait pas le poids (surestimation de soi), par la guerre des "gros" : il n'a pas pu, pas voulu bousculer les règles du jeu qui ont subordonné tout à la candidature Mélenchon et jouaient, jusqu'à il y a peu, à oublier qu'au FdG on faisait tout et son contraire avec le PS. Le débat de fond sans cesse différé avec la complicité d'Ensemble, a fini par exploser. Et Ensemble qui n'a rien vu venir, n'a rien fait pour voir venir, est aujourd'hui inaudible, illisible, inutile, dans le désarroi qui gagne les bases du FdG. 

Alors bien sûr, le NPA n'a pas ouvert la voie royale de la politique mais peut-être faudrait-il, avec une modestie qui a beaucoup fait défaut à Ensemble, commencer par se regarder soi-même et peut-être reconsidérer certains choix stratégiques. Avec le NPA et quelques autres... Avec, disons, un minimum d'indépendance politique qui, il est vrai, n'est pas un chemin parsemé de roses. Mais depuis quand la lutte des classes passe par ce type de chemin ? Le "confort" du train mélenchonien n'a pas empêché qu'il déraille et qu'il cherche de nouveaux rails qui devraient interpeller tout anticapitaliste embarqué dans ce train. Entre, d'une part, le projet en filigrane du "líder máximo" battant campagne autour de sa personne délestée des travers du FdG et, d'autre part, celui du PC (mais j'entends bien qu'Autain d'Ensemble l'envisage aussi sérieusement) cherchant TOUJOURS à rassembler ce qui traîne dans le PS d'oppositionnel (défense de rire) pour redresser tout le PS, il serait heureux que les militants d'Ensemble trouvent...une alternative à leur impasse !

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Tu dis "Ensemble propose des assises pour un Front de gauche à élargir au NPA et à EE-LV et à la gauche du PS et aux syndicalistes intéressés."

Ah bon, EELV n'est plus dans une logique de proximité, à défaut de participation gouvernementale, avec le PS ? On en reparle sur le vote de confiance à Valls prochainement. Peut-être oseront-ils... l'abstention qui, jusqu'à preuve du contraire, n'est pas un vote contre !

Décidément Ensemble...mais avec qui ? Avec le PC mais plus tout à fait, avec le PG mais ce n'est plus évident, dans le Front de Gauche mais avec qui ? Et maintenant avec EELV ! Et même avec les "frondeurs" socialistes qui vont aller jusqu'à s'abstenir aussi...Tant d'audace et de radicalité politique donne le vertige !

A ces assises il faudra être bien assis pour ne pas dévisser politiquement...

Surtout quand on voit Clémentine Autain, porte parole d'Ensemble, réduite à s'émerveillee que celle qui a participé au gouvernement parle maintenant comme le FdG : "Clémentine Autain dit lire dans le livre de Cécile Duflot qui vient de paraître ce que dit le Front de gauche depuis deux ans." (lire ici) Il en faut peu à certains d'Ensemble pour se rassurer et dessiner des sorties de crise partidaire : toujours à la recherche des institutionnels en place qui tactiquement jouent au yoyo avec le PS mais qui n'ont de cesse de répéter que c'est avec lui qu'ils feront. Juste en le recadrant. Bref comme veut faire Laurent. Et Ensemble qui joue les suivistes...

Quelle différence entre C Autain et Laurent dont Mediapart dit qu'il "défend un retour de la gauche plurielle moins le social-libéralisme, avec des écologistes et des socialistes en désaccord avec les orientations du pouvoir actuel ? À la fête de L’Humanité, le week-end prochain, il fera bon accueil à Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse, comme à Christian Paul et aux « principaux frondeurs ». Et Laurent ne cache pas sa volonté de mettre en scène les convergences. « C’est un moment pour concrétiser des actions, des discussions sur l’alternative gouvernementale, dit-il. Le Front de gauche a un rôle de premier plan à jouer. À nous d’être audacieux et de ne pas attendre que se déroule le scénario dramatique déjà annoncé par les sondages. » Pour la direction communiste, l’union de la gauche reste la voie la plus réaliste de sortie de l’impasse, loin des espoirs de « révolution citoyenne » de Jean-Luc Mélenchon" (lire ici). L'alternative gouvernementale par la reonstitution de l'union de la gauche de si touchante mémoire (Le Pen au second tour !). Avec Duflot, C Paul, etc. ?

Anticapitalistes d'Ensemble, ça va toujours ?

Mediapart doit sûrement calomnier quand il rapporte que "À mi-chemin entre PCF et PG, la troisième composante du Front de gauche, les anticapitalistes d’Ensemble ! (rassemblement d’anciens communistes rénovateurs et d’anciens de la LCR et du NPA) cherchent une troisième voie compromissoire. « Nous sommes aujourd’hui en tension entre la nécessité d’occuper un espace politique distinct de la gauche gouvernementale et la difficulté de ne pas tomber pour autant dans la logique de cordon sanitaire avec le PS », explique Clémentine Autain." Pas de cordon sanitaire avec le PS ? Ah bon, c'est anticapitaliste ça ? Surtout quand cela se précise : "Pour elle [Clémentine Autain] , le modèle à suivre doit être celui des collectifs antilibéraux de la campagne du référendum de 2005 : « Être clair sur notre positionnement et créer des passerelles », jusqu’à des socialistes (comme Fabius, Emmanuelli ou… Mélenchon". Ah bon, avec Fabius et Emmanuelli qui ont toujours su fricoter un pas à gauche du social-libéralisme pour revenir trois pas à droite pour voter l'essentiel du programme social-libéral ? Quand on y pense : vous voulez créer des passerelles avec le chef de la diplomatie hollandaise qui entérine la logique impériale de la France de par le monde (Mali, etc.), qui est inscrit dans la logique européenne libérale, et qui, in fine, est solidaire de toute la politique gouvernemental.

Dis, pourquoi tu tousses Ensemble ?

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Le FdG n'est pas homogène. Ensemble non plus. Entendons-nous bien : quand je dis homogène c'est sur la frontière stratégique du rapport au PS. Autain, une de vos porte-paroles, est pour des passerelles avec le PS, Fabius, etc. Pas toi et quelques autres. En attendant vous laissez dire "pas de cordon sanitaire avec le PS". Comme vous avez appris à faire depuis votre entrée dans le FdG, vous taisez les divergences dans Ensemble... jusqu'à ce qu'elles explosent. Cela promet...

Proposer des assises "avec ces groupes" ce n'est pas s'allier avec eux, dis-tu. Un peu de sérieux, s'il te plaît : si vous les invitez ce n'est pas pour tenir colloque universitaire. C'est pour explorer la possibilité de vous allier à eux. C'est devenu un tic, chez vous, de jouer sur les mots : tiens, c'est comme quand tu écris "EE-LV par une de ses porte-parole (meeting de l'Université d'été d'Ensemble)  au moins se situe en opposition au gouvernement". Que c'est tarabiscoté: Autain dit vouloir s'allier avec EELV, toi, tu dis, qu'une partie d'EELV, etc. Mais quelle partie d'EELV dit clairement qu'elle rompt avec le PS ? En fait Joly et Bayou disent qu'il faut rompre avec le PS de Hollande-Valls pour faire alliance avec un PS "recentré à gauche". Avec Lienneman, Germain, Guedj, Amirshahi, Cherki, Maurel, Romagnan ... qui ont tous voté la réforme ferroviaire que les cheminots ont contestée par la grève (cliquer ici) ! Mais Joly et Bayou lorgnent aussi vers Montebourg et Taubira (lire ici). C'est cela la perspective stratégique d'Ensemble ?


Les "frondeurs" sont la réponse du PS à son propre discrédit : ils sont là, comme Montebourg sorti du gouvernement, pour neutraliser sur la gauche les gogos qui courent après une gauche introuvable. Cela fait gagner du temps. Pendant que Laurent, Mélenchon et Ensemble traquent, avec Filoche, le socialiste ++, le socialisme -- avance ses pions. Cela s'appelle de la diversion face à l'objectif essentiel auquel le FdG a renoncé depuis le début car il est électoraliste : le travail pour reconstruire et relancer le mouvement social. Pas facile ? Mais la facilité donne ce que l'on voit de pagnolesque au FdG.
Quant au danger Le Pen, là aussi tu tombes à pieds joints dans les trucs qui favorisent les passerelles de tous types avec des gens dont la politique est celle qui favorise le FN : l'austérité que EELV et les frondeurs, en acte, loin de certaines de leurs paroles, soutiennent ! En rapprochement plus ou moins poussé avec l'état major social-libéral. Voir sur ce sujet du FN : Front National. "Hou, Manuel, fais-nous peur !"

L'exemple des comités antilibéraux c'est l'exemple de leur échec: où sont Bové et compagnie ? Marie-George Buffet ? Et Mélenchon ? Et Fabius en qui des antilibéraux ont tant cru ? Le NPA n'en fait pas un modèle à reconduire car c'est une impasse. Comme l'union de la gauche. Percutés par "l'institutionnalisme" ! C'est en effet une divergence majeure entre nous : la question du cordon sanitaire avec le PS vaut pour tous ceux qui, même "frondeurs", jouent une partition social-libérale avec seulement une division des tâches qui fait leur (petite) "différence avec la direction.

Le travail à faire c'est aider le mouvement social à se reprendre de l'échec de 2010. Une fois cela en route, le laisser développer sa logique propre en lui présentant des propositions politiques, jamais en le bridant ni en l'instrumentalisant électoralement sur la base de sa défaite (tactique du duo directions syndicales/FdG). Refuser ce schéma c'est se laisser gagner par les logiques du système: Mélenchon en a été victime consentante et un peu cocue, Ensemble aussi mais plus grandement cocu encore. Le NPA est victime de ses difficultés propres mais surtout des difficultés que le système, via l'austérité, la répression, l'idéologie consumériste ou individualiste, met à la constitution du mouvement social en acteur politique, je dis bien politique, autonome ! Il y a échec et échec : celui du NPA actuellement est celui de la recherche d'une alternative de rupture par le social face à laquelle le système en fait des tonnes; l'échec du FdG est celui d'une alternative ... d'alternance qui se laisse attraper par les ficelles du système. Ensemble est pris dans la seconde logique dans une sorte de mimétisme des travers congénitaux de la structure... d'ensemble du FdG. Myriam Martin ne dément pas Clémentine Autain. Match nul à Ensemble, vraiment nul ! Car Ensemble ne favorise pas le "tous ensemble" qui devrait être la seule référence des anticapitalistes. Un "tous ensemble" qui n'est pas là mais qu'il faut aider à retrouver, loin des mélenchoneries, laurenteries, lienemanneries, dufloteries, etc. Loin aussi des Clémentineries !
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Concernant la mobilisation contre le référendum européen de 2005, il y a la tentation de s'accrocher au modèle des Cuals sans reconstituer la séquence qui va du succès à l'échec. S'en tenir au premier sans cerner comment il a pu donner le second c'est se préparer à répéter l'histoire ou à mouliner dans le vent. La question de la clarification sur les alliances ne peut plus être une zone d'ombre comme dans ce temps-là : on ne peut pas faire comme si Bové n'avait pas rejoint Cohn-Bendit qu'il combattait la minute d'avant. On ne peut pas faire comme si Fabius n'était pas devenu ministre clé de Hollande alors qu'il "avait su" se déclarer plus qu'en fronde, en opposition ouverte à son parti.
 L'inconvénient d'Ensemble ce sont ses bilans tronqués qui, à partir de choses à changer dans le NPA, l'ont amené à prendre la ligne de pente la plus glissante et à se trouver aujourd'hui à se dépétrer, sans y arriver, dans les contradictions insolubles d'un FdG magnifié naïvement, et à se voir  gagné de l'intérieur même (cf Autain) par ces mêmes contradictions.

Je dois dire que tout ce que tu écris sur le cordon sanitaire avec le PS et l'unité à réaliser avec les frondeurs et EELV participe de cet ADN de la quadrature du cercle politique par lequel on s'économise la question du mouvement social. Celui-ci reçoit tous les hommages de papier possibles mais est périphérique dans votre stratégie : vous privilégiez le rapport au PS et à EELV car, de fait, vous entérinez que faire de la politique et neutraliser les tares du mouvementisme (qui guette au demeurant le mouvement social), passe par s'adresser à ces appareils ou bouts d'appareils institutionnels et adaptés au capitalisme. En tout cas, lis-moi bien, incompatibles avec un mouvement social d'ampleur ! L'échec des Cuals est justement dans cette dichotomie non maîtrisée (mouvement social/politique) et dans le basculement de fait dans les jeux d'appareils que paradoxalement "on" dénonçait : voir Bové se présentant en homme extérieur aux appareils. Voir Fabius sachant montrer qu'il pouvait s'affranchir du sien !

Tu évoques la conception de l'"autonomie" portée par le NPA ? Pardon, mais c'est un non-sens : le NPA porte la rupture avec le PS et la nécessité de la lutte frontale contre le gouvernement. Et donc contre le PS (qui est un parti de droite) y compris dans ce qu'il peut classiquement sécréter comme sa "gauche" pour maintenir dans son orbite ceux qui prétendent lui opposer une alternative (là est son truc de "gauche" : continuer à faire miroiter qu'il est de gauche).

Il est plus que significatif qu'à Ensemble vous en soyez encore, ou plutôt que vous soyez arrivés, à parler d'"autonomie", avec tous les guillemets du monde mais cela ne change rien sur le fond, envers le PS : je ne vous accuse pas de chercher du côté de son centre mais vous "travaillez" sur ses marges comme si lesdites marges ne travaillaient pas toujours pour le centre. En simulacre de conflictualité avec lui mais cela n'est pas nouveau dans l'histoire des socialistes.

Je comprends que vous ne puissiez pas aller plus loin que cette "autonomie", vous risqueriez de vous exposer à des problèmes avec Autain et tout ce qu'elle a entraîné dans son sillage à l'intérieur d'Ensemble : en fait des antilibéraux plus que des anticapitalistes et toujours indécrottablement accros à la recherche de la passerelle avec le PS. Bien sûr pas avec Valls mais avec ceux qui, au maximum, s'abstiendront sur la motion de confiance envers lui la semaine prochaine.

Le problème d'Ensemble est bien de savoir "ensemble avec qui" ? Cela commence par "avec (mais pas totalement) Laurent", cela continue "avec (ou pas) un Mélenchon qui en vient à jouer à 100% sa carte perso", cela continue "avec Autain (chut on n'en dit pas trop)'" et cela débouche sur "avec Lienemann, Paul, etc. qui votent la loi Valls du  rail contre l'attente des cheminots" Et même "avec Fabius et Emmanuelli (qui ... ?)".

Quelle vaste blague anticapitaliste...

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La question n'est pas de savoir si c'était bien de faire, lors de la campagne sur le Traité Constitutionnel, avec Bové et Fabius (au demeurant c'est bien d'avoir combattu avec eux contre ce traité). La question c'est "simplement" de tenir compte de la trajectoire, de cette époque-là à maintenant, de ces deux personnages. Au vu de cette trajectoire d'hier à aujourd'hui, il y a un problème à vouloir remettre ça AUJOURD'HUI, du moins comme veut faire ta camarade porte-parole Autain.

Antoine (ces lignes n'engagent que son auteur)

Note : ces lignes ont été rassemblées et modifiées pour donner une logique d'ensemble à ce qui, au départ, était un échange assez informel.

 NPA 34, NPA