samedi 11 octobre 2014

Traité Transatlantique. Journée européenne de mobilisation


Manifestation de Narbonne ce matin, premières photos depuis le coeur de la manif...
Stop Tafta, stop gaz de schiste !

Correspondance NPA 34










Photos : Michel pour le NPA 34










 
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Tafta. Une première victoire mais... l'ennemi n'a pas dit son dernier mot !

10 octobre

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 [A lire à la suite de cet article A notre avis]

À CHAUD

Les représentants des Etats membres ont décidé de «déclassifier» le texte sur lequel négocie la Commission européenne avec les Etats-Unis.    
    
Le contenu du traité transatlantique accessible à tous. Comme l'annonçait ce jeudi matin Libération, les représentants des Etats membres de l’UE ont décidé mercredi soir lors d’une réunion à Bruxelles de «déclassifier» le mandat de négociation sur lequel travaille la Commission pour aboutir à un accord de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis. La décision intervient à quelques jours d’une mobilisation européenne contre ce projet de traité appelé «TTIP» pour ses partisans, «Tafta» par ses opposants et dix jours après l’audition par les eurodéputés de la Suédoise Cécilia Malmström, nouvelle commissaire européenne au Commerce. Cliquer ici

A notre avis

 

C'est bien, comme le rappelle Libération dans l'article que nous mettons en tête de cette page, sous la pression d'une mobilisation grandissante dans la population  contre Tafta que l'Union Européenne se décide à publier le mandat que s'est donné (c'est le mot) la Commission Européenne pour négocier en secret ce traité avec les Etats-Unis. C'est donc là, le journaliste en minore la portée, avant tout une première victoire des opposants au Tafta. Rien n'est joué encore car c'est la logique de fond de cette Europe qui se révèle pleinement dans cette affaire : Libération fait trop la part belle à ce qui serait un beau réflexe démocratique d'institutions européennes sensibles, certes un peu à retardement, aux desiderata des peuples. Nous préférons, quant à nous, interroger ce mécanisme clé de ladite Europe qui a pu octroyer, en première intention,  ce pouvoir incroyable à une institution non-élue comme est la Commission Européenne (voir les piteuses actuelles tractations pour désigner les commissaires) de déterminer, excusez du peu, le mandat d'une négociation d'une telle importance. Mandat qui consacre, sans devoir rien au hasard, le primat, qui est la marque de fabrique de l'Union Européenne, des intérêts commerciaux et marchands sur toute autre considération ! Ne négligeons pas de souligner, à ce propos, que ce mandat avait été ratifié par le seul Conseil des ministres du commerce des États membres de l'Union. Ni le Parlement Européen ni les parlements nationaux, dont nous savons pourtant qu'ils n'ont rien de contre-pouvoirs, n'ont jamais été consultés ni ne se sont d'ailleurs jamais manifestés pour obtenir de l'être. Nécessité du secret oblige. La leçon est claire : l'Europe est telle qu'en elle-même, une construction d'élites politiques au service des élites économiques ! La publicité qu'elle veut bien se décider à accepter sur Tafta se fait malgré elle, à son corps défendant, car elle n'a pas encore tous les moyens politiques nécessaires à sa totale servilité envers les lois du marché, envers les intérêts du capital...Mais attention, elle vient de perdre une bataille, elle est loin d'accepter d'avoir perdu la guerre !

 

Et nos socialistes gouvernants qui "demandent depuis plusieurs mois à la Commission de rendre public ce mandat de négociation" ? Eh bien, concédons-leur ... qu'ils n'ont pas non plus les moyens d'une politique qui reste à l'unisson de cette Europe capitaliste : rappelons-nous en effet le superbe tour biaisé de l'abstention des congressistes socialistes qui avait permis que soit ratifié un traité de Lisbonne remettant en selle ce qui, trois ans auparavant, en 2005, avait été refusé (à 55% !) par référendum. Aujourd'hui, tout à leur basculement intégral dans une austérité à faire pâlir de jalousie le premier Sarkozy sur le retour, ils cultivent des résidus de leurs signes distinctifs d'antan, sociaux-démocrates. Histoire de se croire ou de se donner à voir de gauche...malgré tout : ainsi, oui, il fallait publier le mandat de la Commission Européenne... Et puis trois petits tours et puis s'en reviennent à leurs fondamentaux : "et que je te dénonce les corporatistes pilotes d'Air France, main dans la main avec le PDG aérien et sous force applaudissements gattazesques", "et que je t'envoie les flics contre les opposants du Testet", "et que je vais te casser les seuils minimaux dans les entreprises, les allocs des chômeurs et les allocs familiales"... toutes choses que, par ailleurs, la Commission Européenne adore ! Bref je te la joue "de gauche" (n'exagérons pas tout de même) pour Tafta, laisse moi m'éclater à droite (et t'éclater d'une bonne gauche de droite) sur le reste, qui est plus que du reste au demeurant pour le populo lambda...

 

Pour terminer sur le mode plaisant : remarquons cet art des "petits mots" qui en disent long sur "nos" socialistes, plus long qu'il ne faudrait. Ainsi lit-on dans Libération que "Fleur Pellerin, alors secrétaire d’Etat au Commerce extérieur avait déjà demandé en mai […] de «déclassifier» ce mandat de négociation puisqu’il a déjà «fuité» sur Internet"... Puisqu'il a déjà fuité : ne sent-on pas que, si cela n'avait pas déjà fuité, l'impératif de déclassifier n'aurait plus été aussi impératif ? Tiens, justement la locution négative ne... plus. Nous la retrouvons dans la bouche du successeur de Fleur Pellerin au Quai d’Orsay, Matthias Fekl, qui "expliquait devant les députés français qu’il «ne peut plus y avoir de mandat secret de négociation»". N'aurait-on pas préféré un sobre "il ne peut pas" tout à fait compatible avec un plus sonore "il n'aurait dû jamais, etc." ?

 

Allez, je vous l'accorde, je suis de mauvaise foi !

 

Antoine

 



NPA34, NPA