vendredi 28 novembre 2014

Projet Oxylane de Décathlon au nord de Montpellier... Comme prévu un avis favorable a été donné...


La bataille contre ce projet ne fait que commencer... Il nous faut nous y préparer sans perdre de temps !

[Lire ci-dessous C'est le moment de s'organiser et d'agir sur le terrain...]





C'est le moment de s'organiser et d'agir sur le terrain...

Les informations que nous donne Midi Libre ne doivent pas nous surprendre. C'était chronique annoncée d'un aval à ce projet : il était certes nécessaire de participer à l'enquête d'utilité publique. Cette démarche avait l'avantage d'être un premier objectif concret adapté à un début de mobilisation. Autour de cet objectif les argumentaires se sont affinés, précisés, suite aux discussions et autres échanges entre nous localement. Mais bien entendu il ne fallait pas espérer du commissaire enquêteur autre chose que ce qu'il a produit. Si une procédure d'enquête publique était destinée à donner la priorité aux avis des habitants, à valoriser leur légitimité, cela se saurait. 

La démonstration vient une nouvelle fois d'être faite que ce machin sert, pour ceux qui l'ont institué, à donner un vernis de légalité aux logiques habitationnelles, commerciales ou industrielles qui défigurent mais aussi, tout simplement, détruisent des espaces agricoles, des paysages, des équilibres touchant aux écoulements des eaux ou à la biodiversité, etc. Toutes choses qui n'ont pas un rapport nécessaire, voire pas de rapport tout court, au fric, car c'est de lui qu'il s'agit, en l'occurrence sa version hard de la profitabilité mercantile que d'aucuns appellent, sans fard, capitaliste ! La bataille perdue, reconnaissons-le sans naïveté, n'en était pas vraiment une. La bataille, la vraie est à venir et nous pouvons la gagner mais à certaines conditions. Nous sommes tout d'abord avertis, cela va aller relativement vite (à l'horizon 2015-2016) car, en face, ils le savent, le temps c'est le nerf de la... guerre ! Guerre qu'ils nous ont déclarée et dont il faut là aussi voir avec réalisme qu'elle mobilise des forces puissantes, d'autant plus puissantes qu'elles peuvent compter avec ce dont l'enquête publique n'est que la partie émergée : un tissu de complicités souvent inavouées entre les "commerciaux", les "administratifs" et les politiques. 

Il nous faut donc mettre au point une stratégie par le débat public, en particulier en le portant au-delà du premier village impacté, Montferrier-sur-Lez. Pensons au quartier de la Valsière sur le territoire de Grabels, de l'autre côté de la route de Ganges mais aussi à tous ces villages environnants qui seront peu ou prou affectés, par exemple, par l'énorme déplacement-concentration de véhicules induit de l'aveu même du projet. Dans cette mise au point stratégique il nous semble surtout nécessaire d'envisager des actions de terrain spectaculaires sur le site lui-même (pourquoi pas un méga pique-nique "Sauvons Les Fontanelles - Non à Oxylane" ?) en appliquant, suivant nos moyens, nos spécificités, nos choix locaux, ce que d'autres ont mis en oeuvre à Notre-Dame-des-Landes ou contre le barrage de Sivens dans le Tarn. Soyons clairs, il ne s'agit pas de comparer l'incomparable : un aéroport ou un barrage d'un côté et "seulement" une espace commercial de l'autre. Il nous faut seulement retenir la "philosophie" de ces luttes qui, on le voit, gênent (et plus encore) les "autorités" et ce réseau de complicités évoqué plus haut. Notre point commun c'est le combat contre les projets inutiles, grands là-bas, moyen ici, nuisible dans tous les cas. Notre point commun c'est la résistance active, imaginative et autogérée par les participants : il ne s'agit pas, pour parler d'un sujet qui fâche parfois, d'exclure les partis politiques (encore moins leurs militants), au contraire, tous les moyens sont bons pour élargir des actions; non, ce qu'il faut c'est que lesdits partis restent à leur place, en diffusant autour d'eux leur positionnement sur le sujet, en tout cas hors des prises de décision qui doivent rester l'oeuvre des assemblées délibératives.

Une autre leçon des acquis de ces luttes centrées sur l'occupation des lieux, laquelle ici peut, cela se discute, commencer par être en discontinu, ponctuelle... c'est une grande méfiance à avoir vis-à-vis des voies institutionnelles : les utiliser peut au départ s''avérer utile pour la mobilisation, nous venons de le voir pour ce qui est de l'enquête d'utilité publique; mais il y aurait erreur, probablement fatale, à s'y accrocher, en tout cas excessivement, au détriment de la mobilisation sur le site et sur les espaces attenants (villages, routes, mairies, etc.). En revanche il serait plus que nécessaire, une fois cette priorité accordée au travail de terrain et en prenant appui sur lui, de procéder à une interpellation radicale des élus (mairies, agglos, communautés de communes, Conseil Général...)  et instances des partis pour les amener à se prononcer dans la clarté sur ce projet. C'est seulement ainsi que nous ferons sauter les doubles langages qui n'ont que trop court dans les cercles de la politique telle qu'ils nous l'imposent, d'en haut, dans ce qui significativement a nom "décideurs" et par où se déclare que nous sommes dépossédés de la décision sur notre environnement qui est en fait l'environnement de tous. Car, ne nous leurrons pas, Décathlon ici, c'est une pièce supplémentaire qui s'ajoute à cette folie marchande globale (comme on dit globalisation, mondialisation) que, au demeurant, la "métropolisation" et sa dynamique de gigantisme ne pourront qu'accentuer : tant du côté de cette dépossession politique des citoyens que de la métamorphose toujours plus déséquilibrée de nos espaces de travail et de vie.

Décathlon, c'est non !

Antoine, membre de SOS-Lez Environnement Montferrier-sur-Lez.

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NPA 34, NPA