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Le billet du vendredi [34]


TERRORISTES ?
Gros cons sanguinaires, fanatiques de mes dieux, assassins endoctrinés et formatés, connards délirants. Ou même, si on est partisan de la théorie du complot, mercenaires ou pantins manipulés.
Mais, par pitié, pas TERRORISTES !
Ou alors, pas plus que les soldats israéliens qui détruisent les maisons pour apprendre aux Palestiniens à se révolter, comme l'avait fait auparavant l'armée française en Algérie. Pas plus que les gardes mobiles qui nous balancent des grenades offensives pour nous apprendre à manifester. Pas plus que tous les bombardements aveugles en Irak ou en Syrie. Pas plus que les maîtres-chanteurs qui menacent les Grecs ("si vous n'acceptez pas de mourir de faim, on vous coupe les vivres").
Parce qu'on les voit venir, gros comme une maison :
 TOUS UNIS CONTRE LE TERRORISME ! 
Et on sait la tête qu'il a, le terroriste présumé : une tête de bouc-émissaire et un nom à consonance arabe. On le rencontre dans les mosquées ou à l'entrée des immeubles délabrés au fin fond des banlieues pourries.
Et vous voudriez que je me sente solidaire de ceux qui entretiennent l'exclusion, qui pourchassent les Roms et multiplient les sans-papiers ? Au nom de quoi ? Vous croyez vraiment que l'acte odieux de ces salopards contre les journalistes et les salariés de Charlie Hebdo met plus en danger la liberté de la presse que l'étranglement financier à coup de procès ou de dépendance à la manne publicitaire, de petits arrangements avec le rédacteur en chef pour faire taire les plumes dissidentes ?
Bien sûr, il fallait marquer le coup. Évidemment, j'étais dans la rue mercredi soir. Bien sûr. Mais jeudi midi, à l'heure où ils ont voulu nous imposer une minute de silence, tous unis du chômeur au PDG, du sans-papiers au sous-préfet, je me suis enfermé chez moi pour écouter Rockn'Roll de Led Zeppelin à fond la caisse histoire de ne pas entendre leur silence.
Même si je ne me reconnaissais plus vraiment dans leurs évolutions récentes, j'ai gardé de l'estime pour ces dessinateurs qui ont si bien su exprimer ma révolte pendant de longues années, avec une insolence dans laquelle je me reconnais encore, un sens de la provocation particulièrement bienvenu à cette époque de bien-pensance et de politiquement correct.
À ma petite échelle, j'aimerais leur rendre hommage à travers des dessins peu connus qui ont servi à illustrer des étiquettes de vin d'un producteur de Saint-Émilion, un des pionniers de l'agriculture biologique qu'ils ont soutenu avec pour tout paiement quelques bouteilles qu'ils se sont empressés de boire avec les copains.


  

   

NPA 34   Claude
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