Ciel ! L'abstention est politique...


"Le taux d’abstention du 22 mars est, plutôt qu’un indicateur du désengagement ou du désintérêt des Français pour la chose publique, l’expression de leur profonde lucidité"


Par Thomas Amadieu et Nicolas Framont, sociologues

La moitié des électeurs se sont abstenus lors du premier tour des élections départementales le 22 mars. Ce résultat donne encore une fois l’occasion à la classe politique de rappeler aux Français que voter est un devoir. La fondation Jean-Jaurès, un think tank proche du PS, ainsi que des responsables écologistes ont proposé récemment de rendre le vote obligatoire pour résoudre le problème de l’abstention. Le manquement à cette obligation serait alors sanctionné d’une amende pouvant aller jusqu’à 1000 euros ou de travaux d’intérêt général. La réponse proposée à la crise de légitimité qui frappe le politique est donc la punition et l’infantilisation du citoyen. Une majorité de Français verserait dans l’indifférence et il faudrait, de force puisqu’elle ne le fait pas de gré, la conduire vers les bureaux de vote.

Nous pensons qu’une telle proposition est le résultat d’une réflexion insuffisante sur les causes de l’abstention et signe une incapacité de la part de la classe politique à se remettre en question, tant elle est repliée sur elle-même. Cliquer ici

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Loin de porter une réponse à la crise qui corresponde aux intérêts de la population, Marine Le Pen et le FN n’ont qu’une ambition : aller au pouvoir pour servir les intérêts des classes dominantes avec encore plus de brutalité, en prenant celles et ceux issus de l’immigration comme boucs émissaires pour mieux attaquer l’ensemble du monde du travail. Face à cette menace, nombreux seront celles et ceux qui voudront, au second tour, voter contre le FN, battre l’extrême-droite. Se prêter au jeu du « front républicain », auquel invite le Parti socialiste en votant pour l’UMP quand celle-ci est face au FN, serait un leurre, un piège. Cependant, face à la possibilité d'élection de membres du FN, nous appelons à battre l’extrême-droite quand un candidat de gauche lui est opposé.
Les élections et le PS ne sont pas un rempart contre la montée de l’extrême droite ou contre le retour de Sarkozy qui joue de plus en plus sur le même terrain que Le Pen. Pour s’opposer au retour de l’UMP comme à la montée de l’extrême-droite, il est indispensable de combattre la politique du gouvernement PS-Medef.
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NPA 34, NPA