samedi 14 mars 2015

Des terroristes djihadistes (des hommes !) ont assassiné... sus aux femmes voilées !


 S’attaquer aux femmes voilées après les tueries de janvier revient à les rendre responsables d’actes qu’elles n’ont pas commis, mais dont on soupçonne qu’elles sont secrètement solidaires
 
 TRIBUNE

Deux mois après les tueries de Charlie Hebdo, de Montrouge et du supermarché Hyper Cacher, la laïcité - plus précisément une néolaïcité - est au centre des débats publics. Le cadrage «néolaïque» s’est encore imposé. Des acteurs politiques de droite comme de gauche établissent un lien entre les attentats de janvier et de supposées menaces sur la laïcité.

Le 18 février, monsieur Eric Ciotti dépose à l’Assemblée nationale la proposition de loi visant à étendre le principe de laïcité aux établissements publics d’enseignement supérieur; et lundi 2 mars, madame Pascale Boistard, secrétaire d’Etat aux Droits des femmes, renchérit, estimant qu’il n’est pas certain que le voile ait sa place à l’université. Le jeudi 12 mars, la proposition de loi, adoptée par le Sénat en janvier 2012 dans le cadre de l’affaire Baby Loup, et discrètement reléguée aux confins de l’agenda législatif depuis lors, ressurgit. Ce texte, qui doit être discuté en mai après les élections départementales, prévoit d’interdire le port de signes religieux dans les crèches privées bénéficiant de subventions publiques - soit dans l’immense majorité des crèches. Interrogeons-nous un instant. Quel rapport entre les massacres de janvier et ces réponses politico-législatives ? 

Serait-ce vraiment dans un oubli ou une méconnaissance de la «laïcité» qu’il faudrait chercher les causes (ou les remèdes) de ces massacres ? On voudrait ici répondre par la négative. Car en effet, accepter de poser la question du rôle de la laïcité face aux tueries de janvier, c’est accepter l’idée que les auteurs des attentats, du seul fait qu’ils se réclament de l’islam (et plus exactement d’organisations armées islamiques comme Al-Qaeda ou l’Etat islamique), soulèvent une question comparable à celles qui tombent dans le champ de la laïcité : la présence ou l’expression de la religion dans l’espace public. Cliquer ici

A lire aussi



Et aussi

La laïcité, voilà un concept clé de la République, ayant reçu en 1905 l'assentiment du mouvement ouvrier, qui se trouve insidieusement (insistons sur cette idée : il est de bon ton d'avancer masqué sur ce sujet) dénaturé pour être mis au service de la théorie des néoconservateurs les plus intégristes, celle du "choc des civilisations". Rien d'étonnant que, dans ce qui peut être qualifié de coup d'Etat "laïque-antilaïque", le FN ou l'UMP puissent se revendiquer de la laïcité et la construire sur des bases d'exclusion et de discrimination, essentiellement islamophobes !  Plus désolant est qu'une partie de la gauche ait sombré corps et bien en se plaçant sur ce terrain miné de la reconfiguration de droite et d'extrême droite de la laïcité. Cliquer ici



Sur marxisme et religions...

 Le marxisme classique n’a pas posé la suppression de la religion comme condition nécessaire et préalable de l’émancipation sociale (le propos du jeune Marx pourrait se lire: afin de pouvoir surmonter les illusions, il faut d’abord mettre fin à la «condition qui a besoin d’illusions»). En tout état de cause, tout comme pour l’État, pourrait-on dire, il ne s’agit pas d’abolir la religion, mais de créer les conditions de son extinction. Il n’est pas question de prohiber «l’opium du peuple», et encore moins d’en réprimer les consommateurs. Il s’agit seulement de mettre fin aux rapports privilégiés qu’entretiennent ceux qui en font commerce avec le pouvoir politique, afin de réduire son emprise sur les esprits. Cliquer ici
 
Nos dossiers
 NPA 34, NPA