En raison d'un arrêt de travail... Radio-France...



"En raison d'un arrêt de travail par plusieurs organisations syndicales portant sur les difficultés budgétaires et le maintien de l'emploi, nous ne sommes pas en mesure d'assurer l'intégralité de nos programme. Nous vous prions de nous en excuser"
Voila ce qu'on peut entendre de plus en plus souvent depuis jeudi dernier (19 mars) sur les différentes antennes de Radio-France.
Dans cette lutte en défense des salarié-es et du service public, le NPA34 affirme sa totale solidarité avec les grévistes.
Pour en savoir plus sur ce mouvement qui dure depuis bientôt une semaine, nous avons interrogé Régis Taillandier, délégué régional CGT de Radio-France.
  • Peux-tu revenir sur les raisons de cette grève.
    5 syndicats ont déposé des préavis grève (CFDT, CGT, FO, SUD, UNSA). Ils ont en fait déposé 4 préavis portant sur 4 points différents :
         - le premier porte sur "l’arrêt des externalisations des activités de la direction de l'établissement, l'abandon des méthodes brutales de cette direction et le retour à des conditions de travail dignes pour ses salarié-es. L’abandon de la réorganisation du service propreté. Des effectifs et des moyens nécessaires au service accueil et sécurité".
         - le deuxième sur "l’abandon de la réforme des modes de production et de la verticalisation des métiers et des moyens de production".
         - le troisième sur "le maintien des effectifs et le retour à l’intégralité des programmes locaux dans le réseau Bleu".
        - et enfin le quatrième sur "Le maintien de l’ensemble des formations musicales permanentes et du potentiel de production au sein de Radio France afin de préserver la richesse de l’offre musicale".
  • 5 syndicats ? Le SNJ n'est donc pas partie prenante ?
    Le SNJ et la CFDT avaient appelé les personnels à 24h de grève une semaine auparavant. Cette fois, le SNJ n'a pas appelé à la grève. Ça n'a pas empêché certains journalistes de se mettre en grève par solidarité au début du mouvement.
  • Il faudrait peut-être expliciter le contenu de  ces revendications.
    Tout ça est assez bien résumé dans le texte qui introduit les 4 préavis : "Face au désengagement de l’Etat, à l’étranglement budgétaire actuel, aux projets de restructurations de la Direction de Radio France, qui portent atteinte aux emplois, aux métiers, aux contenus, à l’organisation du travail, les salarié-es manifestent leur refus de la démolition programmée de Radio France et de ses missions de service public. Ils refusent les hypothèses d’économie budgétaire par la réduction de la masse salariale et ses conséquences sur l’emploi. Dans le même temps, des moyens considérables sont consacrés sans contrôle aucun au chantier de réhabilitation." (voir l'appel à la grève reproduit ci-dessous - NDLR).
    C'est pour maintenir les emplois et la fonction de proximité du réseau France Bleu que nous nous opposons au regroupement des différentes stations locales au niveau régional comme cela se pratique actuellement pendant les périodes de vacances. Et voila qu'en plus est prévue la suppression de l'un des deux orchestres de Radio France (l'Orchestre National de France).
  • L'étranglement budgétaire ? Pourrais-tu préciser ?
    Les chiffres parlent : le déficit prévu pour cette année est de 21,3 millions d'euros. La direction prévoit en conséquence de faire 50 millions d'économie. Dans le même temps, le budget consacré à la rénovation de la Maison de la Radio à Paris est passé de 176 millions prévus il y a 10 ans à plus de 584 millions aujourd'hui. C'est que chaque président lors de son passage à la tête de la maison a voulu marquer sa présence. À cela il faut rajouter de nombreuses malfaçons qu'il faut corriger, ainsi que les dépenses engagées pour 100 000 euros pour la rénovation du bureau du président (Mathieu Gallet) ...
    Une enquête de la Cour des Comptes est en cours actuellement sur la gestion de Radio France au cours des années passées, qui devrait épingler le dérapage des coûts du chantier de rénovation de la Maison de la radio.
    Un Comité Central d'Entreprise extraordinaire est actuellement réuni. Les organisations syndicales ont préparé toute une série de questions très précises pour savoir précisément quels sont les projets de la direction. En fonction des réponses, elles pourront continuer les actions juridiques dans le cadre du "Droit d'alerte".
  • Où en est la mobilisation ? Quelles formes prend-elle ?
    Ce mouvement concerne surtout les techniciens, les producteurs, le personnel de maintenance.
    La grève est prévue pour durer : une caisse de solidarité est mise en place, alimentée par ceux qui, tout en ne participant pas à la grève, se solidarisent avec les grévistes. Par ailleurs, le fait d'avoir 4 préavis permet de tourner, de faire grève un jour, de reprendre, puis de faire grève le jour suivant, en invoquant l'un ou l'autre des préavis.
    Sur Paris, la grève est reconduite quotidiennement en Assemblée Générale. Sur notre région, c'est l'intersyndicale qui reconduit et organise la grève.
Propos recueillis par Claude  
     -Une vidéo pour mieux comprendre (cliquez sur l'image) :
     -Les explications de Là-bas et une video de l'AG parisienne du vendredi 20 mars :
http://la-bas.org/la-bas-magazine/long-courrier/radio-france-en-lutte
     - Les dernières révélations du Canard enchaîné :
http://www.ozap.com/actu/radio-france-le-canard-enchaine-enfonce-mathieu-gallet/464988