Il y a 70 ans. Au sortir du cauchemar fasciste...un "supplément" barbare de la "civilisation occidentale" !


 Le bombardement de Tokyo fut «l’un des massacres les plus impitoyables et barbares de non-combattants de toute l’histoire»

RÉCIT + DIAPORAMA 
Le 10 mars 1945, l'armée américaine déversait un tapis de bombes explosives et incendiaires sur la capitale pour acculer le Japon à la défaite.
L’attaque a été éclipsée par le feu atomique des 6 et 9 août 1945. Mais ce qui s’était passé cinq mois plus tôt à Tokyo constitue «l’un des raids aériens les plus meurtriers de tous les temps, surpassant Dresde, Hambourg et Nagasaki, d’une échelle comparable à Hiroshima, et certainement l’un des plus destructeurs», écrivait l’historien militaire et ancien pilote américain Kenneth P. Werrell. Ce 10 mars, le Japon commémore les soixante-dix ans de cette attaque conçue par les Etats-Unis sous le nom de code «opération Meetinghouse» au cours de laquelle des milliers de Japonais ont été «brûlés, bouillis et cuits à mort», selon les mots du général d’aviation Curtis Lemay, responsable de ce crime de guerre.

Dans la nuit du 9 au 10 mars 1945, le nord et l’est de la capitale japonaise ont subi un déluge de bombes explosives et d’engins incendiaires qui ont réduit à néant plus de 40 kilomètres carrés (un tiers de la ville) et tué 95 000 personnes, selon le chercheur Masahiko Yamabe du Centre de Tokyo sur les raids aériens et les dommages de guerre, qui nous a autorisé à publier une série de clichés attestant de l’ampleur du carnage. En l’espace de quelques heures, 335 B-29, des avions au large rayon d’action, ont déversé plus de 1 700 tonnes de bombes sur Tokyo. La quantité et la densité étaient telles que plusieurs engins s’abattaient en même temps sur une seule et même maison. Cliquer ici

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Lors de l’intervention militaire au Laos, dès les années 1970, les stratèges du Pentagone proposèrent de compenser l’absence de troupes au sol par des bombardements aériens d’une intensité sans précédent sans égard pour les « dommages collatéraux », qui tendent peu à peu à devenir, non plus des bavures regrettables, mais le but même d’une guerre visant désormais à terroriser les populations civiles. Violant ainsi le prétendu principe de « proportionnalité » entre fins poursuivies et moyens utilisés, cette nouvelle guerre aérienne constituait, selon le journaliste du New York Times lauréat du prix Pulitzer, Neil Sheehan,, « un crime de guerre massif de la part du gouvernement états-unien et de ses dirigeants ». Depuis, le blocus économique et les bombardements intermittents infligés à l’Irak entre la première et la seconde guerre du Golfe ont constitué un autre crime massif, entraînant, selon l’Unicef, une « surmortalité infantile » de 5000 enfants par mois dans les dernières années du siècle écoulé ; et faisant au total, selon la Commission des Nations Unies pur la promotion et la protection des droits de l’homme, entre 500 000 et 1 million 500 000 victimes, dont une majorité d’enfants (soit, trois fois les dégâts des bombes atomiques larguées sur le Japon). Interpellée à ce propos par un journaliste de l’émission 60 Minutes, Madeleine Albright, alors ambassadrice aux Nations Unies, avait répondu par ces immortelles paroles : « Je crois que c’est un choix très difficile, mais nous estimons que ça en valait le prix. »  

Le kamikaze ceinturé de dynamite ou lancé dans la foule d’un marché au volant d’une bombe roulante, ressemble comme un jumeau au pilote de bombardier, dont Walter Benjamin écrivait en 1933, bien avant les largages d’Hiroshima et de Nagasaki, ou les bombardements de Bagdad et de Beyrouth : « Le simple jeteur de bombes qui, dans la solitude de ses hauteurs, est seul avec soi-même et avec son dieu, a une procuration de son chef supérieur gravement malade, l’Etat, et là où celui-ci appose sa signature, l’herbe ne repousse plus » (Daniel Bensaïd - Terreurs et violences)

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"On ne peut pas retourner tel quel aux certitudes de la Modernité, ces concepts à majuscules (L’Humanité, la Raison, le Progrès, le Peuple, etc.) qui ont perdu de leur superbe dans les fracas du siècle qui vient de s’achever (le judéocide, le stalinisme, le colonialisme, l’impérialisme, le racisme, les catastrophes et les menaces écologiques, le triomphe de l’inégalité capitaliste sur la planète…). On a besoin aujourd’hui de quelque chose comme des Lumières tamisées (qui ne sauraient se confondre avec le couvre-feu où tous les chats sont gris) à la recherche de formes alternatives de globalisation, dans la ferme certitude de l’incertitude, et donc du risque, de l’erreur et du provisoire inclus dans tout pari." (Daniel Bensaïd et Philippe Corcuff, mai 2001) Lire ici
NPA 34, NPA