mardi 10 mars 2015

Sivens. Une victoire à la Pyrrhus !


 L'Etat PS-Medef a rétabli l'ordre en appoint des milices de la FDSEA et au bénéfice de quelques uns contre l'intérêt général : c'est une Bérézina politique !

Concernant le barrage de Sivens, le Conseil Général du Tarn vient donc de choisir la plus mauvaise solution sur les deux qui étaient envisagées, à savoir celle qui se rapproche le plus de la proposition initiale. Par 43 voix sur 46, les élus s'entêtent dans un projet surdimensionné et entièrement au service de l'agriculture productiviste.

Dans le même temps le Conseil Général s'empresse de demander l'évacuation de la ZAD qui est immédiatement engagée par Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur. Ils démontrent à nouveau qu'ils sont beaucoup plus prompts à réprimer les opposants qu'à faire cesser les violences exercées par les milices pro-barrage.

Le NPA affirme toute sa solidarité avec celles et ceux qui ne se laissent pas abuser par ce faux abandon du projet initial et qui continuent le combat à Sivens comme ailleurs contre les grands projets inutiles imposés. Avec elles et eux nous continuerons à réclamer justice pour Rémi Fraisse et l'abandon de toutes les poursuites contre les inculpéEs.

Montreuil, le 6 mars 2015 Cliquer ici

Il semble presque inenvisageable à ce jour que ce barrage soit construit rapidement en respectant la loi. Toute la question est de savoir si les élus prendront le risque de passer une nouvelle fois en force. Et surtout, si les citoyens les laisseront faire. Car malgré l’expulsion, les opposants n’entendent pas abandonner le combat. Ils étaient réunis dès vendredi soir dans la commune voisine de Gaillac pour occuper la place centrale le temps d’une nuit, avant d’en être chassés le lendemain par la police. Celle-ci a notamment brandi un « arrêté anti-zadiste », interdisant toute manifestation d’opposition à Sivens dans la ville de Gaillac. « L’esprit du 11 janvier », après les manifestations de masse en faveur de la liberté d’expression, ne semble toujours pas avoir atteint le département du Tarn.

Les milices favorables au barrage, elles, courent toujours et continuent de traquer les opposants dans les villages alentours. Ainsi, ce 8 mars, elles sont venues menacer une quinzaine d’opposants réunis à Lisle-Sur-Tarn pour un simple pique-nique. Contre ces pratiques, des appels sont lancés un peu partout pour organiser des actions ciblant le syndicat agricole majoritaire. Loin d’être terminée, la bataille du Testet pourrait finalement être le point de départ d’une contestation plus générale et frontale contre le modèle agricole productiviste. Cliquer ici

 
Sivens

Vendredi 6 mars, nous avons assisté à la collusion, entre d’une part le Conseil Général du Tarn avec à sa tête Thierry Carcenac (PS) qui a opté pour la construction du barrage du Tescou malgré les nombreux rapports d’expertises qui sont défavorables et l’absurdité d’un projet nuisible à l’environnement, la biodiversité, une décision au bénéfice de quelques uns contre l’intérêt général et un État PS-MEDEF ordonnant l’envoi de plusieurs centaines de gendarmes mobiles pour assister les milices privées et fascisantes de la FNSEA, grand chantre des gros exploitants agricoles et partisans d’un modèle agricole productiviste dépassé. Cliquer ici

En bas, les gendarmes s’apprêtent à commencer la destruction des cabanes. La zad ouverte début 2014 est maintenant déserte et silencieuse. Le mémorial érigé à la mémoire de Rémi Fraisse a été mis en pièce. Un tractopelle arrive sur zone pour évacuer ce qu’il reste des mois de vie sur place.

Pourtant, la zone humide a repris ses droits depuis le défrichage : de jeunes pousses étirent leurs minuscules feuilles vert tendre en direction du soleil. Cliquer ici

En l’état, au terme de quelques heures de consultation, il apparaît sans équivoque que cette séquence de “sortie de crise” et les différents actes (et tout autant l’absence d’actes), qui l’ont accompagné, peuvent nourrir une foule de recours qui ont de fortes chances de prospérer, surtout après l’invraisemblable saga déjà en cours depuis des années.
A cet égard l’affaire de Sivens devient plus symbolique encore d’une autre réalité. Dans les dix ans qui viennent, l’enjeu pour les tenants d’un avenir soutenable va aussi, en grande partie, être celui de la réappropriation collective des outils du droit pour faire respecter le droit de l’environnement. Cliquer ici

L'impunité accordée par les autorités aux commandos de la FDSEA


 A lire aussi


 NPA 34, NPA