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mercredi 1 avril 2015

Région. Deuxième tour des départementales : le mirage d'une résistance de la "gauche" !


"Du côté des forces à la gauche du PS, c’est plutôt la stratégie du hamster faisant tourner sa roue qui a le vent en poupe"

 Par Guillaume Liégard | 31 mars 2015 

La gauche pourrait réaliser le grand chelem des présidences de département en Languedoc-Roussillon. Mais la situation masque la forte progression du FN, sur fond de pauvreté et d’inégalités croissantes.

À l’issue des élections départementales, la région Languedoc-Roussillon apparaît comme un véritable bastion de la gauche. Qu’on en juge : celle-ci est en mesure de conserver les quatre présidences qu’elle détenait dans l’Aude, le Gard, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales, et pourrait même emporter la Lozère qui n’a jamais été à gauche de son histoire. L’étude attentive des résultats laisse pourtant apparaître une tout autre situation.

[…]  Un FN enraciné et omniprésent au second tour 

Dans les départements de l’arc méditerranéen où il est enraciné de longue date, le Front national obtient d’excellents résultats. Seule la Lozère, département le moins peuplé de France (72.000 habitants) déroge à ce triste constat. 

[…] Une droite à la peine 

En Languedoc-Roussillon, l’essentiel des grandes villes est dirigé par un membre de la droite parlementaire. C’est le cas de Carcassonne, Narbonne, Nîmes, Alès et Perpignan. Dans cette dernière ville, la gauche est même totalement absente du conseil municipal car elle s’est retirée au second tour pour faire barrage à la liste FN emmenée par Louis Aliot. La situation est un peu différente dans l’Hérault. Si Sète est bien dirigée par la droite, Montpellier a gardé un maire de gauche [1] aux dernières municipales et Béziers a basculé à l’extrême droite. Aux départementales, la droite est bien apparue en difficulté sur l’ensemble de la région.

[…] Dans l’Aude et l’Hérault, la situation est désormais extrêmement délicate pour la droite qui n’obtient que 16,45% et 23,91% (total de l’ensemble des candidatures de droite). Déjà faible dans ces départements, elle apparaît littéralement cannibalisée par la poussée frontiste. […] La situation ne semble équilibrée dans le Gard qu’en apparence, avec 25,69%, la droite est désormais très affaiblie notamment le long du Rhône. Les Pyrénées-Orientales laissent apparaître une situation plus contrastée avec une répartition en voix en trois blocs de tailles comparables.

[…]  Et maintenant ? 

Les résultats du 29 mars sont donc extrêmement trompeurs. Pour les six années à venir, la gauche va probablement diriger les cinq départements de la région (il y a encore un petit doute pour la Lozère), un grand chelem. Mais un résultat en trompe-l’œil, car la situation est en réalité extrêmement dégradée. L'intégralité du texte est à lire ici

[1] Note du blog du NPA 34. L'auteur étiquette Philippe Saurel, le maire de Montpellier, homme de gauche. Notre classification est tout autre : pas plus que le PS, ce personnage  n'est de gauche. Nous sommes d'accord en cela avec ce qu'écrit Montpellier journal : " Les candidats Saurel sont toujours étiquetés « divers gauche » alors que Montpellier journal a démontré que la politique menée par la majorité Saurel est une politique de droite." Cliquer ici (article accessible aux abonnés)

Toujours d'après Montpellier journal, il convient de dégonfler la baudruche selon laquelle, à ces élections, "les listes Saurel [auraient] vraiment « le mieux » résisté au Front National" : "[A ces départementales de 2015], Stéphane Ratinaud [journaliste de France 3] fait d’abord remarquer à Philippe Saurel qu’il y a un an [au moment où celui-ci emportait la mairie de Montpellier contre son ex parti, le PS] le FN était à 9 % au second tour et qu’il est aujourd’hui à (environ) 30 % sur Montpellier. Une sacrée progression alors que Philippe Saurel met en avant ses candidats censés avoir « le mieux résisté » au FN (lire aussi : Départementales : les listes Saurel n’ont pas « contenu » le FN à Montpellier). Le maire de Montpellier en a d’ailleurs le sifflet un peu coupé (regarder la suite de l’échange dans la vidéo ci-dessus)." L'intégralité de l'article de Montpellier journal, accessible aux abonnés, est à lire ici
 
On rappellera enfin, au passage, que le principal dirigeant du PG 34 et l'une des figures du Front de Gauche 34, René Revol, a passé une alliance politique avec le "divers droite" président de Montpellier Métropole (ex agglo de Montpellier) en devenant l'un de ses vice-présidents (cliquer ici).  

La "gauche" au niveau national

L'auteur des lignes qui précèdent, membre d'Ensemble (Front de Gauche), s'est penché sur les résultats de la gauche au soir du second tour. Son diagnostic est sans appel : "Le constat au soir du second tour des élections départementales est sans appel : une véritable déroute pour la gauche, toutes tendances confondues".  

Extraits :

"Pour le Parti socialiste, c’est une nouvelle débâcle. Dans le Nord et le Pas-de-Calais, deux départements qui furent le berceau du mouvement ouvrier français, la tâche brune du Front national progresse sans cesse. […] Le PS, qui était à la tête de 60 départements, devrait en conserver une trentaine. Pire : il est tout simplement rayé de la carte de départements entiers comme l’Aube, le Var ou le Haut-Rhin. Des centaines de collaborateurs socialistes vont se retrouver sur le carreau et la capacité de ce parti à encadrer la société et à distribuer postes et prébendes est durement entamée.

Pour le Front de gauche et singulièrement le Parti communiste, la situation n’est guère reluisante. Il comptait 234 conseillers généraux (dont 220 communistes) répartis dans 61 départements avant le scrutin des départementales. Il ne lui en reste que la moitié et n’est plus présent que dans une petite trentaine de départements.

Pour les écologistes, la situation est du même ordre. Moins implantés localement, ils abordaient ces élections avec 49 sortants dans des configurations très variables : avec le Front de gauche, en binôme avec le PS ou seuls en autonomie. Les nouveaux conseils départementaux compteront moins de 30 représentants d’EELV.

[…] Du côté des forces à la gauche du PS, c’est plutôt la stratégie du hamster faisant tourner sa roue qui a le vent en poupe. Le PCF va classer son dossier "Comment sauver les conseillers généraux" pour ouvrir le suivant : "Comment sauver ses conseillers régionaux". Le Parti de gauche va poursuivre son solo, convaincu qu’il a toujours eu raison depuis le début. Ensemble va appeler à l’Unitééé du Front de gauche, personne ne lui ayant annoncé l’état de décomposition avancée de ce dernier.
 
Bref, comme d’habitude chaque petit hamster va cavaler dans sa roue – qui évidemment n’avance pas puisqu’elle tourne sur elle-même. Quant à EELV, il n’arrive même pas à actionner la sienne puisque deux hamsters tournent dans un sens contraire, débouchant sur la paralysie.

Le temps des analyses approfondies viendra demain, mais ce soir, une chose est sûre, rien ne va à gauche." Le texte complet est à lire ici

La vision "électoraliste" du Monde
(dont nous ne partageons pas la nomenclature "gauche/droite", voir plus haut, ni le titre triomphaliste, à propos de la "gauche", car faisant l'impasse sur le poids et la signification de l'abstention. Lire ci-dessous)

 Hérault (34) : une nette victoire de la gauche

La gauche conserve le département, qu’elle pourra diriger sans dépendre des nouveaux élus soutenus par Philippe Saurel, le maire de Montpellier, qui avait été exclu du Parti socialiste en raison de sa candidature dissidente aux municipales. Avec 13 cantons sur 25, soit 26 élus, la gauche issue de la majorité sortante – André Vezinhet, président du conseil général, ne se représentait pas – obtient de justesse la majorité absolue des sièges. M. Saurel réussit son pari, en faisant élire quatre de ses binômes sur des cantons de Montpellier, mais ne pourra jouer le rôle de pivot comme il l’escomptait.Le Front national était présent dans 22 cantons à l’issue du premier tour. En dépit de scores très élevés, l’extrême droite ne l’emporte que dans trois d’entre eux, les trois cantons de Béziers, où ses candidats se présentaient en binômes avec ceux du maire, Robert Ménard : trois victoires en duel, deux face à la gauche, une contre l’UMP. Défait ailleurs en duel, le FN a également perdu toutes les triangulaires où il figurait, et où un binôme de droite s’était maintenu. Dans le canton de Lattes, le binôme Cyril Meunier (divers gauche) - Patricia Weber (PS) l’emporte en devançant la droite, l’extrême droite arrive en troisième position. Au premier tour, le trio était inversé : le FN était arrivé en tête devant la droite, le binôme de gauche étant en troisième position. A Sète, le binôme du Front de gauche (François Liberti et Véronique Calueba-Rizzolo) est élu avec 52,18 % des suffrages exprimés (soit 734 voix d’avance) face à Myriam Roques et Gaëtan Liguori, du FN. L’UMP, qui s’est montrée en panne de leader pendant la campagne, doit se contenter de 4 sièges. Cliquer ici

A lire aussi


Extrait :
Dans le cas du Front de Gauche, nous l'avons développé ailleurs (voir ci-dessous), il est à déplorer qu'il accentue à n'en plus finir le brouillage politique propre au système politique, en particulier électoral, en vigueur : toutes composantes confondues, il ne peut que conforter la défiance abstentionniste en ayant accepté la carte de la "géométrie politique variable", pratiquée de longue date par le PC dans son alliance avec le PS, plus récemment par le PG dans son ralliement à Philippe Saurel à la Métropole de Montpellier. Qu'il s'agisse du PC, du PG ou d'Ensemble !, lequel pourtant se réclame de l'alternative plus radicalement que ses partenaires, tous ont accepté de constituer, ou toléré que des camarades constituent, des binômes tantôt avec le PS, tantôt avec EELV, autrement dit avec des partis qui, malgré leurs contradictions internes plus ou moins prononcées, sont perçus par de larges couches de la population comme les responsables de la terrible dégradation de leurs conditions de vie et de travail. Tous  assument de fait le choix de rester dans l'entre-soi du jeu politicien qu'ils disent pourtant combattre et qui donc, à travers leur contribution directe à décrédibiliser l'option d'alternative radicale, sert de marche-pied au FN. Leur relatif succès ici ou là... en pourcentage des exprimés n'est dû, probablement pour une bonne part, qu'à un rééquilibrage dans le monde clos et hermétique des "insiders" électoralistes de "gauche", très marqués par le frêchisme et prêts à s'accommoder, par un supposé "réalisme", de pratiques tacticiennes mobilisant des "valeurs" que la logique systémique à l'oeuvre bafoue. Toutes choses que les "outsiders" des couches populaires, positionnées en extériorité abstentionniste et plus politiques que beaucoup ne l'imaginent,  ne sont pas près d'accepter. Cliquer ici


  
NPA 34, NPA