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dimanche 24 mai 2015

Islamophobie médiatique. Marianne au piège de l'intégrisme républicain...


"Désigner un ennemi (et par extension des complices de cet ennemi) sans jamais le cerner et le définir : cela inquiète, cela flatte les préjugés, cela entretient les amalgames, le tout à peu de frais"
  
Dans le prolongement de l'impact émotionnel provoqué par l'attentat contre Charlie et l'hyper Casher, on voit ressurgir au grand jour et avec une force décuplée l'ensemble des éléments de "construction du problème musulman" (à lire sur le sujet ici) qui travaille en continu, mais, suivant les circonstances, avec des séquences souterraines, la société française, voire européenne et en fait bien au-delà. Les médias, certains médias, tiennent leur place dans cette offensive idéologique qui est directement insérée dans le dispositif capitaliste de sortie de crise dudit capitalisme. Julien Salingue s'attarde, en maniant l'ironie, sur la dernière opération médiatique d'intox sur le sujet par où l'on cherche à épaissir l'air du temps, décidément poisseux, de l'islamophobie (1).  

Dernière minute (25 mai) : l'esprit Charlie, celui d'avant, à l'oeuvre !

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Cher hebdomadaire,

1) Tout d’abord, toutes mes félicitations pour l’originalité de ton dossier consacré aux « complices de l’islamisme ». Un vrai pavé dans la mare, un tabou que jusqu’à présent personne n’avait osé briser. 

Cela faisait en effet au moins deux mois qu’aucun hebdomadaire n’avait consacré sa « une » à cette thématique racoleuse, et le moins que l’on puisse dire est qu’en l’espèce, tu succèdes à un grand, un très grand : 
 
Cliquer ici pour accéder à l'article complet de Julien Salingue.

(1) "La France se distingue de pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, etc., où le terme même d’islamophobie a depuis longtemps fait l’objet de débats. La reconnaissance du phénomène a même conduit à l’adoption de politiques publiques en tant que telles, notamment en Grande-Bretagne. En France, au contraire, c’est comme si on ne voulait même pas en entendre parler. Dès 2003, plusieurs tribunes, comme celles de Pascal Bruckner et de Caroline Fourest, ont cherché à disqualifier ce vocable, le renvoyant à une invention des mollahs iraniens en 1979 pour empêcher toute critique de la religion musulmane. Or loin d’être une invention « orientale », il s’agit en fait d’une invention… française, due à un groupe d’« administrateurs-ethnologues » spécialisés dans les études de l’islam ouest-africain ou sénégalais au début du XXe siècle [Lire ci-dessous].
Mais ces tribunes ont eu un effet performatif impressionnant : le terme d’ islamophobie est depuis devenu gênant et, jusqu’à très récemment, il n’a été utilisé dans la presse française qu’entre guillemets. Il a fallu attendre que le champ médiatique se renouvelle un peu, avec des titres comme Mediapart, et sa journaliste Carine Fouteau qui est allée à la rencontre de femmes portant le hijab pour raconter leur quotidien. Les conclusions de ses enquêtes ont débouché sur la description de ce qu’elle a appelé « l’islamophobie ordinaire »." op cit

 Extrait de Islamophobie (Comment les élites françaises fabriquent le "problème musulman"), éd La Découverte, 2013, de Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed (pp 72-73)


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