Montpellier nord. Le projet Oxylane (Décathlon) marque un nouveau point...


 Il y a urgence à donner plus d'Oxygène à la mobilisation !

Comme l'énonçait un article paru en avril sur le site du collectif Oxygène, regroupant les opposants à ce projet, tout démontre que dans l'instruction administrative de ce dossier "l’expression des citoyens n’a aucune valeur", pas plus que celle "des élus du suffrage universel". Ce fut le cas lors de l'initiale enquête d'utilité publique comme dans la récente enquête publique relative à la loi sur l'eau (menées toutes deux par le même personnage !). La décision de la CNAC n'a pas dérogé à ce diagnostic dont il convient de saisir la portée politique... Au sens large du terme bien sûr. A lire ci-dessous A notre avis

La commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) a donné le feu vert jeudi à un projet Decathlon sur 24 ha.



Porté par Decathlon SA, un projet d'envergure a reçu ce jeudi le feu vert de la commission nationale d'aménagement commercial (CNAC). A l'entrée nord de Montpellier, sur la commune de Saint-Clément-de-Rivière, c'est l'un des projets Oxylane du groupe dans le pays. 

Plus de 200 emplois sont prévus

Il veut réunir ici, sur 235 521 mètres carrés, outre Decathlon, les enseignes Truffaut et O'Tera (grande distribution alimentaire) et des prestataires de services, dont paramédicaux, avec des parcours sportifs (accrobranche...), une ferme pédagogique... Plus de 200 emplois sont prévus. L'opposition au projet s'est formée autour d'un collectif, dont l'association SOS Lez Environnement qui avait fait appel de la décision départementale. Et qui envisage d'autres recours. L'article sur le site de Midi Libre

A notre avis

  Le déni de démocratie relevé par l'article d'Oxygène, et confirmé par la CNAC, pose plus que jamais le défi sous-jacent à cette opération d'implantation commerciale aux portes de Montpellier, en pleine zone verte : la triangulation d'une stratégie antiOxylane jouant à la fois des recours administratifs et judiciaires, des appels aux élus politiques et des mobilisations de terrain (comme le dernier pique-nique festif-militant sur le site d'Oxylane) pourrait vite rimer avec strangulation de la démarche contestatrice si celle-ci n'accentue pas d'urgence le troisième pôle de ladite stratégie. Il est clair que l'on ne peut attendre des premiers, évidemment, mais aussi des seconds, qu'ils se mettent en travers du processus d'agrément du site : tout au plus ceux-ci émettront-ils des voeux d'opposition, voteront-ils, ici ou là, contre ou s'abstiendont-ils ... seulement. Point à la ligne. Comprenons qu'ils participent du simulacre politicien qui travaille à donner le change pour que rien ne change de l'ordre libéral-marchand. Mieux, pire, pour qu'il continue à s'étendre et à imposer la destruction de ce qui fait la qualité environnementale, de vie mais aussi de travail de nous tous (pas seulement de ceux qui habiteraient le plus près du site).

Dans le déroulé inexorable des levées d'obstacles à la réalisation du projet auquel nous assistons, se dessine une course contre le temps : quand les premiers mouvements de bulldozers et de pelleteuses se produiront, il sera évidemment trop tard ! Il n'est donc pas trop tôt pour se poser la question, tout en actionnant les recours institutionnels et autres appels aux élus, de travailler à mettre en continu, et non plus par des actions ponctuelles, aussi nécessaires et réussies qu'elles soient ou aient pu être (cf le dernier beau pique-nique militant), une mobilisation en direction des populations se donnant pour objectif qu'elles interviennent sur le site lui-même et plus généralement dans l'espace public. Les modalités de cette mobilisation de terrain "sur le terrain" sont certes à discuter mais il importe qu'"en face" ils intègrent rapidement ce qui, à ce jour, il faut bien le dire, fait défaut et leur donne l'impression de jouer sur du velours : le risque politique porté par une résistance massive, pacifique mais déterminée, au projet. Là, dans "la construction de ce risque", pourrait émerger la voie du retour de la politique, au sens de la prise en charge des choses par les gens eux-mêmes et du refus de ce simulacre politicien évoqué plus haut et qui est inscrit comme "en creux" dans le processus de validation de l'implantation d'Oxylane. Il revient à Oxygène d'entamer le débat pour que nombreux soient ceux et celles qui deviennent les acteurs de premier rang d'une opposition à ce projet. Une opposition qui soit affirmation d'une alternative (en particulier dans sa dimension éco-agricole) à ce que promeut la détestable modernité consumériste toute parée qu'elle se donne à voir de vert, de sportivité, santé et plein air, blabla...!

Antoine (adhérent de SOS-Lez Environnement)

L'article de Midi Libre de jeudi dernier, jour où se tenait la réunion de la CNAC


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NPA 34, NPA