Grèce. En solidarité et en débat : rester dans l'euro sans plier devant la Troïka ? En sortir sans hypothéquer la riposte à la Troïka ?


 Quatre mesures préconisées par Eric Toussaint et qui n’impliquent pas de sortir de la zone euro


1) Suspension du paiement de la dette pendant la finalisation de l’audit en cours (il devrait être terminé en mai 2016).

2) Exercice du contrôle public direct sur les banques (socialisation des banques). En fait, alors que jusqu’ici l’État grec est majoritaire dans les 4 grandes banques qui contrôlent ensemble plus de 85% du marché bancaire, il n’exerce pas son pouvoir. Sous la pression de la Troïka et du lobby bancaire, il se contente d’actions qui ne donnent pas droit à un vote.
  

3) Création d’une monnaie complémentaire. Celle-ci ne sera pas imprimée car il s’agit d’une monnaie électronique exprimée en euros. L’État pourrait par exemple octroyer des augmentations aux retraités et aux salariés sous forme de monnaie électronique. Exemple : une augmentation de 80€ qui peuvent être dépensés pour payer les transports publics, les factures d’eau et d’électricité, les impôts,... Cette option sera développée bientôt dans un article sur le plan B en référence notamment à ce que l’Équateur a réalisé en la matière.

4) Diminution radicale des impôts indirects sur les produits et services de base, alors que la Troïka veut généraliser la TVA à 23% en ne laissant des taux de 13% et de 6% que sur quelques produits. Selon les exigences des créanciers, la TVA à 6% ne s’appliquerait qu’aux médicaments, aux entrées de théâtre et aux livres. Augmentation des taxes sur les produits de luxe y compris avec des taux allant jusque 80% ou 90% (ce qui diminuera les importations et augmentera les rentrées fiscales). Augmentation très forte des impôts directs sur le 1% le plus riche, sur l’église orthodoxe et sur les armateurs (ces deux derniers étant exonérés d’impôt jusqu’ici).

Pour prolonger cette écoute, si vous voulez en savoir plus sur les différences entre les positions de Bruno Colmant et d’Eric Toussaint, voir :http://cadtm.org/Debat-contradictoi...

Voir le débat sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=KIm...

Note : Depuis avril 2015, Éric Toussaint est le coordinateur scientifique de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque. Cette commission a été créée par la présidente du parlement grec. Pour mieux connaître Eric Toussaint cliquer ici

 Pour en débattre (les documents ci-dessous sont, pour certains, antérieurs aux derniers évènements que connaît la Grèce. Ils doivent être mis en perspective avec les données concrètes de cette situation dont le "non au référendum" constitue une pièce maîtresse)...

Un billet de 2013

 On peut énoncer trois principes d’ordre stratégique qui devraient fonder la politique de la gauche radicale en Europe.

Premier principe : la sortie de l’euro n’est en aucun cas exclue a priori, mais c’est une arme dissuasive, destinée à construire un rapport de forces à l’échelle européenne.

Deuxième principe : tout projet alternatif doit combiner la rupture unilatérale avec l’Europe réellement existante et la mise en avant d’un projet de refondation coopérative de l’Europe.

Troisième principe : la rupture avec l’eurolibéralisme n’a de sens que si elle se fait au nom d’un programme de rupture avec l’ordre néolibéral à l’intérieur de chaque pays. Cliquer ici

 Un article de 2011


A voir, à lire aussi


Le scénario du coup porté à la gauche prend aujourd’hui deux formes : 

1° « Syriza-Allende » : dans ce cas de figure, le gouvernement de la gauche doit être renversé au plus vite, sous l’effet de chantages et d’un coup plus ou moins de « velours »; 

2° « Syriza-Prodi » : dans ce cas de figure, la perspective réside dans le déplacement du gouvernement vers une politique sociale-libérale, en acceptant un nouveau mémorandum, ce qui conduira à son renversement, mais au travers d’une crise qui dissout le parti « combatif » et « social » Syriza. Cliquer ici

Les approches dominantes que nous avons présentées ne reflètent pas les positions du seul ministre des Finances (11). Une partie importante des cadres de Syriza ne saisit l’austérité et les mémorandums que sous l’angle d’une « erreur économique », dans le sens où ils constituent un programme récessif, incapable de stimuler la croissance. 

Dans une société où la perte de 25 % du PIB et la paupérisation d’une grande partie de la population ne sont que l’aspect visible d’une intensification rapide des inégalités sociales, dans une société où le chômage de masse est le complément chiffré d’une détérioration sévère des conditions de travail, dans une société aux contradictions et aux espoirs multiples, la politique du gouvernement ne peut rester hégémonique que s’il soutient clairement les intérêts de la majorité laborieuse dans sa lutte contre le capital. Il n’y a pas d’espace pour une politique défendant de manière générale et vague tout ce qui est « grec » ou « européen » : une telle approche n’a jamais représenté, et ne représentera jamais, une perspective pour la gauche.

Nous faisons face à un défi historique et nous devons y répondre sans hésitation ni vacillation. Cliquer ici

Le point de vue d'Alternative Lbertaire

Pour [l'Initiative anarcho-syndicaliste] Rocinante, il faut empêcher, par le rapport de forces sur les lieux de travail et dans les syndicats, le retour du gouvernement Syriza à la table des négociations avec l’Eurogroupe, juste pour obtenir un compromis moins douloureux.

Ainsi, ce référendum ne doit pas faire naître d’illusions sur la possibilité d’une transformation sociale par en haut. Cliquer ici

Stathis Kouvelakis (Syriza) écrit le 9 juillet sur FB

Il y a une asymétrie évidente dans les prises de position publiques sur la Grèce dans le débat français. Les porte-parole du camp capitaliste et bruxellois, les Quatremer, Leparmentier, Colombani, BHL et tutti quanti sont offensifs, violents, ultra-agressifs, ils mordent, attaquent tous azimuts, ils foncent car ils comprennent vraiment l'enjeu et ils veulent l'emporter et écraser l'adversaire.
De l'autre côté, l'écrasante majorité des défenseurs du camp grec et de Syriza redoublent de gentillesse, cherchent à tout prix à montrer combien ils sont sympa, combien ils aiment l' "Europe" (qui nous met à genoux et est en train de nous étrangler). Ils multiplient les gages d' "antinationalisme", de fidélité aux "valeurs européennes", les voeux pieux lamentables sur l' "autre Europe". Les questions véritablement politiques, à savoir l'euro, la façon de répondre ici et maintenant à l'odieux chantage et au rouleau compresseur de Merkel-Hollande et consorts, sont soigneusement évitées ou diluées sous divers prétextes.
La rhétorique essentiellement morale, souvent boursouflée, de ce camp cache mal son impuissance, sa subalternité idéologique, sa mollesse, son absolue innocuité, sa volonté inavouée d'esquiver la bataille. Sartre appelait ça "la gauche respectueuse". On n'en est toujours pas sorti.
PS. Pour mieux situer ce qui se précède, la situation n'est guère différente du côté des "intellectuels pro-Syriza" en Grèce, malgré quelques voix dissonantes.

Et aussi

En débat dans le NPA

 Deux articles de 2014

Et encore 1


 Angela Merkel et les dirigeants européens veulent imposer une défaite politique au peuple grec et à leur gouvernement. Accepter d’annuler une dette de 300 milliards n’est évidemment pas un problème économique alors que la Banque centrale européenne (BCE) va créer et injecter 1 100 milliards d’euros dans l’économie européenne d’ici fin 2016 pour contrer la déflation.
C’est un choix politique car il n’est pas question pour eux d’accepter qu’un peuple, par son choix souverain, puisse refuser d’appliquer les décisions des institutions européennes. Cliquer ici