Escalade répressive. Rémi a été tué par une grenade ? Désormais les CRS pourront faire feu !


Une boucle de l'histoire se referme-t-elle avec le retour du refoulé des socialistes ?
Cazeneuve le nouveau Jules Moch ?

Pour se protéger au cours de leurs interventions, les policiers pourraient avoir recours à des tireurs postés, comme l'explique une note dévoilée par "Marianne" dans son numéro en kiosques ce vendredi. Une tactique qui ne fait pas l'unanimité.

Un document que révèle Marianne (voir ci-dessous) met en lumière les nouvelles procédures d’intervention très musclées des compagnies républicaines de sécurité. Au risque de la bavure. […]

« Nous n’avons pas l’ambition de devenir une police à l’américaine. On voudrait nous transformer en commando, équipés comme des porte-avions. Nous n’en avons ni les moyens, ni la culture. ». Cliquer ici

 Rappel historique pour bien comprendre...


Jules Moch fut le ministre de l'intérieur socialiste de divers  gouvernements de coalition avec la droite (MRP) et les radicaux entre 1947 et 1950. 



Les mineurs, mis à l’honneur de 1945 à 1947, ont vécu les mois qui précèdent la grève de 1948 comme une période d’humiliation, de vexation. Les décrets Lacoste [du nom de Robert Lacoste le ministre socialiste du Commerce et de l'Industrie] de septembre 1948 vont mettre le feu aux poudres. La circulaire du 13 septembre 1948, relative à la garantie du salaire, prévoit
[entre autres remises en cause du statut des mineurs] une baisse des rémunérations. Du jamais vu ! Même les compagnies minières d’avant la nationalisation n’avaient pas osé ! […]
Depuis mai 1947, date où les communistes furent chassés du gouvernement, […]  Léon Blum, dirigeant de la SFIO, développe la nécessité de construire une troisième force située entre la droite et les communistes. Cette force se veut atlantiste, favorable au gouvernement américain, anti-soviétique et anti-communiste. […] Nous savons aujourd’hui que la CIA a aidé financièrement les pro-Américains qui créent, dès le début de 1948, Force Ouvrière. […]  
Le gouvernement provoque le conflit par les décrets Lacoste : il refuse toute négociation. L’armée patrouille à Anzin, près de Valenciennes, le 26 octobre. Il engage une campagne anti-communiste virulente dont les points d’orgue sont : l’allocution radiodiffusée de Moch mi-octobre et son discours du 16 novembre. En même temps, il développe une répression d’une violence inouïe qui causera au moins cinq morts. Le gouvernement ne fait aucune concession, cherche provocations et affrontements. Cliquer ici

Commencée le 4 octobre, la grève se poursuivit dans un calme apparent pendant une dizaine de jours. Mais les manoeuvres et les préparatifs gouvernementaux se poursuivaient dans l'ombre. Le gouvernement ayant fait entrer la troupe sur les territoires miniers, la Fédération des Mineurs décida de supprimer pendant 24 heures les services de sécurité. Le gouvernement prit prétexte de cette décision pour faire intervenir ses forces de répression afin de faire évacuer les puits occupés par les mineurs en grève. La Fédération des Mineurs se refusa alors à toute mesure de sécurité; des chocs sanglants étaient prévisibles. 

Les forces gouvernementales, les CRS ne pouvaient procéder à une large attaque ; le gouvernement concentra ses forces sur quelques points particuliers, négligeant au début le principal bassin, celui du Nord et du Pas-de-Calais, car il n'avait que des forces limitées, malgré tous ses efforts pour les utiliser au maximum. C'est dans la Loire et dans le Gard plus spécialement qu'il chercha à marquer des points. Une attaque ainsi concentrée sur quelques points commença par susciter une riposte vigoureuse des mineurs. Ceux-ci délogés des puits en chassaient à leur tour les CRS. De véritables épisodes de guerre civile se produisaient. On vit les mineurs rester maîtres du terrain, faire prisonniers des centaines de gardes, avec un colonel à leur tête; les CRS en plusieurs endroits s'enfuyaient, abandonnant leur matériel (camions, etc.). Une arrestation dans le Pas-de-Calais entraînait l'occupation de la sous-préfecture de Béthune. Le Ministre de l'Intérieur, Jules Moch, grand stratège, avait échoué dans son entreprise visant à "assurer la sécurité" et la "liberté du travail" sans faire usage des armes, ainsi qu'il s'était vanté de le faire. Fidèle à la tradition sinon de Jaurès, du moins de Noske, il n'hésita pas à donner l'ordre de tirer. Les journaux et la radio répandirent quelques mensonges pour semer la panique, et le 19 octobre, les fusillades commencèrent. Des mineurs furent tués dans la Loire, dans le Gard; les arrestations se multiplièrent, un régime de terreur fut instauré qui interdisait les réunions, qui terrorisait ceux qui sortaient de chez eux, la troupe occupait les points stratégiques importants. Le gouvernement donnait à son activité le caractère d'opérations militaires; chaque jour un communiqué indiquait le nombre de kilomètres carrés de "territoire libéré". Cliquer ici

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Organiser un tel « bal » lundi 13 juillet, au milieu du pont du 14 juillet, était une petite gageure. Le collectif anti-répression, qui regroupe des organisations syndicales (Solidaires et plusieurs fédérations SUD, des fédérations ou des syndicats CGT, la Confédération paysanne…) et des partis politiques dont le NPA, a osé. Cliquer ici
  



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