Si « Une société se juge à l'état de ses prisons » (A.Camus)...


.... Que dire d'un Etat austéritaire qui, comme à  la prison de Nîmes, bafoue les droits humains...?
Les juges de Nîmes ne devraient envoyer que des grands maigres en prison, pour qu’ils soient moins serrés. Les détenus sont trois, voire quatre, dans des cellules de 9 m² ; à trois, si l’on retranche la surface au sol des meubles et des sanitaires, il reste 1,33 m² par personne : l’équivalent d’une serviette de bains, et sortir son mouchoir, c’est cogner son voisin. Or les détenus sont nombreux à fumer, les fenêtres ne s’ouvrent que de 10 cm, et on reste au moins vingt heures par jour en cellule, dans le bruit, l’odeur et la bonne humeur qu’on imagine. L’Observatoire international des prisons (OIP) a porté ces conditions de détention en référé, mercredi 29 juillet, devant le Conseil d’Etat.

La maison d’arrêt de Nîmes, mise en service en 1974, compte 192 places et abritait 393 personnes au 1er mai, soit un taux d’occupation de 205 % - on a déjà atteint une fois les 240 %. Tous les soirs, on installe en prison plus de 50 matelas par terre ou sur des armoires couchées sur le sol. Du coup, « il n’est pas possible de séparer les personnes prévenues des personnes condamnées, reconnaissait dès 2012 le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, les primo délinquants des personnes faisant partie du grand banditisme, les fumeurs des non-fumeurs ». Cliquer ici

 Saisi en référé par l’OIP sur les conditions de détention de la prison de Nîmes, le Conseil d’Etat a confirmé, dans une décision du 30 juillet 2015, qu’elles exposaient les personnes détenues à un traitement inhumain ou dégradant portant une atteinte grave aux libertés fondamentales. Mais, considérant qu’il ne relève de sa compétence que de prescrire des mesures d’urgence susceptibles d’avoir un effet sur la situation à très bref délai, le Conseil d’Etat n’ordonne à l’administration que des mesures cosmétiques sans effet sur la surpopulation, à l’origine de ces atteintes aux droits. Cliquer ici
  

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Depuis quinze ans, le placement extérieur permet à des condamnés en fin de peine de vivre et de travailler en dehors de la prison. Toujours considérés comme des détenus, ils préparent leur retour à la liberté. Moins coûteuse, plus adaptée à la réinsertion dans la société et plus humaine, cette solution de rechange à l’incarcération reste pourtant très marginale en France. 

Par Léa Ducré et Sarah Perrussel, novembre 2014. Cliquer ici

Anticapitaliste jusqu’au bout, Résolument abolitionniste

Entretien avec Jean-Marc Rouillan, militant au NPA, cliquer ici

Ex-activiste d'Action directe, l'écrivain Jean-Marc Rouillan a passé 25 ans derrière les barreaux. Désormais libre, ce cinéphile absolu était convié à présenter un long métrage au Sofilm Summer Camp. Le sexagénaire a jeté son dévolu sur “Mange tes morts” de Jean-Charles Hue. Rencontre à Nantes. Cliquer ici


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Les prisons sont-elles des espaces hors du droit ? On peut légitimement se poser la question à la lecture du rapport du député Dominique Raimbourg, réalisé à la demande de Valls, au sujet « des préconisations sur les modalités d’application de l’encellulement individuel. » Cliquer ici

La surpopulation carcérale pose de façon aigüe la question de la réinsertion des personnes qui séjournent en prison. Beaucoup d’éducateurs, de visiteurs de prisons, de magistrats, de responsables des collectivités territoriales, d’avocats partagent une conviction : le travail de réinsertion est indispensable si l’on veut éviter que l’univers carcéral devienne un cercle infernal dont on ne sort que pour le retrouver après un bref passage en dehors. Comment se donner les moyens de réussir ce pari ? Cliquer ici

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