mercredi 16 septembre 2015

Béziers. La bassesse porte l'écharpe tricolore...


Ménard n'est pas le bienvenu ! Travaillons à son expulsion de la mairie de Béziers !

Dernière minute 16 septembre

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Au milieu d'une tragédie sans nom touchant des milliers de réfugiés désespérés qui essayent, au prix de leur vie, de fuir la guerre ou la misère, les solidarités (mais aussi les bonnes consciences de la 11e heure) se mettent en branle à une échelle de masse. L'accueil fait, malgré bien des obstacles et des insuffisances, à ces hommes, à ces femmes et à tous ces enfants en détresse extrême sert de révélateur des possibilités, jusque là enfouies, de contrecarrer concrètement dans les quartiers et les villages les discours lepénisés, bien au-delà du seul FN, par lesquels les étrangers, spécialement les dénomminés immigrés, sans-papiers et désormais "migrants" ou réfugiés, sont voués à l'enfer du rejet raciste. 

On notera certes, au milieu des formes les plus généreuses de soutien actif à l'accueil des migrants, beaucoup d'hypocrisie de la part d'un gouvernement et de nombre d'élus qui participent d'une politique de chasse aux "illégaux" digne du sarkozysme et du marinisme. La preuve par Calais. On ne s'étonnera pas de la tentative de certains, à droite, de faire le tri ... solidaire-sélectif en faveur des seuls migrants chrétiens de Syrie, en s'essayant ainsi à continuer à distiller, y compris dans ces situations extrêmes, le poison de l'islamophobie.

Mais le champion toutes catégories de l'ignominie est sans conteste le maire de Béziers qui n'a pas trouvé mieux que de mettre en oeuvre un incroyable scénario, caméra au poing, de descente dans un quartier populaire de la ville  pour, entouré de sa garde prétorienne municipale, aller vitupérer les migrants installés dans certains logements vides (voir vidéo). Cette opération "coup de poing", au demeurant d'une médiocrité sans nom du point de vue de sa construction proprement média, n'en reste pas moins le témoignage d'une infamie par laquelle un élu "de la République", entortillé dans les couleurs "nationales", vient faire la leçon de savoir-vivre, au migrant lui ouvrant la porte, sous le leitmotiv salaud "Vous n'êtes pas le bienvenu, monsieur". Pour Ménard les migrants qui fracturent des portes pour occuper des lieux vides ne sont pas des ... "gens corrects", pire, ils sont des voleurs d'eau et d'électricité que payent les bons Français comme d'autres volent le pain et les emplois des "de souche" ! Ne nous méprenons pas : la dimension primaire, voire grotesque, du discours comme de la mise en scène, loin de signer la faiblesse de cette ménarderie, a de fortes chances d'être reçue comme l'expression du parler vrai iconoclaste que prétend opposer l'extrême droite à la duplicité de la classe politique. D'une classe politique dont pourtant l'ignoble de Béziers est le bord extrême d'où ce qui émerge boit aux mêmes sources que les Hollande, Sarkozy et consorts : la division entre "nous" et "eux" par quoi les résistances aux politiques antipopulaires fléchissent et se délitent pour le plus grand profit des possédants. 


Ménard qui fait son cinéma anti-migrants au quartier de la Devèze est cousin de ces Valls et Cazeneuve qui envoient la police casser les parias du Calaisis ou de la Porte de la Chapelle à Paris. Cette solidarité dans l'ignominie de la gauche, de la droite aussi, et de l'extrême droite reste un terrible point aveugle de bien des victimes des politiques néolibérales en cours mais aussi de tous ceux qui, à gauche, opposent un discours moral, humaniste, indigné, parfois même antifasciste, au FN et à ses clones ... tout en préparant, aux prochaines régionales, des alliances ou des désistements avec le Parti Socialiste (lire ici), ce parti des macronesques détricotages des droits sociaux, qui créé le terreau du "tous pourris". Tous sauf Ménard et Marine qu'on ne parviendra à expulser des positions qu'ils gagnent quotidiennement qu'en oeuvrant à mettre dehors, hors d'état de nuire, la gauche de droite installée à l'Elysée et à Matignon ! Ni EELV, ni les diverses sous-parties désunies du Front de Gauche, se recomposant et décomposant tous au gré de leurs complicités ouvertes ou biaisées avec le PS, ne travaillent dans ce sens. La force de l'extrême droite se nourrit par défaut, par ce défaut rédhibitoire des "gauches" électoralistes et politiciennes, elles-mêmes, par là, en défaut de crédibilité populaire !

Antoine 

A lire sur le sujet VIDEO – Béziers : quand Robert Ménard va lui-même déloger les migrants syriens de ses HLM 

L'avant-dernière crapulerie de Ménard

 Le photomontage, qui annonce le déferlement - ô combien réaliste - d’une horde de migrants sur la capitale biterroise, a été réalisé à partir d’une photo de l’Agence France Presse (AFP) prise en Macédoine au mois de juin. Un détournement du cliché (les inscriptions ont été rajoutées grâce à un logiciel de montage) qui devrait valoir à Robert Ménard des démêlés avec l’AFP, dont la direction a indiqué qu’elle « entendait porter l’affaire sur le plan judiciaire ». Cliquer ici

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