dimanche 27 septembre 2015

Climat. La Méditerranée perd un mètre de plage par an...


Il n'est pas sûr que la nature nous laisse encore 20 ans de plus pour traiter des situations aiguës

[A lire ci-dessous A notre avis 
Pas de lutte contre le réchauffement climatique sans réponses sociales et politiques en rupture avec le capitalisme !]

 [...] Une foule de rapports des plus grands instituts sur le réchauffement climatique se succèdent. Tous disent la même chose. Serge Planton, chercheur à Météo France, résume : "Quoi que l'on fasse aujourd'hui, le réchauffement est à l'œuvre dans toutes les régions françaises : il faut s'attendre à 1°C de plus sur 50 ans et à un mètre d'élévation des mers du globe d'ici 2100. Les scénarios d'aggravation, plus ou moins pessimistes, dépendent des futures émissions de gaz à effet de serre..."

Intempéries : le réchauffement est en marche

Auteur d'une étude récente, Robert Vautard, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement au CNRS, abonde : "Il faut rester prudent car les paramètres sont très nombreux. Mais les pluies extrêmes, que l'on peut replacer dans le contexte exceptionnel des événements de l'automne 2014 dans la région, confirment que le réchauffement est à l'œuvre. Les maxima de pluies intenses en Cévennes - les plus fortes d'Europe : il peut y tomber en un jour l'équivalent d'une année de pluie à Paris - sont en hausse significative depuis un demi-siècle. Cela pourrait être lié à la hausse des températures. Mais, sur plusieurs décennies, on ne voit pas d'augmentation du nombre d'événements." De leur virulence, en revanche, oui : "A l'automne 2014, le Vidourle est monté de cinq mètres en une demi-heure", rappelle le scientifique. "Hot spot" du réchauffement, la Méditerranée, en s'évaporant de plus en plus, joue un rôle majeur.

Coprésident des Écologistes de l'Euzière, Jean-Paul Salasse lance : "Dans notre région, les bouleversements seront essentiellement concentrés sur le littoral fait de côtes basses sableuses extraordinairement vulnérables. La Méditerranée se réchauffe et - c'est de la physique - monte. Il y a des disparités mais on perd ainsi un mètre de plage en moyenne chaque année. L'évaporation de l'eau devient considérable notamment à l'automne et aux équinoxes ; les épisodes cévenols sont de plus en plus considérables ; les périodes de sécheresses de plus en plus longues et des pluies diluviennes s'abattent sur des sols desséchés. Bref, il faut s'adapter." Poser, comme à Sète, des boudins géotextiles géants, sous l'œil bienveillant des instances européennes, reculer le trait de côte et déplacer des routes n'est pas généralisable. Question de coût. Question de prise de conscience.

Littoral en danger

"Il a fallu 20 ans après la tempête centennale de novembre 1982 pour que le lido de Sète à Marseillan soit traité. Problème : les choses s'aggravent et il n'est pas sûr que la nature nous laisse encore 20 ans de plus pour traiter des situations aiguës comme à Leucate, Le Barcarès, Canet, Argelès, Vias, etc. Sur les cartes des spécialistes européens, notre littoral est d'ailleurs classé rouge". En danger. "Si demain, s'alarme Jean-Paul Salasse, on a une tempête comme celle de 1982, on aurait des dizaines de morts. Il faut anticiper sur le problème des futurs réfugiés climatiques. On n'a pas le calendrier précis mais on sait que ça arrivera..."

> Fête de la biodiversité, "Refaisons le climat", les 25 et 26 septembre, bassin Jacques-Coeur, Montpellier. Entrée libre.

L'article intégral sur le site de Midi Libre


A notre avis 
Pas de lutte contre le réchauffement climatique sans réponses sociales et politiques en rupture avec le capitalisme !

Il est toujours salutaire de rappeler, comme font les associatifs évoqués dans cet article de Midi Libre, les données concrètes du réchauffement climatique et, malgré les incertitudes, d'en appeler à la prise de conscience et à l'action.  Néanmoins, sur ce dernier point, on ne peut en rester à des voeux pieux ou à des réponses techniques à ce qui relève d'un problème de société, de civilisation même : les aberrations d'un système productiviste qui doit être désigné par son nom, le capitalisme, car, sur le sujet, il n'y a pas d'incertitudes. Ni sur la course folle au profit maximal propre à ce système qui participe à la fois de ce qu'il est mal convenu d'appeler "la" crise, comprenons "leur" crise économique qui en devient "notre" crise sociale, ni sur l'iceberg du désastre écologique, corrélé à cette logique du profit et dont le nucléaire, le gaz de schiste et désormais le réchauffement climatique sont la pointe émergée. 

L'échec successif des Conférences internationales sur le climat et l'échec annoncé de la toute prochaine, COP21, tiennent précisément au refus des Etats du monde de se dégager des options de relance de la valorisation du capital qui leurs tiennent lieu de "politique". Ce double verrou combiné, étatique et économique, se paye du développement d'une misère accrue des populations qui par ailleurs sont les premières victimes des effets induits de la capitaliste déstabilisation écologique du monde. La lutte sociale et la lutte écologique sont indissociables et c'est probablement, pour une bonne part, l'actuelle non-rencontre de ces deux fronts qui laisse toute latitude aux puissants pour mener ce monde à sa perte. Y compris en semant des leurres sur les possibilités que le supposé capitalisme vert soit la réponse technique (mais aussi avec, à la clé, de la profitabilité individualiste et, sur le fond, court-termiste) et délibérément apolitique aux défis actuels ! 

L'urgence de la lutte contre le réchauffement climatique est incontournablement l'urgence d'une réponse politique, elle-même nécessairement adossée à une radicale mobilisation sociale ! COP21 doit être l'occasion de mettre ce chantier en oeuvre. Le NPA, pour sa part, s'y emploiera.

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Lors du meeting, Christine Poupin a rappelé que le changement climatique se combine avec les autres crises. Si la hausse de la température moyenne n’est pas inférieure à 2°C d’ici 2100, un habitant sur 10 vivant à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer sera menacé. Les ouragans, inondations, sécheresses, et les guerres, s’amplifieront...
Donc 80 % des réserves connues de combustibles fossiles doivent rester sous terre et ne jamais être exploitées. Au lieu de cela, les capitalistes, relayés par les gouvernants qui les représentent, nous entraînent dans leur logique de destruction et de surproduction inutile. Ce ne sera pas la COP21 qui apportera les solutions radicales nécessaires : son contenu est déjà déterminé par les « engagements » des grandes puissances, et taillé pour les intérêts des lobbies industriels et financiers (nouveau marché du carbone et bien sûr nucléaire) ! Ils refusent de reconnaître la dette écologique vis-à-vis des pays du Sud et d’accorder un statut de réfugiés aux victimes climatiques. Cliquer ici


 Les premières mises en garde scientifiques sur le danger du réchauffement global remontent à plus de cinquante ans. Elles ont fini par être prises suffisamment au sérieux pour que les Nations Unies et l’Organisation Météorologique Mondiale créent, en 1988, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC). Cliquer ici







Le festival du 27 septembre


Le dimanche 27 septembre 2015, le collectif Alternatiba Montpellier organise un grand festival des Alternatives au changement climatique!

Investissant pour l’occasion le magnifique parc Sophie Desmarets, trop peu connu des montpelliérains, plus de 70 associations et organisations du territoire et du quartier proposeront des débats, des espaces d’expérimentation et de pratique, des projections, des concerts, des spectacles, des jeux, … pour montrer au plus grand nombre que des alternatives au changement climatique existent et qu’en plus elles proposent un monde plus juste et plus solidaire!

12 espaces thématiques pour vivre et expérimenter concrètement les alternatives!

Alimentation, Agriculture, Climat et Biodiversité, Économie, Énergie, Eau, Mobilité, Numérique, Bien être, Habitat, Éducation, Démocratie et citoyenneté: sur chacun de ces espaces thématiques, véritable villages dans le village, nous proposerons de mettre en lumière des pratiques et des initiatives existantes par le jeu et l’expérimentation. Une programmation de débats et de projections viendra alimenter la curiosité des uns pendant que les autres préféreront rester dans la pratique!

Des concerts, spectacles et animations en tout genre pour montrer que le monde que nous souhaitons et, non seulement plus respectueux de notre environnement, mais aussi plus juste, plus solidaire et plus… festif!

Alors n’attendez plus et venez co-construire ce village des possibles avec nous!

 

REJOIGNEZ NOUS!

A retrouver sur le site d'Alternatiba Montpellier

NPA 34, NPA