mardi 15 septembre 2015

Fête de l'Huma pour une gauche qui n'est pas à la fête...



15 septembre

Démarche politique stérile et contre-productive :

Front (divisé) de gauche... ou l'électoralisme qui plombe les élections !

Les désaccords concernent aussi le rapport avec le Parti socialiste et les perspectives électorales. Le PG préfère EELV (pourtant toujours dans la majorité présidentielle) au PCF... Ainsi, pour les prochaines régionales, il y aura autant de listes PG-ELLV que de listes PCF-PG. Mais les divisions ne portent parfois que sur la tête de liste, comme en Île-de-France où le PCF exige Pierre Laurent contre l’avis du PG ou de Clémentine Autain d’Ensemble. Cliquer ici

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C'est à la Courneuve, tout droit, tourner à à droite, vous y êtes : Impasse électoraliste...

 

[A lire ci-après la situation politique en région]


Ce week-end a lieu la traditionnelle fête de l’Huma, le rassemblement politique le plus nombreux et le plus populaire
Comme d’habitude, des centaines de stands animés par les fédérations du PCF vont se dresser à La Courneuve et des dizaines de débats politiques auront lieu. Comme chaque année, la fête sera le reflet de l’état du parti et de ses discussions avec, comme l’année dernière, un service d’ordre privé, un espace international plus restreint, et une majorité de gens plus attirée par les spectacles et les concerts que par les débats.
 Nous sommes à la veille des élections régionales, des échéances décisives pour ce parti qui arrive à combiner un langage « lutte de classe » et une pratique de plus en plus institutionnelle et électoraliste.

Le PCF n’aime pas Mélenchon mais a besoin de lui pour ne pas se marginaliser, tout en ayant besoin du PS pour garder ses éluEs. Mélenchon a, lui, besoin des Verts et du PS au second tour. Divisés, les Verts ont quand même besoin du PS pour garder leurs éluEs. Cliquer ici

A notre avis

Nous analysons comme suit la déclinaison régionale de ce que notre camarade Alain Krivine décrit sur le plan national (extraits).
 
En Midi Pyrénées, les élus du Front de Gauche participent à la gestion social-libérale de la région, à Montpellier Métropole, René Revol, figure dirigeante du PG 34, s'est allié au clone de feu Georges Frêche aux côtés de personnalités de droite. Le dernier coup d'éclat dudit Philippe Saurel aura été, en cette rentrée scolaire, de remettre en cause le droit de grève  des personnels des cantines (lire ici). Le PG 34 (mais pas René Revol évidemment) est certes sorti de son habituel silence complaisant sur cette alliance pour dénoncer l'atteinte au droit de grève (lire ici). Ensemble ! aussi a fortement réagi (lire ici). 
 
Mais voilà, nous sommes toujours, avec le Front de Gauche, dans la politique de l'auberge espagnole (pas précisément sur le mode Podemos revendiqué à contresens dans cette coalition) : celle du temps électoral appelant la relance des démarches électoralistes par lesquelles on met le mouchoir sur ce qui fâche (les cogestions locales avec le PS ou ses dissidents) pour agiter le chiffon rouge d'une alternative ne reposant sur aucune pratique de terrain qui lui donne corps. Qui plus est en laissant la porte plus qu'ouverte à des fusions, véritable suicide politique, de second tour avec des socialistes "vallsisés-macronisés" ! Sans oublier les alliances avec une EELV qui, malgré les turbulences internes actuelles, n'a, dans aucune de ses fractions, y compris "de gauche" (n'est-ce pas Cécile Duflot ?), tiré le bilan de la participation au gouvernement Ayrault. Faut-il rappeler ici le rôle joué par Gérard Onesta, partie prenante (pressenti même comme tête de liste) de l'accord qui se profile pour les prochaines régionales avec le Front de Gauche, en tant que vice-président EELV de Martin Malvy (PS), au Conseil régional de Midi-Pyrénées (lire ici) ? (1) Toutes les belles paroles dessinant les "Projets en commun" des lendemains qui chantent, dans l'instant où le présent des compromissions politiciennes invite à un désenchantement ravageur, envoient le message d'une duplicité désastreuse ...
 
 Les participants à la liste commune EELV-Front de Gauche envisagée pour
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées : certains cogèrent localement avec le PS, d'autres pas. Tous prônent, pour la circonstance, l'alternative aux politiques du PS. Vous avez dit crédibilité ? (Photo Midi Libre)

Le NPA reste disponible à toute unité pour une alternative qui ne peut se décliner qu'en termes de rupture totale avec la politique gouvernementale; laquelle rupture se vérifie, en pleine cohérence, à tous les échelons institutionnels et ne se conçoit en fait que dans la reconstruction d'un mouvement social appelé à être le fer de lance du rejet de l'austérité et, par là, le vecteur d'un choix d'une société en sortie du capitalisme. La leçon grecque (2) comme la tragique situation que l'Europe impose à nos frères et soeurs migrants indique où se situe la barre du défi à relever par la gauche se réclamant de la radicalité. Force est de constater que le syndrome électoraliste des régionales (et de la prochaine présidentielle) qui travaille actuellement au coeur les diverses composantes du Front de Gauche n'est pas à la hauteur de la situation et contribue à la désorientation politique de la population, à une démoralisation qui ne peut que profiter à la droite et à l'extrême droite. 

L'alternative au capitalisme à construire passe inévitablement par la construction d'une alternative au confusionnisme politique qu'alimente le Front de Gauche. Ses militant-es ont toute leur place pour mener cette démarche de clarification avec nous et d'autres. Tant d'autres. Mais cela urge !


Antoine 

  
(1)  Exemple emblématique de cet alignement structurel d'EELV sur le gouvernement et ses relais locaux, son soutien sur le fond à la réforme territoriale ("Résolument régionalistes, les sénateurs EELV approuvent naturellement le projet de loi « NOTRe » dans sa version gouvernementale." Lire ici) que nous jugeons, pour notre part, antidémocratique et, corrélativement, vouée à restructurer les espaces régionaux en fonction de logiques de développement capitalistes si peu écologiques au demeurant. 
  
(2) La capitulation de Tsipras envoie un avertissement clair aux "alternatifs" européens : la rupture avec les sociaux-libéraux est une condition nécessaire mais non suffisante pour opposer une logique de défense des intérêts populaires  aux agressions des vautours eurocratiques. Non suffisante car ladite capitulation de la direction de Syriza s'est faite en toute indépendance d'un Pasok politiquement réduit à la marginalité ! La rupture nécessaire doit être aussi interne : comme il fallait chasser le policier de sa tête en mai 68, il faut aujourd'hui chasser le social-démocrate qui peut sévir, malgré soi, dans les esprits ! Par exemple quand on construit une liste électorale régionale sans le PS, alternative même, nous dit-on, au PS ...
Le texte intégral est à retrouver ici

Tract diffusé à la Fête de l'Huma