Air France. Valls avec Alexandre de Juniac, le patron social-killer...



L'édito de la Lettre Hebdomadaire (LI) du NPA 34
 Le 11 octobre 2015
Air France... L'envol de la révolte salariale... Le crash de la gauche capitaliste !

Manuel Valls a traité de voyous les salariés qui ont offensé deux chemises blanches qui traînaient dans des locaux du Comité d'entreprise d'Air France ! Ce faisant il est tombé dans le piège inscrit dans l'ellipse opérée par cet attentat aux dites chemises : l'ellipse d'humanité ! Ces pièces de tissu mises en lambeaux pouvaient en effet sans violence l'être puisque ce qu'elles contenaient d'humain s'était évanoui dans l'instant où Air France avait missionné ses dirigeants pour décréter la mise à mort de ce par quoi des travailleurs assoient leur propre humanité : leur travail. 


D'atteinte à l'intégrité des personnes il ne pouvait y avoir quand les mobilisés ont démontré, en éventrant les immaculées vêtures, qu'elles ne recouvraient rien d'autre que des pantins, des marionnettes. Lesquelles n'ont eu à subir de préjudice que de voir rompu, l'instant d'avoir à rejoindre la grille salvatrice à sauter, les ficelles qui les rattachent à leur maître, lui-même précautionneusement mis à l'abri des aléas des colères de foules !

Dans cette affaire les colères ont construit ce qui menaçait de s'effondrer chez les salariés : leur dignité d'hommes et de femmes. Contrairement à ce que cherche à signifier, à longueur de temps, l'intox des dominants, la colère est un puissant agent de défense et d'affirmation de soi face au risque permanent d'aliénation de l'humain. Risque induit par une logique financière emblématique de la quintessence impersonnelle du capital ! La mise au pilori des chemises aura été un acte symbolique nécessaire mariant l'autodéfense d'humanité du salarié au dévoilement que ces deux hommes n'étaient que des pièces de la mécanique froide de l'argent. Qu'ils aient senti le souffle ardent du retour d'une lutte de classes cessant de fonctionner à sens unique, qu'ils en aient éprouvé des sueurs froides, ne pouvait pourtant suffire à les réintégrer dans l'ordre de l'humain où il pourraient bénéficier de notre compassion ! Pris au piège des rouages comptables qu'ils ont à faire fonctionner et qu'ils continueront à faire fonctionner, une fois passé le coup de chaud, ils ne sauraient nous apitoyer. Telle est la sanction du rapport de classe qu'eux-mêmes posent irréductible à toute sentimentalité en énonçant que 2900 vies vont être dévastées, un point c'est tout !


Valls dans tout cela ? Ses ridicules poses martiales doivent être décodées comme étant celles du lilliputien participant des mêmes engrenages capitalistes à l'oeuvre, entravés quelques instants sublimes par le retour du refoulé salarial de classe ! Aveugle de sa pitoyable mise en scène médiatique avec, à ses côtés, les héros dérisoires du capital chahutés la veille, à nouveau propres sur eux, enchemisés de frais, le Manuel s'est piégé en procédant, de lui-même, au dévoilement de son univoque statut politique : cul et chemise, il est à la botte du capital ! Piètre révélation de ce que tout le monde sait ? Tellement la macronisation de cette gauche aura crucifié jusqu'aux apparences de gauche ? Ce serait oublier la vertu pédagogique, à grande échelle, que cette séquence d'Air Rance a mise en branle : la Tribune n'hésite pas à titrer "Air France : une majorité de Français comprend les actes de violence contre la direction" 

Peu importe que, dans l'immédiat, ils ne les approuvent pas ! On ne peut espérer que la pédagogie de la lutte des classes, retrouvée quelques minutes, efface des décennies de martèlement pseudo-humaniste sur le respect dû à des gens dont est une seconde nature le simulacre permanent qu'ils sont " des hommes comme nous" dans l'instant où ils cassent les uns après les autres nos points d'appuis sociaux. Il y a dans ce sondage la manifestation que, malgré le gigantesque matraquage politique et médiatique, a été ébranlée l'emprise systémique sur les esprits. Seulement ébranlée. 

 Cet acquis politique et social est certes fragile, voire appelé à passer quelque temps dans la clandestinité, mais il est marqué du sceau de l'inédit et il est de la responsabilité de tous ceux et celles qui, comme nous, s'exonèrent des mirages politiciens des prochaines élections de faire prospérer cet inédit, d'en faire l'étincelle qui, tôt ou tard, mettra le feu à la plaine des fatalismes. Par là existe la chance de relancer, mais la tâche est immense, la seule chose pouvant faire advenir une politique désindexée de cet institutionnel qui est raccord à la machinerie capitaliste : le mouvement social avec sa capacité, s'il veut bien s'y ressourcer, à se poser comme seul recours ... politique susceptible de déstabiliser les petits jeux politicards qui font l'ordinaire du microcosme, y compris celui de cette gauche qui, se disant radicale, compose et combine, ouvertement ou de biais, avec l'autre gauche, de droite. Celle, antiouvrière, de Valls et de Hollande...ces histrions à chemise, cravate, costume... , on en conviendra, trop bien mis. Véritables doublons des patrons d'Air France et du Medef dont on n'oubliera pas que, dans l'immédiat, leur capacité de nuisance répressive va être décuplée, à hauteur de l'affront subi, envers les nôtres "qui ont osé" l'autre jour à Air France. Nous devons à ceux-ci notre solidarité et notre appui contre la chasse à l'homme (à la femme aussi) qu'"ils" sont en train de peaufiner dans l'espoir rageur qu'ils vont ainsi exorciser le danger qui a si magistralement émergé en bousculant, sans violence encore (mais gaffe !), leur confiance illimitée dans ce qu'ils pensaient être leur victoire définitive, irréversible, sur les travailleurs ! 

La chemise ? La veste ? Ah bon, les deux ? (métaphore)

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