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mercredi 28 octobre 2015

Chômage en baisse ? Lecture biaisée des résultats ! Election oblige ?



En avril 2012, avant que François Hollande n’emporte la présidentielle, toutes catégories réunies, les chômeurs étaient près de cinq millions (4 925 800). En septembre 2015, ils sont plus de six millions (6 111 300), soit en l’espace de trois ans une hausse de plus d’un million (1 185 500). 

Dans la catégorie A, le chômage est en baisse en septembre et, à écouter le gouvernement, c'est le début de l'inversion de la courbe. C'est aussi, selon les mots de Manuel Valls, le résultat des réformes engagées. Mais de quel chômage parle-t-on ?

C’est la bonne nouvelle de la semaine pour le gouvernement empêtré dans les abîmes de l’impopularité. L’éclaircie, l’aubaine, à quelques semaines des élections régionales et d’une probable nouvelle déroute socialiste. « Le chômage est en baisse », entend-on partout sur les ondes depuis la publication, lundi, des statistiques mensuelles de Pôle emploi et la Dares. 23 800 chômeurs de moins en septembre dans la catégorie A, la catégorie de référence (qui n’en demeure pas moins la plus restreinte puisqu’elle ne regroupe que ceux qui sont au chômage et qui font des recherches effectives d’emploi) (le détail des chiffres ici). Mais si l'on y ajoute ceux qui, travaillant un peu, sont malgré tout en “recherche active d'emploi” (catégories A, B et C), le résultat est nul, comme l'établit le tableau ci-dessous.

Regardons de plus près la fameuse catégorie A. Moins 0,7 % de demandeurs d’emploi, c’est la plus forte baisse jamais enregistrée depuis huit ans. Le premier grand ralentissement depuis l’arrivée à l’Élysée de François Hollande, qui conditionne les suites de son avenir présidentiel à « l’inversion de la courbe du chômage », sa promesse. La diminution est particulièrement notable chez les moins de 25 ans, cible de nombreux dispositifs “aidés” (emplois d’avenir, garantie jeunes, contrats de génération, relance de l’apprentissage) : – 2,6 %. Soit la quatrième baisse consécutive enregistrée pour cette classe d’âge (– 2,7 % sur un an).

L’exécutif n’a cependant pas sauté aux lustres du pouvoir devant « les chiffres positifs ». Prudence. En août 2013, après vingt-sept mois de hausse consécutive, il avait applaudi l’annonce de 50 000 chômeurs en moins, « la plus forte baisse jamais enregistrée depuis treize ans dans la catégorie A ». Or, ce n’était pas ses réformes ou le retour de la croissance qui en étaient responsables mais une gigantesque panne informatique de l’opérateur SFR, qui avait empêché des milliers de demandeurs d'emploi d'actualiser leur situation sur le site de Pôle emploi. A posteriori, l’administration avait réévalué la baisse entre 22 000 et 29 000.

Manuel Valls, tout à la préparation de la loi “Macron 2”, une nouvelle dérégulation massive du marché du travail, n’a tout de même pas pu s’empêcher, ce mardi, de s’enorgueillir de cette septième baisse du quinquennat. « C'est le résultat de la conjoncture que tout le monde connaît, c'est le résultat des réformes que nous avons engagées et cela doit nous amener à poursuivre », a réagi le Premier ministre. Il ne perd pas son nord libéral, sa droite, convaincu que la baisse du chômage réside dans le “pacte de responsabilité” – 40 milliards d’euros de baisses de charges qui gonflent les marges, mais pas les effectifs, des entreprises – et dans un code du travail allégé de ses protections salariales pour une meilleure flexibilité et précarisation du marché. « C'est le résultat de (...) choix politiques qui ont été faits, à la fois la politique active et publique pour l'emploi, et en particulier à destination des jeunes, je pense (...) aux emplois d'avenir, à l'ensemble des emplois aidés, et puis c'est aussi le résultat d'une activité économique qui (...) reprend », a appuyé Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement.



Quand Myriam El Khomry, elle, s’est montrée plus prudente, marchant sur des œufs sémantiques : « Seule la tendance compte. Et le chômage est orienté à la baisse sur les quatre derniers mois. C'est encourageant. (...) Cette baisse n'appelle pas d'autosatisfaction de ma part. La crédibilité de l'action publique se joue sur la durée. » La nouvelle ministre du travail sait bien que quatre mois de baisse ne tracent pas une “inversion” durable. Aussi effective soit cette baisse inédite, aussi réelle soit la “stagnation” des chiffres officiels depuis quelques mois, la réalité reste toujours aussi sombre en France sur le front de l’emploi. Pour mesurer le drame du chômage de masse, son ascension vertigineuse en quelques années, la montée de la précarité, il faut aller par-delà les courbes de la simple catégorie A, sous les feux sempiternels des médias, où les demandeurs d’emploi s’établissent fin septembre à 3,55 millions (3,81 millions en incluant l’Outre-Mer), soit tout de même une augmentation de 3,1 % sur un an.

Il faut prendre en compte, dans le détail mais aussi dans leur ensemble, les catégories de demandeurs d’emploi, cet abécédaire désincarnant la tragédie du chômage sur les individus (A, B, C, D et E) qui regroupe tous les types de chômeurs, y compris ceux qui ont effectué des missions de très courte durée ou qui, par découragement, ont cessé de faire des recherches. En avril 2012, avant que François Hollande n’emporte la présidentielle, toutes catégories réunies, ils étaient près de cinq millions (4 925 800). En septembre 2015, ils sont plus de six millions (6 111 300), soit en l’espace de trois ans une hausse de plus d’un million (1 185 500). Voilà le bilan social, la France du réel en septembre 2015 : plus de six millions d’hommes et de femmes sur la touche, sans emploi ou vivotant dans la précarité du sous-emploi, du temps partiel subi, de l’intérim. Des cohortes de sans-travail et de travailleurs pauvres.

Et lorsqu’on regarde de près les courbes de chacune des catégories qui les réduisent à une lettre de l’alphabet, en ce mois de septembre, comme les précédents, elles sont toutes à la hausse. La réalité, c’est aussi un chômage de longue et très longue durée (d’un an à plus de trois années sans emploi) qui n’en finit pas de grimper (sur un mois : de 0,9 % à 1,2 % selon les tranches ; sur un an : de 6,4 à 7,8 %). Ce drame décrété « cause nationale » en 2014, « priorité des priorités » de 2015, emporte presque trois millions de personnes… La réalité, c’est aussi un chômage des seniors enkysté qui n’en finit pas de progresser. En septembre, il augmente de 0,1% ; sur un an, de 8,5%. Les plus de 50 ans ne connaissent pas de répit. « Ils sont ma priorité », dit Myriam El Khomry. Les prochains mois le diront…

L'article sur le site de Mediapart (réservé aux abonnés)

Les 40 milliards du pacte de « compétitivité », qui n’en finissent pas d’alimenter les dividendes, auraient-ils enfin créé les emplois préférables à la rémunération des actionnaires ? Le MEDEF se serait-il soudainement mis à embaucher, considérant que le « coût » du travail valait bien le coût du capital ? La direction d’Air France aurait-elle décidé d’ouvrir de nouveaux postes plutôt que de licencier ? Finalement, les incantations libérales « croissance, compétitivité, emplois » aurait été entendues, un peu comme le shaman obtient le retour de la pluie après le beau temps ? 

La recette du gouvernement pour « inverser » la courbe du chômage a un nom : LA PRÉCARITÉ.

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