vendredi 9 octobre 2015

Inondations : l'impasse politique et économiste !


 Dossier : inondations dans le Var, dans l'Hérault... Trois petits tours politiciens et s'en vont, l'irresponsabilité systémique suit, comme l'eau, son cours catastrophique !

Les inondations qui ont frappé la côte des Alpes Maritimes ont provoqué la mort de 19 personnes. Ce serait la faute à Météo France, au climat, à pas de chance, à la nature... Pourtant cette nouvelle catastrophe meurtrière, comme celles qui l'ont précédées et malheureusement comme celles qui suivront inévitablement, n'est en rien une « catastrophe naturelle ». [...] 

Mais c'est de la terre que vient le principal problème. Enfin, pas de la terre elle-même, mais de son artificialisation, de sa disparition sous des tonnes de macadam et de béton. 

Dans cette région, les villes, les centres commerciaux, les zones de bureaux ou industrielles, les villas, les Sophia Antipolis ou Marineland d'Antibes se succèdent sans laisser un seul espace libre, un seul espace qui puisse échapper à la frénésie foncière et immobilière. On a construit à tout va dans des zones inondables, y compris dans des zones classées « rouge » dans le Plan de prévention du risque inondation... donc interdites à toute construction !  Cliquer ici

Tout le monde s’en fout en, réalité. Ce qui compte c’est de développer « le pays", d’accueillir le maximum de gens, en dépit d’un foncier exorbitant. Regardez ces pauvres PPRI ! Une fois acceptés, ils sont souvent attaqués par élus et associations qui ont participé à leur élaboration, car ils veulent continuer à bétonner pépère. Lesquels élus, trop nombreux, gérant trop de communes, ne s’occupant que de leurs communes, passant la patate chaude de la responsabilité au voisin, ceux du bas (du littoral) se fichant superbement de ceux du haut (là d’où coulent les rivières), n’ont aucune vision globale de l’eau. Le chacun pour soi renforcé par le soleil qui a le grand mérite de sécher aussi vite l’eau que les larmes et la mémoire. Cliquer ici

Bientôt on passera à autre chose, et la rivière débordera. Cela plaît : les chaînes d’info continue aiment les larmes du populo-qui-a-tout-perdu, les crapules-sans-scrupules-qui-pillent, et les gentils-qui-viennent-aider. Estrosi et Ciotti accusent Météo France, les mairies réclament les assurances, Hollande et Cazeneuve ont déploré et promis, les grues soulèvent des voitures emboîtées et les services municipaux pompent la boue. Le théâtre sera bientôt refermé, car la comédie humaine n’intéresse qu’un moment. Quand le rideau sera tiré, il recouvrira ce pays dévasté par la cupidité de tous qui excite comme jamais l’envie des nouveaux riches. Est-ce vraiment la beauté de Méditerranée que viennent acheter ici oligarques russes et barbapapa qataris ? Non. Ils s’offrent la tranquillité de lieux qui sont comme chez eux, où tout peut s’acheter, où le passe-droit règne, où le plouc est révéré, où la vulgarité est la norme. Où la fascination du pouvoir a tout gangréné, sauf peut-être le loup. Où l’envie est plus forte que les évidences. Cliquer ici

Les élus locaux, les élus départementaux et les parlementaires qui cumulent souvent ces fonctions, se précipitent depuis dimanche matin sur tous les micros qui se tendent pour accuser le ciel de tous les maux, affirmant avant les spécialistes de la météo « qu’ils n’ont jamais vu cela ». Ils reprennent en boucle les remarques des habitants qui, comme nous tous, ont toujours une mémoire sélective et défaillante du temps qu’il a fait. Il est possible d’être indulgent pour ces derniers, tout en se demandant pourquoi certains sont morts ou été blessés en se précipitant pour sauver des bagnoles qui ne sont que des « objets » qui seront remboursés par les compagnies d’assurance. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard que les chaines de télévision privilégient les images des entassements de voitures provoqués par la brusque inondation. Cliquer ici

A Cagnes sur Mer, commune des Alpes Maritimes de 46 000 habitants faisant partie de Nice Métropole, le maire s’apprête à inaugurer solennellement le Polygone Riviera, un gigantesque centre commercial dont le parking non encore ouvert a été totalement inondé lors de la catastrophe pas très naturelle qui vient d’affecter une partie du département. Cliquer ici



C'était dans l'Hérault, avec un point de fixation dramatique à Grabels, il y a un an...

Ce samedi dans le magazine Reportage diffusé sur TF1 (13 h 30), les journalistes Lucas Garcia, Aurélie Erhel et François Lescalier ont réalisé un documentaire de trente minutes sur les sinistrés de l’automne. Durant six mois, ils ont suivi les galères d’une famille de Grabels (34), d’un vigneron d’Arzens (11) et d’un couple dans l’Ardèche. Cliquer ici

La mobilisation des sinistrés de Grabels et de leurs soutiens



Le point de vue d'un opposant de droite, ex premier adjoint du maire PG de Grabels ...

Tiré du blog de Eau Secours 34. Cliquer ici

En septembre dernier, la "récidive" dans l'Hérault et les départements voisins avec la ville de Lodève particulièrement dévastée : Orage en V et pluies diluviennes en Languedoc

Nos élus ne s’arrêtent pas là et ont prévu de combler les zones libres en érigeant  de rutilants centres commerciaux aux alentours de la ville. Côté Sud-Est, Ode, Oz, le contournement ferré et sa nouvelle gare installée en zone inondable comme Pas de roses sans épines ! l’a démontré ici. Et ce n’est pas tout ! Les Portes de l’aéroport vont sortir de terre dans le Pays de l’Or immobilisant 14 hectares ! Sans oublier le doublement de l’A9 actuellement en cours qui empêchera autant d’eau de s’infiltrer en cas de fortes pluies. Au nord de Montpellier, Decathlon y va à fond le béton avec son gigantesque projet Oxylane de 20 hectares qui a été officialisée par la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC). Cliquer ici 

En savoir plus sur le projet Oxylane Décathlon au nord de Montpellier : cliquer ici 

A lire aussi

Une mise en perspective globale de la question...

Les inondations meurtrières qui viennent de ravager les Alpes-Maritimes, y provoquant une vingtaine de morts, succèdent à celles ayant frappé le Gard, le Var, la Vendée (Xynthia), la Bretagne l’hiver dernier, l’Hérault le mois dernier, témoignant d’une incapacité structurelle à prévenir des phénomènes qui vont se multiplier à l’horizon des prochaines années.
Le scénario est désormais bien réglé, les éléments de langage multidiffusés : déchaînement de la nature, réchauffement climatique, épisode cévenol, catastrophe sans précédent, compassion nationale, témoignages déchirants des rescapés, cellule de crise, déplacements officiels, indemnisation, résilience, programmes de prévention… [...] 

A rebours du refrain fatalité-compassion, force est pourtant de constater que tout cela est parfaitement prévisible, rançon de plus d’un demi-siècle de dévastation de la nature, rupture de ses équilibres et rythmes naturels, pratiques agricoles ravageuses (remembrement, drainage, disparition des zones humides…), et surtout politiques d’aménagement du territoire et de l’urbanisme aux conséquences délétères.

Zones humides, ruisseaux, rivières et fleuves chenalisés, bétonnés, enterrés, disparition des champs d’expansion des crues qui ont été viabilisés, aménagés, urbanisés…

Ainsi 50% des zones humides du littoral languedocien ont-elles disparu depuis la seconde guerre mondiale mais la France n’est pas le plus mauvais élève de la convention Ramsar : il y a souvent pire ailleurs ! Cliquer ici

Et aussi
La concentration des terres dans les mains de grands groupes explose, notamment en Europe, au détriment des petits agriculteurs. Comment réformer un modèle aux airs d’agrobusiness ? 

Les terres agricoles sont la nouvelle poule aux œufs d'or des marchés financiers, et l'Europe n'est pas épargnée.

De manière croissante, acteurs de l'agro-industrie ou spéculateurs sans lien avec le secteur investissent dans les terres, dont la majeure partie se retrouve entre les mains d'une poignée de puissants. Cliquer ici

Et encore



NPA 34, NPA