mardi 13 octobre 2015

René Revol (PG 34) attaque en justice Montpellier journal et met en danger son existence...


La liste pour les régionales Projet en commun* (EELV-Front de Gauche) assume : René Revol est un de ses candidats !

*Désormais cette liste s'appelle Nouveau monde (lire ici)

A lire ci-dessous
A notre avis : de la duplicité politique d'une certaine "gauche radicale" !


L’ami de longue date de Jean-Luc Mélenchon, l’un des 66 membres du bureau national du Parti de gauche, maire de Grabels et vice-président du divers droite Philippe Saurel, s’en prend à un journaliste précaire. Il me cite à comparaître devant le tribunal pour de prétendues insinuations et demande aux juges de me condamner à débourser plus de 7 000 € alors qu’en contrat aidé, je ne gagne que 650 € par mois. Le slogan du défenseur de la veuve et l’orphelin, Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2012 ? « L’humain d’abord. » Me voilà rassuré.

10 janvier 2015. Trois jours après la tuerie à Charlie hebdo. Dans sa commune de Grabels, René Revol prononce un discours en « hommage » aux victimes. Un halo se dessine au dessus de sa tête. La voix douce, empreinte d’émotion, il déclare : « Ce qui était attaqué c’était d’abord la liberté de la presse. La liberté d’expression, d’information est un des piliers de notre pacte républicain. Dès le XVIIIe siècle, le combat pour la publicité des débats, comme disait les révolutionnaires, pour que les citoyens aient accès à toute l’information, est quelque chose de fondamental. Lorsque commence à être atteint ce droit, c’est le cadre même de notre vivre ensemble qui commence à être remis en cause. » On en pleurerait.
Regarder la vidéo (vers 1’30).


Un huissier au petit matin
 
Environ trois mois plus tard, l’élu envoie un huissier au petit matin à mon domicile pour me remettre une « citation directe devant le tribunal correctionnel ». À 47 ans, c’est la première fois que j’ai affaire à un huissier. Ça fait bizarre. Ça fait d’autant plus bizarre quand il est envoyé par un cadre du Parti de gauche dont le candidat à la dernière présidentielle prônait « L’humain d’abord ». Ça fait encore plus bizarre quand ladite citation devant le tribunal fait la bagatelle de… 400 pages ! Cliquer ici


A lire aussi sur le site d'Acrimed : René Revol (Parti de gauche) réclame un an de salaire en justice au directeur de publication de Montpellier journal

A notre avis : de la duplicité politique d'une certaine "gauche radicale" !

Nous avons dit et nous redisons ici notre plein soutien à Jacques-Olivier Teyssier et à Montpellier Journal. La décision de René Revol d'attaquer en justice le directeur de ce journal en ligne est indéfendable, qui plus est, quand il assortit la plainte d'une requête en lourd dédommagement financier pour préjudice subi : outre l'incongruité qu'un aussi éminent membre de la gauche de contestation radicale quantifie en énormes espèces sonnantes et trébuchantes une affaire d'honneur personnel et politique supposément bafoué, il y a surtout une démarche bafouant, si elle aboutit, autre chose de plus "lourd", pleinement sur le terrain politique, rien moins que le droit à l'existence d'un petit média d'investigation teigneux (une qualité pour nous) mais justement, pour cette raison, nécessaire à déranger la vie consensuelle des gestionnaires de l'ordre local.

Il est un fait que René Revol ne tourne pas rond politiquement, c'est le moins que l'on puisse dire : rallié, à la Métropole de Montpellier, au vallsiste Philippe Saurel qu'il vilipendait jusqu'à plus soif au soir du premier tour de la municipale de Montpellier (voir ci-dessous en fin de page), il ne goûte pas que l'on souligne ce qui l'écarte de ses options politiques générales, à commencer par la rupture proclamée avec la politique politicienne dont Philippe Saurel s'est pourtant révélé être rapidement un magnifique fleuron. Ne prenons pour exemple que ce que le documentaire diffusé tout récemment par France 3 (voir vidéo en replay ci-dessous) nous donne à comprendre de la situation du Petit Bard, ce quartier populaire de Montpellier : "Lors de la dernière campagne électorale pour les municipales, en 2014, Philippe Saurel  dit mettre fin à la corruption après des années de clientélisme. Un an plus tard, les promesses n'ont pas été tenues selon l'association [Justice pour le Petit Bard] et l'amertume est grande." (cliquer ici) La mairie envisage même de priver cette association du local qu'elle occupe. On trouvera plus d'infos sur le sujet, tiens donc, dans l'article de Montpellier journal Quand Philippe Saurel faisait des promesses au Petit Bard (accès réservé aux abonnés, eh oui, il faut bien qu'un "petit journal", pas celui de Bolloré, trouve de quoi survivre. N'est-ce pas René Revol?). Celui-ci arguera-t-il, sur le mode "ma main gauche ne veut pas savoir ce que fait ma main droite", que son alliance avec Philippe Saurel se situe sur la Métropole (où il y aurait beaucoup de choses à dire !) et non sur la mairie de Montpellier dans laquelle évidemment le maire de Grabels qu'il est n'a rien à faire. Mais vraiment rien à dire ou redire en tant que dirigeant du PG 34 ?

Reste l'onde de choc politique d'une telle situation qui met en évidence qu'en intégrant dans ses rangs ce personnage à deux facettes aussi antinomiques (Le colistier de Gérard Onesta, René Revol, ne lâche pas Montpellier journal), la liste conduite, pour la prochaine élection régionale, par Gérard Onesta et regroupant EELV, le Front de Gauche et quelques autres, dément ce qu'elle prétend être : une liste alternative aux politiques "capitalistes" en place, donc une liste de rupture avec les "mauvaises" pratiques induites par celles-ci. Mais comment oublier que le double jeu revolien se retrouve déjà dans le positionnement de ladite tête de liste qui, en région Midi-Pyrénées, cogère en toute sérénité les affaires publiques avec ce Parti Socialiste dont il dit, en même temps, la nécessité impérieuse de s'en démarquer absolument ?

Bref, ce dont la plainte de René Revol contre Montpellier Journal est le nom est le nom aussi d'un jeu politicien beaucoup plus large, dépassant l'anecdote héraultaise, qui se pare des couleurs de la gauche de rupture pour en fait continuer les jeux de passerelles avec les pouvoirs institutionnels dont le Parti Socialiste ou ses faux dissidents sont les piliers. La démarche régionale d'Onesta (EELV), Hermet (Ensemble-Front de Gauche), Vieu (PCF-Front de Gauche) et quelques autres, de faire, comme l'indique le nom de liste adopté, "projet commun" avec un René Revol (au demeurant soutenu sans faille par son parti, le PG) qui, sur fond de brouillage politique, joue délibérément le jeu d'une atteinte à la liberté d'expression, est un projet qui d'emblée se dévalue. Il ne dit pas en effet ce qu'il est, il couvre ce qui contredit ses options déclarées (sur le modèle au fond de la politique néofrêchiste attrape-tout - et son contraire - menée par Philippe Saurel lui-même). C'est une lapalissade que de dire que ce n'est pas ainsi que l'on combat les politiques que l'on dénonce. Pire, c'est ainsi que l'on ouvre des boulevards à ce FN, à l'affût de décliner son terrible "tous pourris", dont on dit vouloir contrecarrer la montée en puissance. 

Les nouvelles ne sont décidément pas bonnes du côté d'une gauche de rupture qui fait dans la continuité désastreuse de cet ordre des choses dont souffrent les journalistes indépendants comme tant d'autres secteurs de la population. La réponse aux défis du moment est ailleurs, dans l'immédiat, dans le travail acharné à remettre en route les contestations sociales pour ce qu'elles portent comme alternative politique pour la rupture. Pour de bon ...


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Sur "l'allié" Philippe Saurel...


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René Revol en si bonne compagnie...


 Au centre Gérard Onesta (EELV) avec, à sa gauche, Christian Dupraz (EELV) et, à sa droite, David Hermet (Ensemble-Front de Gauche). Au premier rang à la gauche de Marie-Pierre Vieu (PCF-Front de Gauche), Muriel Ressiguier, co-secrétaire départementale du PG (membre du Front de Gauche). Et complètement à droite René Revol. Cliquer ici
NPA 34, NPA