NPA 34, l'édito de la semaine...


 Notre solidarité envers les victimes et leurs proches, notre refus de l'"union nationale" avec les pompiers pyromanes du gouvernement !

Edito.
Le 15 novembre 2015
  Du 7 janvier (Charlie) à ce 13 novembre,
le toujours plus monstrueux jeu en miroir et en boomerang des terroristes et du gouvernement

Les attentats horribles qui ont eu lieu à Paris vendredi soir, faisant plus de 120 morts [132 morts selon le bilan au 16 novembre], des centaines de blessés, cette violence aveugle, suscitent la révolte et l'indignation. Le NPA les partage et exprime sa solidarité aux victimes, à leurs proches. Ce drame est d'autant plus révoltant qu'il frappe des victimes innocentes, que les attaques meurtrières visaient la population.
Cette barbarie abjecte en plein Paris répond à la violence tout aussi aveugle et encore plus meurtrière des bombardements perpétrés par l'aviation française en Syrie suite aux décisions de François Hollande et de son gouvernement. 

La barbarie impérialiste et la barbarie islamiste se nourrissent mutuellement. Et cela pour le contrôle des sources d'approvisionnement en pétrole. (Leurs guerres, nos morts: la barbarie impérialiste engendre celle du terrorisme)

Protégés par nos frontières, notre confort et nos cafés parisiens, nous n’avons pas souvent l’occasion d’être confrontés à la violence ressentie par les populations de pays soumis à des guerres ou des régimes dictatoriaux soutenus ou financés par les puissances occidentales. L’ère post-coloniale reste structurée par un racisme aussi profond qu’inconscient à l’égard de peuples laissés à l’abandon ou soumis au pillage. Un racisme qui n’a certes plus grand chose à voir avec celui de Gobineau, et qui se nourrit plutôt de rapports de force économiques, mais qui établit de manière tout aussi inébranlable qu’il existe deux humanités, celle qui compte et celle qui ne compte pas. Une division que nous reproduisons au sein même de nos pays, à l’encontre des habitants des quartiers défavorisés, citoyens de seconde zone qui perpétuent la stigmatisation des “classes dangereuses”. Non, tout le monde ne vit pas dans la liberté, l’égalité et la fraternité dans notre République.


On peut se rassurer en s’affichant en bleu-blanc-rouge sur Facebook ou en chantant la Marseillaise. On peut se contenter de penser que le terrorisme nous place face à l’incompréhensible et à l’irrationnel. Mais l’exemple israélien nous montre que nous continuerons longtemps à dessiner des larmes sur le profil de Marianne tant que nous choisirons de croire que nous n’y sommes pour rien, et qu’il n’y a rien à changer dans notre merveilleux modèle, dont on s’étonne qu’il ait cessé de séduire les jeunes des banlieues. L’égalité et la fraternité ne se construisent pas avec des barbelés et des bombes, mais avec le droit et la prospérité. Le jour où la République retrouvera le chemin de ses principes fondateurs, alors seulement nous pourrons regarder s’éteindre le terrorisme. (Dépasser Charlie)


La réaction du gouvernement et d’une grande partie du personnel politique, voire syndical, est d’en appeler à l’Union nationale, de convaincre chacune de rester chez soi, d’exprimer sa compassion et sa solidarité avec les victimes par des actions individuelles, bougies aux fenêtres ou messages sur Facebook. Pour les laisser mener leur politique guerrière, il faudrait ne pas « faire de politique », refuser toute discussion ou action politique.


Eh bien non, nous n’arrêterons pas de « faire de la politique », car nous pensons vital de ne pas laisser la politique à ceux qui sont les responsables de cette situation de pourrissement. Pour que ce genre d’événements ne se reproduise pas, il nous faut exprimer cette « politique des opprimés » qu’évoquait le regretté Daniel Bensaïd, à mille lieues de la politique des fauteurs de guerre et des marchands d’armes, qui prétendent défendre la « civilisation » mais n’hésitent pas s’allier avec les régimes les plus oppressifs (de l’Arabie Saoudite à Israël en passant par le Tchad). Notre compassion doit pouvoir s’exprimer autrement que par des discours et des actes individuels, prendre une forme collective et fraternelle affirmant la solidarité avec les victimes et le refus de la guerre, de l’autoritarisme et du racisme. Nous rassembler aussi largement que possible sur ce thème, et au plus tôt, est une nécessité pour combattre les tentations autoritaires, les discours va-t-en-guerre et les dérives racistes qui se multiplient dans le camp des dominants. (Attentats : pourquoi il faut agir et discuter politique)




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