Désintox. L'état d'urgence à la place de la République c'est...


... la violence policière contre des manifestants pacifiques, si, si !


Lire ci-dessous "Coup de gueule : leurs morts valent les nôtres !" par Antoine

6 décembre

Perquisition musclée chez un homme atteint d’un cancer puis chez sa belle-fille enceinte (CCIF)


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Un officier de Police Judiciaire : « On pensait que Sarkozy était le pire, mais là... »
  
 
Reporterre publie deux témoignages de manifestants arrêtés dimanche après-midi, place de la République, à Paris, et placés en garde à vue. Cliquer ici
 
5 décembre 

Etudiante arrêtée à République, insultée, humiliée... La police "socialiste", tendance Marine, est trop !

Nous sommes quelques étudiants. Ce qu'on étudie concerne nos vies, et nous essayons d'y penser aussi en dehors de l'université. 

Nous sommes donc quand même venus place de la République ce dimanche 29. En partie parce que nous avons du mal à croire que « résister » à la peur (entre autres choses auxquelles il faut résister) réside seulement dans le fait de continuer à boire des coups en terrasse. […]
Le lendemain matin, à partir de 8h, les jeux pervers reprennent. Un homme me demande si j'accepte de donner mes empreintes digitales, sachant que « sinon c'est un an ferme et 15000d'amende ». Il tient à assister son collègue en charge de le faire. Il laisse planer le doute d'une fiche S qui m'attendrait à  la sortie de cette garde à vue, insistant bien sur le fait qu'avec le métier que je veux faire, « [je] suis dans la merde », et qu'« il faudra réfléchir aux conséquences de mes conneries la prochaine fois». Il essaie par divers moyens rhétoriques de me faire donner des raisons politiques à
mon acte, des noms... Cliquer ici

2 décembre

Que s’est-il exactement passé le dimanche 29 novembre 2015 sur la place de la République à Paris ? Pour que l’on puisse se fier aux médias, encore faudrait-il qu’ils disposent des moyens d’observer, d’enquêter de recouper des témoignages, au lieu de s’en remettre à une vision étrangement conforme à la version de la Police. Nous publions ici un bref article traitant des JT de 20h de TF1 et de France 2 le soir du 29 novembre, avant de revenir, dans les prochains jours, sur le traitement médiatique plus global des manifestations, notamment à République. […]

La parole a-t-elle été donnée à des manifestants ? Non. À des témoins ayant une autre version que la version policière, ou d’autres commentaires à faire que ceux, à l’unisson, de la présidence de la République, du ministère de l’Intérieur et de la Préfecture ? Non.

Il y avait pourtant encore, en début de soirée, des centaines de personnes à République, qui avaient peut-être autre chose à dire, comme le démontraient déjà les multiples photos, vidéos et commentaires qui circulaient sur les réseaux sociaux. Mais de toute évidence, ces « autres voix » n’intéressaient pas les JT, trop occupés à assurer, aux côtés du gouvernement et des forces de police, le maintien de l’ordre. Cliquer ici
 
Après les attentats meurtriers à Paris du 13 novembre, le gouvernement a instauré l’état d’urgence qui a été prolongé pendant trois mois. Cet état d’exception permet au gouvernement d’interdire les manifestations sociales, féministes et écologiques. Mais n’en déplaise à Hollande, Valls et Cazeneuve, la lutte des classes refuse de se taire...

Avec l’instauration de l’état d’urgence, nous vivons désormais sous un régime d’exception qui n’a pas seulement des impératifs sécuritaires mais a aujourd’hui comme fonction de museler la société en installant durablement un état de peur et d’interdire ou du moins de limiter les revendications sociales... Tout cela alors que le patronat et le gouvernement continuent leur politique d’austérité et de casse de nos acquis sociaux. Cliquer ici



«Échanges d’informations » et « coordination », Poutine s’est dit prêt à apporter « une contribution pratique à la formation d’une coalition antiterroriste très large, à savoir un front antiterroriste sous l’égide de l’ONU ». Non sans oublier de préciser que « la seule armée capable de lutter contre Daesh, c’est l’armée syrienne de Bachar el-Assad ». Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a eu de quoi se féliciter devant le silence de Hollande, d’autant que Fabius a envisagé que « des forces du régime » syrien puissent être associées à la lutte contre l’État islamique. Cliquer ici

Coup de gueule : leurs morts valent les nôtres !

La réorientation de la diplomatie française sur la Syrie est une véritable leçon de choses. Avant les attentats, contre le choix de Poutine d'intervenir en soutien du régime de Assad et de bombarder un peu Daech et beaucoup les autres forces rebelles au régime, Fabius en appelait aux plus hautes valeurs humaines pour demander le départ du dictateur aux mains effectivement ensanglantées par les meurtres de masse et tortures horribles auxquels il a recours contre son peuple révolté. Aujourd'hui c'est le même Fabius qui envisage que l'armée syrienne soit la pièce maîtresse au sol de l'offensive internationale éradicatrice à mener contre Daech, l'immonde coupable des attentats de Paris.

Ne nous leurrons pas, nombreux, nombreuses doivent être ceux, celles, qui, ici en France approuvent que "tout" soit fait pour détruire les barbares commanditaires et exécutants des attentats de Paris du 13 novembre dernier. Tout, peu importe que l'on s'allie avec un personnage coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité ? A bien y réfléchir on se dit que non, ce n'est pas possible. Comment tolérer de faire antiterrorisme avec celui qui terrorise son peuple SANS COMMUNE MESURE (la preuve, à portée de mains, là tout près de nous, par ces migrants syriens qui fuient cette horreur et ... que nos bons flics "socialistes" matraquent sans barguigner !) avec ce que les crapules criminelles de Daech ont fait à Paris ?

Car, attention cela va faire mal à l'union nationale tricolorisante, il faut bien regarder les choses par-delà l'intox politique et médiatique du moment :

"Si l'on s'en tient au mois d'août 2015, le Réseau syrien des droits de l’homme a documenté la mort de 2.040 personnes. Selon cette organisation, 1.623 sont attribuables au régime, contre 236 à l'Etat islamique. La majorité de ces victimes sont des civils, parmi lesquels 40% de femmes et d'enfants. Une autre association présente sur le terrain, le Violations Documenting Center in Syria (VDC), a établi un bilan pour une période allant d’août 2014 à mai 2015. Sur les 15.000 morts documentées, 14.000 sont selon le VDC attribuables au régime, contre un millier à l’Etat islamique." (Lire ici)

L'horreur d'avoir à imaginer que l'alliance avec le criminel Assad soit le passage obligé pour combattre les criminels de Daech m'amène, tant pis, à persister dans la comptabilité macabre : dans l'affrontement Assad-Daech, c'est le premier qui est vainqueur par ko, par 14 à 1... pour ce qui concerne la population syrienne ! Indécent me dira-t-on : quand il y a des morts on ne compte pas, un mort c'est un mort de trop ! C'est exactement ce que l'on a entendu lors des attentats djihadistes (d'Al Quaida) des Tours jumelles de New York en 2001... pour justifier, après que l'on ait oublié ce que, par exemple, dix ans auparavant, l' intervention impérialiste en Irak avait coûté de morts civiles, y compris celles imputables au régime de Saddam Hussein laissé sur pied pour nettoyer la rébellion chiite qui n'entrait pas dans les calculs géostratégiques des puissances impériales, pour justifier, disais-je, ce que l'intervention en Afghanistan, qui allait être la riposte aux attentats, allait coûter de morts, là encore, civiles.

Fermement décidé à froisser les "belles âmes" indignées par mes méchants calculs, je vais aller plus loin : si l'on retient que, sur grosso modo la dernière année, 14 000 morts syriennes sont imputables à Assad et si l'on ajoute au passif de Daech, soit un millier de morts syriennes, les 130 assassinés de Paris, eh bien nous restons, à peu de choses près, dans le même horrible ordre de grandeur de 14 à 1 ! 130 en plus, pardon aux familles de victimes, cela ne change rien. Horrible, non ?

A ce stade-ci, que l'on me comprenne bien, même si je suis sans illusion sur la possibilité que, dans l'actuelle déferlante d'union nationale, il en soit ainsi : ce que je veux exprimer avec force c'est mon indignation à l'encontre de ceux qui, en dehors des familles endeuillées (je suis sincèrement désolé pour elles de devoir en passer par là), s'indigneraient de ces lignes que je jette rageusement sur mon écran. Combien d'entre eux, d'entre elles ont manifesté, AVANT LES ATTENTATS DE PARIS, leur... indignation devant les crimes de masse commis, dans leur ventilation inégale, par l'hyperbolique assassin Assad et les artisans massacreurs djihadistes ? Poser la question c'est y répondre : peu, très peu ! Il faudrait, nous suggèrera-t-on, comprendre, la vie est tellement prenante ici, voire tellement difficile depuis que le couple d'alternance Sarkozy-Hollande mène la politique pro-patronale de démantèlement des droits sociaux ! Alors, la Syrie, l'Irak, les Kurdes, Daech c'est loin... avant de ne plus l'être. Et l'on comprend sans peine. A la rigueur !

Mais là où on ne peut pas comprendre du tout c'est que, à partir de ce passif sur le terrain humanitaire qui est en fait politique, celui des jeux de puissances impériales croisés avec les intérêts des multinationales, l'on bascule soudain dans le scandaleux passif consistant à tolérer ou, même, à soutenir l'un des criminels, le pire, pour combattre l'autre, horrible certes, mais indéfectiblement pas le pire au palmarès de l'horreur ! 

En fait si, je veux dire, oui, ce que l'on arrive à comprendre, chez certain-es, c'est que, pour eux/elles, le pire n'est pas celui que les froides statistiques établissent mais l'autre : l'autre parce qu'il "nous" en a tué 130, ici, et ça ce serait l'intolérable. Pas les mille de ces mêmes assassins sur lesquels "on" n'a pas bougé. Pire encore : l'intolérable ce ne seraient pas, non plus, les 14 000 de notre prochain allié !

Conclusion de tout cela : la comptabilité macabre que j'ai tenue plus haut, pour les besoins de ma démonstration d'indignation, est finalement bien peu de chose en comparaison de celle implicite de ceux/celles qui font des 130 morts, totalement inexcusables, de Paris le chiffre de l'intolérable absolu qui annule les 14 000 de là-bas. Car, il va falloir assumer, s'allier avec Assad pour combattre Daech, une fois les proportions dans l'horreur criminelle posées sur la table, hors donc toute l'hypocrisie qui cherche à travailler l'émotion, au demeurant légitime, suscitée par les attentats, c'est... tuer une deuxième fois les 14 000. Et les assassins de leur mémoire ce sont certes les faux indignés des attentats de Paris : Hollande, Fabius, Valls et tant d'autres. Mais aussi ceux/celles qui cautionneraient leur alliance avec le criminel de Damas ! Une alliance qui, tel un boomerang, nous reviendrait à la face, état d'urgence ou pas (lequel, on pourrait ouvrir là aussi les yeux, traque en premier lieu les opposants à COP 21 et cherche à neutraliser l'opposition à la politique antisociale du gouvernement, régionales obligent !). Quant à la mémoire des 130, comment penser qu'elle sortirait indemne, ici même en France et ailleurs dans le monde, d'une telle géométrie variable dans la répudiation de l'inhumain ?

Dernière remarque accablée : le fin mot de cette désastreuse façon de tolérer l'intolérable, c'est finalement un militaire qui le donne. Le général Dominique Trinquand, expert militaire et ancien chef de la mission militaire française à l'ONU, a eu, dans le débat télévisé qui l'a opposé au sociologue Willy Pelletier, cette phrase emblématique de la banalité du mal qui envahit les esprits au-delà des cercles militaires et politicards : "Malheureusement les frappes chirurgicales sans aucune perte ailleurs n'existent pas" (voir ici à partir de 2:05). Comprenons, pour détruire Daech, on doit accepter, outre que l'on s'allie avec un dictateur assassin, que des civils, pas les nôtres, non, ceux de là-bas, meurent sous "nos" bombes : leur vie ne vaut pas la nôtre. Pourquoi donc ? Parce que, parce que...je ne suis pas raciste mais... Tout compte fait (mais sans se l'avouer) ne seraient-ils pas que des "Arabes" ? Pas des... Français ! Je vois d'ici le déni : comment ça, nous assimiler au FN (1)? Ma réponse : vous voulez être crédibles dans le refus d'une telle assimilation ? Démontrez-moi qu'un-e Syrien-ne d'Alep vaut un-e Français-e de Paris ... en posant que l'on ne saurait accepter 1/ que, pour la mort de Français-es, l'on s'allie avec un assassin de masse qui inéluctablement assassinera en masse, "mais" des Syrien-nes, pour ... contrer les barbares de Daech qui massacrent des Syrien-nes comme (en fait bien plus) ils massacrent des Parisien-nes et 2/ que l'on bombarde "chirurgicalement", c'est-à-dire, novlangue bonjour, non-chirurgicalement, en collatéralement destructeurs, "mais" toujours des Syrien-nes (pas des Parisien-nes !)  ! 

A vouloir tricher sur cette géopolitique de l'inhumanité où nos dirigeants ont largement leur part et veulent nous entraîner, on perd son âme, disent certains. Plus simplement, si l'on ose le terme, on perd son humanité. Et, oui, dans ce dérapage-là, allons jusqu'au bout dans le repérage de l'indignité à l'oeuvre, on commence à se vendre, "mais" hypocritement, au FN en se rendant de biais à son argument choc : un Français c'est sacré, à bas les arabes ! Lepénisation des esprits, cocarde tricolore en évidence... 

Heureusement à République (tiens donc), l'autre jour, l'honneur du refus conjoint de cette intoxication politicienne de masse extrême-droitisée, de l'état d'urgence couplé à celui de l'instrumentalisation de la lutte contre le réchauffement climatique, occupait la place. La violence policière exercée à son encontre a été paradoxalement l'hommage rendu au courage politique et à l'autre esprit que le sournoisement lepénisé, l'esprit de résistance à l'intolérable, "mais" l'universellement intolérable ! Sans le drapeau tricolore-cocorico-union nationaliste où un-e migrant-e syrien-ne n'a visiblement aucune chance de trouver sa place !

Tant pis, ras le bol, c'est dit !

Antoine 

(1) Certains-e ne se retrouvent-ils/elles pas "inconsciemment", porté-es par leur indignation hémiplégique, dans la filiation de la célèbre phrase de Jean-Marie Le Pen "Je préfère ma fille [ou ma famille] à mes amis, mes amis à mes voisins, mes voisins à mes compatriotes, mes compatriotes aux Européens." ? Ce qu'on pourrait décliner en "mes compatriotes aux Syrien-nes " ?

Note : concernant les propositions du NPA, relevons qu'il demande, entre autres, que l'armement nécessaire soit fourni par la France et les Etats occidentaux aux forces combattantes sur le terrain, opposées à la fois à Daech et à Assad, essentiellement les résistants kurdes et les unités armées laïques. Cet armement ne peut se faire que sous le contrôle et en fonction des besoins exprimées par ces forces. Par ailleurs une politique d'accueil digne de ce nom doit être mise en place pour les migrants fuyant ces zones de combat comme d'ailleurs pour tous les autres migrants.

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NPA 34, NPA