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mardi 8 décembre 2015

Election régionale en Languedoc-Roussillon : une forte poussée du FN...


 ... sans force politique capable d'y opposer l'alternative radicalement de gauche !
 
Pour cerner au plus près les évolutions entre les régionales de 2010 et celles dont le premier tour vient d'avoir lieu, il convient de partir des données électorales propres au Languedoc-Roussillon, par-delà la nouvelle donne que crée le découpage en grandes régions, pour ce qui nous concerne, l'émergence de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Mais auparavant rappelons-nous, en 2010, Georges Frêche, président de région sortant, avait perdu l'aval électoral du PS au profit d'Hélène Mandroux, alors maire de Montpellier. Sur sa gauche, s'était constituée, une des deux exceptions hexagonales avec le Limousin, une liste unitaire Front de Gauche-NPA et quelques autres organisations (A Gauche Maintenant !) en opposition ouverte avec la gestion socialiste sortante. Son score plus qu'honorable (près de 9%) s'annonçait prometteur d'une dynamique post-électorale, voire extra-électorale, avant que, dès les cantonales de 2011, le PCF et, dans son sillage le PG, ne décident de rompre avec le NPA : avec, pour le premier, le retour, plein et entier, au bercail de la cogestion locale avec le PS et, comme plat de lentilles, pour le second, l'assurance de contribuer à faire de Mélenchon le candidat commun pour la présidentielle de 2012. 

La suite, on la connaît : après l'euphorie de la campagne de cette élection et un score là aussi honorable, mais loin des espoirs suscités, le Front de Gauche a vu exploser, l'an passé, les contradictions que ses jeux d'appareils et les manoeuvres politiciennes les accompagnant avaient cherché à occulter. Sur fond d'une incapacité à s'homogénéiser en force d'opposition radicalement alternative à l'intégrisme social-libéral des couples Hollande-Ayrault, puis Hollande-Valls, et en force contribuant à la relance du mouvement social, il oscille, au gré des diverses élections, entre reculs ou stagnations.

Ces élections régionales l'ont vu ici chercher le salut, parmi d'autres formules soulignant l'éclatement de ses deux principales composantes, le PC et le PG, dans une coalition avec EELV. Peu importe que ce parti ait participé, sans aucun retour critique et même avec le projet de récidiver, au premier gouvernement "socialiste" antisocial et antiécologique. Peu importe que la tête de liste Nouveau Monde, Gérard Onesta et quelques autres aient fait alliance (mais chut !) avec le PS dans les régions sortantes. Sans parler de "l'incroyable" candidat Revol (1) du PG 34 qui exécute la prouesse de s'acoquiner à la métropole montpelliéraine avec le néo-frêchiste, divers droite, Saurel et de porter une attaque judiciaire assassine contre le média local le plus irrévérencieux, Montpellier journal... Le tout avalisé silencieusement par ce qui, à l'intérieur du Front de Gauche, se pose en organisation la plus radicale, mais à l'ADN suiviste stupéfiant, Ensemble !. Cette liste improbable, qui évidemment ne pouvait compter avec l'appui du NPA (voir ici les raisons de l'absence du NPA à ces élections), a joué au bluff de la "dynamique imparable" qui devait lui permettre  de passer devant le PS et de mener le combat contre le FN. 

Y a-t-il "nouveau monde" dans une fusion au deuxième tour avec une ex-secrétaire d'Etat de Valls ?

Comme nous allons le voir, il y a eu loin de la coupe aux lèvres et, imparable dynamique de toujours, le syndrome de la capitulation cogestionnaire reprend vite le dessus : alors que le score obtenu lui permettait de se maintenir, Nouveau Monde vient de décider de fusionner avec la liste socialiste. Au nom de la lutte contre le FN dans l'oubli, là aussi, que celui-ci s'alimente des désastres sociaux que provoque le socialisme gouvernemental, défendu par la candidate PS en région, ex secrétaire d'Etat vallsienne du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire, dans la continuité la plus plate, et même plus que zélée, avec la politique sarkozienne ! Avec la cerise sur le gâteau de la proclamation d'un état d'urgence et d'une politique gouvernementale sécuritariste (là aussi appuyée par la candidate locale du PS) totalement indexée sur les propositions du FN. Mais il est vrai que le député écologiste de l'Hérault, candidat Nouveau Monde, Jean-Louis Roumégas, comme la majorité de son groupe EELV mais aussi les députés communistes... et d'Ensemble ! avaient également approuvé ces décisions scélérates... qui crédibilisent exponentiellement le FHaine ! Fermons le ban de l'inconséquence politique.

Et abordons les chiffres de ces impasses politiques en comparatif entre ceux de la régionale de 2010 et ceux de l'élection de ce dimanche. 

La liste Onesta a décroché en Languedoc-Roussillon, 93 352 voix, soit 9,52% des exprimés alors que le cumul des voix de la liste Revol (Front de Gauche-NPA, etc.) et Roumégas (Verts) donnait 157 538 voix (17,7%). Le verdict est sévère : la perte s'élève à un peu plus de 64 000 voix. Le score en pourcentage ne fait pas illusion, en 2015, les héritiers unifiés de ces deux courants, délestés du NPA, connaissent un recul en voix d'environ 40% du total de 2010.

Le plus désolant c'est qu'ils participent de la débandade générale qui profite au seul parti, à l'extrême droite, s'imposant, hélas, certes frauduleusement, comme antisystème : cette intégration au lot commun des éclopés du système signe l'échec de cette réponse étroitement électoraliste, pompeusement annoncée Nouveau Monde, aux défis du moment.

Du côté du PS (Carole Delga), contre ce que certains médias veulent voir de sa capacité à résister, on relève sur la région, avec 186 681 voix, un recul de quasiment la moitié des voix obtenues, 373 584, en 2010, par le cumul de voix de Frêche et Mandroux (de 42% à 19% !). Un cumul avec les voix de Saurel (76 581) permettrait de ramener la chute à 110 322 mais la profonde division entre l'épigone de Georges Frêche et le PS rend assez inopérant ce cumul.

La droite subit un recul moins fort mais sur un résultat qui la maintient dans son incapacité structurelle à prétendre au pouvoir régional : Dominique Reynié obtient 163 466 voix (16,6%) à rapporter au total des frères ennemis Couderc-Jeanjean de 2010 : 192 540 (21%), une perte donc de 29 074 voix.

Comme il se doit, c'est le FN qui rafle spectaculairement la mise : avec 371 724 voix (37,9%), il fait plus que tripler largement ses voix de 2010 (112 656, 12%). Si l'on cumule toutes les voix d'extrême droite (candidat dissident du FN, Martinez, de l'UPR et de Debout la France) soit 48 030 voix, nous obtenons 419 754 voix, soit 42,81% pour un résultat cumulé en 2010 (FN-Martinez-Roudier du Bloc Identitaire) de 125 349 voix (14%).

Le danger, de ce côté-là, est bien réel et ne rend que plus irresponsable que ne s'engage pas une reconstruction de l'option politique se donnant pour objectif de contester au FN mais aussi à l'abstention protestataire et sans dynamique politique, qui reste toujours au chiffre record d'un électeur sur deux, leur capacité à brouiller les paramètres de la lutte anticapitaliste. Ce n'est malheureusement pas du côté de Lutte Ouvrière, pour laquelle le NPA appelait à voter, par défaut, que s'esquisse cette reconstruction : la liste de cette organisation passe, sur notre région, de 5622 voix (0,63%) en 2010 à 17 146 voix (1,7%) aujourd'hui. Plus du triple des voix mais à un niveau qui, face à l'étau mortifère d'un social-libéralisme se survivant par carence de réponses crédibles sur sa gauche et d'une extrême droite capitalisant les mécontentements suscités par cette politique, reste dérisoire et, vu la politique de ces camarades, sans promesse d'ouvrir une dynamique d'élargissement politique ni même social.

Ne nous le cachons pas, le bilan  de ces élections est désastreux mais ce constat lucide, loin de nous reclure dans l'impuissance et le désespoir, doit être, peut être un encouragement à enfin rompre avec les politiques de l'échec qui ne parviennent pas à décrocher radicalement du rapport à un PS totalement discrédité dans de larges couches de la population. L'accompagner, comme il est proposé au second tour de la régionale, pour faire front au Front National, alors que par ailleurs cette politique se matérialise par un désistement "socialiste" en faveur des sarkoziens Estrosi et Bertrand, ne  fera que renforcer le FN et, son dramatique corollaire actuel, le suicide politique de la gauche qui se dit dérisoirement d'alternative...

Le NPA reste disponible pour cette rupture d'alternative anticapitaliste, nécessairement articulée à la remobilisation sociale, pour cette rupture avec les fausses ruptures de gauche, vraies victoires de la droite et surtout de l'extrême droite ! 

Antoine

(1) Oui, c'était bien lui qui menait la liste unitaire de 2010 A Gauche Maintenant !. Autre temps, autres moeurs !

Note : en pourcentage des voix obtenues rapportées aux inscrits (oui, cela a du sens : celui de la représentativité des "politiques" les plus électoralistes, eu égard à ce que l'on appelle le "corps électoral", au demeurant injustement amputé de tous ceux que la vie ou l'injustice institutionnelle et sociale dépouille du droit de vote (sans-papiers, etc.), cela donne :

Onesta (EELV-FdG) : 4,7%
Delga (PS-PRG) : 9,4%
Reynié (UMP-UDI) : 8,2%
Aliot (FN) : 18% 


A noter : le PG figure en 3e position dans l'Hérault (Muriel Ressiguier), juste derrière le secrétaire départemental du PS et devant le député socialiste Assaf; Myriam Martin, porte-parole nationale d'Ensemble !, se place dans cette liste pro-gouvernementale en 8e position tandis que David Hermet, d'Ensemble ! aussi, complète, en 26e position, le ralliement politique de cette organisation. Dans l'ordre symbolique de ce qu'est cette liste de second tour, on repèrera que Kléber Mesquida, député socialiste local mais aussi président du Conseil départemental de l'Hérault, verrouille, en dernière position, l'attelage de ces "bras cassés " de la gauche institutionnelle. La débandade politique de la "gauche radicale" n'a plus de frein...

Les scores électoraux du FN



Commentaire : en voix le FN n'est pas loin de faire aussi bien qu'à la présidentielle de 2012. Cela n'enlève rien à la gravité qu'il en soit là aujourd'hui sur le mode récidive. Qui plus est, ce n'est pas rien que le score test, à portée directement nationale, d'une présidentielle, se voie conforté par l'enracinement local que signifie une régionale. On peut certes relativiser le danger en rapportant les voix obtenues au pourcentage des inscrits qui ramène le FN à "seulement" 18 %. Il n'empêche, avec ces voix et ces pourcentages, plus quelques restructurations fusions avec des secteurs de la droite (hypothèse des plus plausibles), le FN peut accéder au gouvernement du pays et, plus directement, en solo, à la présidence de régions. Ce qui ne justifie aucunement que l'on ose faire d'une alliance avec le PS le rempart à ces poussées frontistes. Il reste donc urgent de créer les conditions pour que l'extrême droite soit renvoyée au plus vite dans les poubelles de l'histoire. Parmi ces conditions, incontournable justement, la défaite de la politique qui "fait" le FN, celle du PS !

Régionales : José Bové « assassine » Gérard Onesta, divorce annoncé avec EELV

Bon, malgré le noyau de vérité de l'indignation de Bové contre Onesta, qui ne l'a pas volé, on retiendra qu'il votera Delga et on n'oubliera pas son retournement de veste, après la victoire du non à la Constitution euro-libérale en 2005 à laquelle il participa, et son alignement sur l'écolo-libéral-PS compatible-droite compatible (rappelez-vous sa campagne pour le oui avec l'UMP Barnier !), Cohn-Bendit. 
 
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La victoire du FN, c'est d'abord l'effondrement des partis de la régression sociale, Les Républicains et le PS. Elle représente une menace mais si nous savons entendre l’avertissement pour nous rassembler, unir nos forces afin de reprendre l'offensive, alors l’espoir pourrait changer de camp. Cliquer ici




L'image repoussoir : dès le soir du premier tour... 


La déconfiture électoraliste d'Ensemble !

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